Tunnel L.-H.-La Fontaine: quatre ans de travaux dès novembre 2019

Plus de 130 000 véhicules, dont plus de 15 000 camions, utilisent... (Photo IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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Plus de 130 000 véhicules, dont plus de 15 000 camions, utilisent chaque jour le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine pour entrer dans l'île de Montréal ou en sortir.

Photo IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Bruno Bisson
La Presse

Le chantier de réfection majeure du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine sera mis en route dès la fin des travaux du corridor du pont Champlain, en novembre 2019, et s'étendra sur au moins quatre ans, selon un appel d'offres en cours lancé par le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports (MTMDET).

Le document d'appel d'offres précise qu'au moins deux voies de circulation sur trois devront être ouvertes au trafic automobile, durant la journée, et que les travaux nécessitant des entraves majeures ne devront pas durer plus de deux ans. Plus de 130 000 véhicules, dont plus de 15 000 camions, utilisent chaque jour cette infrastructure «vitale» pour entrer dans l'île de Montréal ou en sortir.

L'appel d'offres public ne fait pas mention des coûts du projet, mais l'ex-ministre des Transports Laurent Lessard a parlé d'une estimation préliminaire de 1 milliard lors d'une commission parlementaire, au printemps dernier.

Troisième voie sur l'A20

«Les travaux de réfection auront des répercussions importantes sur les conditions de circulation dans l'axe des autoroutes 20 et 25, précise le document. Un groupe de travail composé de représentants du Ministère et des principaux partenaires en transport collectif a élaboré une stratégie pour gérer et, éventuellement, atténuer les impacts des travaux sur les réseaux de transport.»

Ainsi, «une troisième voie sera ajoutée à l'autoroute 20 Ouest entre le chemin du Fer-à-Cheval, à Sainte-Julie, et la sortie du boulevard Industriel, à Boucherville, sur une longueur totale d'environ 11 kilomètres». Cette troisième voie, réservée aux autobus, sera aménagée sur une structure temporaire, qui «pourrait être conservée de manière permanente après les travaux», qui doivent se terminer en octobre 2023.

Seules les fondations seront permanentes, et recouvertes d'une couche d'asphalte. Le document précise qu'une chaussée de béton «n'est pas prévue dans le projet» pour cette structure temporaire. Elle pourrait être incluse dans «un projet futur de reconstruction de la chaussée de l'A20», après 2023.

Transports collectifs

Par contre, la chaussée de béton de l'autoroute 25 sera complètement reconstruite aux approches du tunnel sur une distance de trois kilomètres «excluant les voies du tunnel», à partir du joint nord du pont de l'île Charron jusqu'à environ 90 mètres au nord du pont d'étagement de la rue Sherbrooke, à Montréal.

Ces travaux, ainsi que la réfection de la chape de béton du tunnel lui-même, auront des conséquences importantes sur la fluidité de la circulation de part et d'autre du fleuve Saint-Laurent. 

C'est pourquoi le document d'appel d'offres public propose «quatre mesures d'intervention possibles permettant de mettre en place un corridor de transport collectif rapide et efficace entre Beloeil et l'est de l'île de Montréal», dont l'implantation de la voie réservée en bordure de l'A20, sur la Rive-Sud.

Des «navettes de transport collectif interrives » pourraient ainsi être établies dans ce corridor, où seraient implantées plusieurs milliers de nouvelles places de stationnement incitatif. Celles-ci seraient situées aux intersections des boulevards De Montarville et de Mortagne avec l'autoroute 20, sur la Rive-Sud, de même qu'aux Galeries d'Anjou, en bordure de l'A25, à Montréal (voir illustration ci-contre).

Le terminus Radisson actuel et son parc de stationnement de la rue Sherbrooke Est seraient pour leur part réaménagés et agrandis.

Appel de qualification

Les travaux de construction ne commenceront pas avant deux ans, mais «l'échéancier prévisionnel» du MTMDET prévoit que plusieurs des étapes préliminaires de ce projet sont imminentes. Le Ministère projette ainsi de lancer l'appel de qualification pour le choix du constructeur dès le mois d'avril 2018, soit dans six mois à peine.

L'appel d'offres public en cours vise quant à lui à trouver un conseiller expert et un ingénieur indépendant pour le Ministère. Le rôle du conseiller expert «vise à assurer la revue diligente des coûts, de l'échéancier, des risques et de leur partage optimal, ainsi qu'une optimisation des exigences techniques du projet». Son mandat auprès du Ministère doit commencer dès le mois de décembre prochain et s'exercera principalement avant la signature du contrat avec l'entreprise ou le consortium privé responsable des travaux.

Quant à l'«ingénieur indépendant», son rôle sera «d'assurer le respect des exigences techniques, d'élaborer un plan d'assurance-qualité et d'attester de la conformité des travaux» durant le chantier de réfection majeure du tunnel.

La durée de ce mandat est d'un maximum de sept ans, et le montant des honoraires prévus n'est pas précisé.

Pas d'entraves pour 40 ans

Inauguré à quelques jours seulement du début d'Expo 67, le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine a aujourd'hui 50 ans. La liste des travaux de réfection prévoit le remplacement de la chape de béton du tunnel (incluant ses six voies de circulation), le remplacement de l'éclairage, des systèmes électriques, la réparation de la voûte intérieure, des murs, du radier et de certains joints d'étanchéité.

La sécurité de l'infrastructure sera aussi améliorée par le remplacement des 16 ventilateurs «pour optimiser la capacité de désenfumage (en cas d'incendie), l'ajout de systèmes passifs et/ou actifs pour lutter contre le feu, la modernisation de systèmes de détection d'événements et la modernisation des systèmes de transport intelligent et de contrôle».

La reconstruction des dalles de béton de l'autoroute 25, aux approches du tunnel, est aussi prévue au contrat de construction principal, estimé à 1 milliard.

Selon le document du MTMDET, le projet intégrera ainsi «tous les travaux nécessaires à la réhabilitation de l'infrastructure, incluant les travaux aux approches, afin de ne plus avoir d'entraves majeures pour une période de 40 ans».




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