Cols bleus: un dissident demande à la police d'enquêter sur une «fraude»

Patrick Roy, porte-parole de l'Unité syndicale des cols bleus... (PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Patrick Roy, porte-parole de l'Unité syndicale des cols bleus de Montréal, un groupe dissident du Syndicat des cols bleus de Montréal.

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L'utilisation controversée des cotisations des travailleurs du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal s'apparente à un système de fraude à grande échelle, selon le col bleu Patrick Roy, qui réclame que le tuteur transfère le dossier à la police.

M. Roy, qui est depuis avril dernier le porte-parole d'un groupe de dissidents, l'Unité syndicale des cols bleus de Montréal, estime qu'à la lumière des failles détectées dans la gestion du Syndicat, et présentées mercredi dernier lors d'une assemblée d'information à laquelle étaient conviés les membres, la police doit ouvrir une enquête. «De ce que j'ai vu, des règles ont été mises en place pour permettre de piger dans le plat de bonbons sans qu'il y ait de contrôle de la part des membres. Dans mon livre à moi, ça ressemble à de la fraude et ça dure depuis 30 ans», a soutenu M. Roy.

Comme quelque 400 autres cols bleus, Patrick Roy a assisté à l'assemblée au sous-sol de l'église Saint-Arsène, dans Rosemont. La réunion s'est étirée sur cinq heures.

Deux comptables agréés du cabinet Massie Turcotte et Associés ont fait une présentation sur l'étendue du problème qui tourne essentiellement autour des leaders syndicaux qui se sont succédé, de leur garde rapprochée et de tous les militants occupant des fonctions dans la structure syndicale. Aucun chiffre n'a été avancé, aucune personne n'a été identifiée.

Militantisme payant

De la présidence aux directeurs syndicaux en passant par les membres des nombreux comités, tout le monde recevait un avantage financier à représenter des travailleurs ou même à faire des paniers de Noël; le militantisme chez les cols bleus était rétribué.

Ainsi, des retraités ont continué à empocher un salaire pour des fonctions syndicales qu'ils n'occupaient plus depuis des mois, sinon des années. Cela s'ajoute aux allocations de voiture qui s'additionnaient au kilométrage parcouru et à l'essence utilisée.

«Tout le monde s'est graissé la patte», a retenu M. Roy de la présentation comptable. Il s'inquiète par ailleurs de voir que le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui a imposé la tutelle, était enclin à régler la situation à l'interne «comme l'Église protège les pédophiles». «La tutelle veut changer la culture, mais protège ceux qui ont mené cette culture. Ce n'est pas pour rien. Au SCFP, on savait ce qui se passait et les dirigeants ont fermé les yeux», a-t-il dit.

Du côté du tuteur, Denis Régimbald, qui se borne jusqu'à maintenant à émettre des commentaires relayés par courriel par le service des communications, il n'est pas question d'un changement rapide dans les rangs du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal; la tutelle a débuté à la fin de mai et se poursuit.

La vérification des finances représente encore «du pain sur la planche» et la politique des dépenses ainsi que les statuts et règlements sont à revoir «afin de démocratiser les façons de faire» et de «s'assurer que de bonnes pratiques en matière de dépenses soient consolidées», a indiqué M. Régimbald.

Mais il n'est pas question de se tourner vers la police. «Pour l'instant, personne ne parle de fraude», a indiqué l'agente de communications Lisa Djevahirdjian.

Le cabinet Massie Turcotte et Associés poursuit son travail de vérifications. L'information transmise mercredi dernier constituait une étape préliminaire. Un rapport final est attendu, mais aucune échéance n'a été fixée.




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