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Le maire de Laval accuse l'ARTM de favoriser Montréal au détriment de la banlieue

Depuis le 1er juin dernier, l'Autorité régionale de transport... (Photo David Boily, Archives La presse)

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Depuis le 1er juin dernier, l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) est l'entité régionale responsable du financement et de la planification de tous les services de métro, d'autobus et de trains de banlieue de la grande région de Montréal.

Photo David Boily, Archives La presse

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Bruno Bisson
La Presse

Le maire de Laval, Marc Demers, accuse l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) de favoriser Montréal « de façon flagrante » aux dépens des villes de banlieue dans sa première politique de financement des transports collectifs métropolitains.

Dans une lettre adressée au ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports, Laurent Lessard, le 3 octobre, le maire de Laval demande à celui-ci d'imposer une modification de cette politique pour la rendre « géographiquement et démographiquement équitable ».

Depuis le 1er juin dernier, l'ARTM est l'entité régionale responsable du financement et de la planification de tous les services de métro, d'autobus et de trains de banlieue de la grande région de Montréal. Pour sa première année de fonctionnement, son budget global s'élève à 2,4 milliards de dollars, dont 30 % provient des 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

La politique de financement, qui fixe les quotes-parts de chacune des municipalités de la CMM, a été adoptée par son conseil d'administration en septembre malgré l'opposition des représentants de Laval et de l'agglomération de Longueuil. Au début du mois, le conseil de la CMM l'a aussi adoptée sur division, alors que les représentants des MRC Thérèse-De Blainville et Deux-Montagnes, dans la banlieue nord, se sont joints aux deux grandes villes de banlieue.

Une «injustice»

Pour le maire Demers, l'opposition exprimée à cette politique lors de la séance du conseil de la CMM représente plus de 60 % des résidants de la banlieue, qui sont ainsi victimes d'une « injustice » et d'une répartition inéquitable des 400 millions d'argent frais investis par Québec dans les transports en commun métropolitains.

« Qui plus est, affirme le maire Demers, le processus ayant mené à l'adoption de cette politique s'est fait sans aucune transparence. Malgré nos demandes répétées, jamais nous n'avons pu prendre connaissance de l'ensemble des données financières qui auraient pu nous permettre d'avoir un portrait d'ensemble de la situation dans la région métropolitaine. Cette situation est inacceptable ! »

Une marge de manoeuvre «assez mince» pour le ministre

Au cabinet du ministre Lessard, on indiquait hier qu'on n'a pas encore répondu à la lettre du maire Demers, mais qu'à première vue, la marge de manoeuvre du ministre pour « faire modifier » la politique de financement de l'ARTM serait « assez mince ».

« La loi qui crée l'ARTM donne au ministre un pouvoir d'intervention, sous certaines conditions, affirme l'attaché de presse de M. Lessard, Matthieu Gaudreault. Le ministre peut intervenir, par exemple, si l'ARTM n'est pas capable d'adopter cette politique ou à défaut d'une approbation par le conseil de la CMM. Or, ce que nous comprenons, c'est que cette politique a été adoptée par l'ARTM et qu'elle a été entérinée par la CMM, même si elle ne fait pas l'unanimité. »

Dans un tel cas, dit M. Gaudreault, « il doit peut-être y avoir des ajustements, et il est possible que des discussions soient nécessaires au sein de l'ARTM ou de la CMM, mais nous ne croyons pas que ce soit le rôle du ministre d'intervenir. »




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