Identité de ses visiteurs gardée secrète: pas de quoi en faire un plat, dit Coderre

Le maire de Montréal, Denis Coderre.... (Photo Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Le maire de Montréal, Denis Coderre.

Photo Marco Campanozzi, archives La Presse

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Demander à ce que les agents de sécurité de l'hôtel de ville ne prennent plus en note le nom des gens qui le visitent ne pose pas de problème de transparence, affirme Denis Coderre, qui dit plutôt avoir agi ainsi pour des raisons de sécurité en pleine période de conflit avec les employés municipaux.

Ce matin, le quotidien Métro rapportait avoir obtenu une note envoyée aux agents de sécurité de l'hôtel de ville en mars 2014, quatre mois après l'élection de Denis Coderre. Il y serait stipulé que les agents, quand se présente un invité du maire ou son chef de cabinet, doivent contacter les membres du cabinet et laisser passer l'invité sans noter son identité, contrairement aux pratiques en vigueur jusque-là. 

Le quotidien affirme que des entrepreneurs, gens d'affaires et lobbyistes ont ainsi visité le maire sans laisser de trace de leur passage et que la directive est toujours appliquée. 

La nouvelle a visiblement irrité le maire, qui confirme l'existence de la directive, mais qui a réitéré à plus d'une reprise lors d'un point de presse que cet article était non pertinent. 

«De penser qu'on joue des "games" et aller dans ce sens-là, c'est inacceptable. On a toujours travaillé dans la transparence. J'n'ai pas de cachette, je suis toujours sur le terrain, et de laisser croire autre chose, c'est un agenda qui est autre que du journalisme», a-t-il lancé sur un ton exaspéré.

«Il y a des réalités de sécurité, il y a des réalités de conflit syndical», a expliqué le maire pour encore justifier la discrétion promise à ses visiteurs. 

«Le bureau du maire est à côté du hall, tout le monde voit qui passe. (...) Il y a des caméras partout alors il ne faut pas partir en peur. C'est tout à fait transparent et c'est tout à fait normal qu'on puisse avoir des rencontres privées. Il faudrait arrêter de faire des amalgames. En plus, au niveau du registre lobbyiste, de la réglementation, de la gestion des contrats, on a un inspecteur général qui examine tout ça», a-t-il poursuivi. 

Il fait remarquer qu'il n'existe pas non plus de registre des visiteurs pour les partis d'opposition, et qu'il ne considère pas que cela veut dire que ceux-ci jouent «une game». 

«Vous n'avez pas à vous inquiéter. Je ne suis pas venu à la mairie de Montréal pour jouer des "games". (...) On parle de mars 2014 là. On le fait dans d'autres villes dans le monde. Et s'il y a des mesures de sécurité, "that's it". Entre temps, il y a eu le saccage (de l'hôtel de ville) du mois d'août, on a renforcé la sécurité et on a mis des caméras partout. (...) Alors pour moi c'est un "non issue"», a conclu Denis Coderre.

Valérie Plante voit dans cette directive un «manque d'éthique» de la part de Denis Coderre. «Pourquoi le maire a fait ce mémo? Qu'est-ce qu'il a à cacher? Ce n'est pas un oubli, c'est une directive claire aux agents de sécurité: "n'écrivez pas qui sont mes visiteurs". C'est un manque d'éthique», dénonce sa rivale à la mairie.

Elle comprend mal pourquoi le maire de la Ville de Montréal peut éviter d'avoir à rendre public son agenda. «Si au fédéral et au provincial on peut connaître les invités, l'agenda du premier ministre, pourquoi pas au municipal?»

«Si on veut rétablir la confiance, la moindre des choses est de faire preuve de transparence sur nos visiteurs. En plus, c'est une bonne façon de se protéger de tout conflit d'intérêt face aux lobbyistes.»

- Avec la collaboration de Pierre-André Normandin




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