Coderre à la recherche d'une majorité absolue

« Pour moi, tout est prenable », a glissé Denis Coderre... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

« Pour moi, tout est prenable », a glissé Denis Coderre au moment de présenter son équipe dans Le Sud-Ouest, un bastion de Projet Montréal, la semaine dernière.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Quarante-trois. Voilà le nombre à viser le 5 novembre pour Denis Coderre, qui tentera d'accentuer sa majorité au conseil municipal afin d'avoir les coudées franches dans la réorganisation de la Ville de Montréal entreprise il y a quatre ans.

Pour la politicologue Danielle Pilette, de l'UQAM, la question n'est pas tant de déterminer si Denis Coderre sera réélu, mais plutôt combien de candidats de son parti seront élus avec lui à l'hôtel de ville. En détenant plus des deux tiers des 65 sièges en jeu au conseil municipal, Équipe Coderre pourrait imposer plus facilement aux 19 arrondissements la centralisation des services.

« Je suis convaincue qu'il en rêve, pour pouvoir réformer les pouvoirs des arrondissements. Il ambitionne de mettre fin aux petits royaumes », dit Danielle Pilette.

Élu minoritaire en 2013, Denis Coderre a rapidement réussi à se forger une majorité au conseil municipal en recrutant des opposants et indépendants. S'il a pu gouverner sans trop de difficulté, il s'est néanmoins heurté à des obstacles quand est venu le temps de revoir le fonctionnement de la Ville. La Charte de la Ville de Montréal permet à la ville-centre de s'approprier les pouvoirs des arrondissements, mais de tels changements sont limités à une durée maximale de deux ans. Pour qu'ils deviennent permanents, les deux tiers des élus au conseil municipal, soit 43 sur 65, doivent voter en faveur de ceux-ci.

La réforme du financement des arrondissements

C'est ce qui s'est produit avec la réforme du financement des arrondissements, qui a réduit au passage les compétences des administrations locales. L'administration Coderre a reçu l'aval de la majorité des élus, mais en n'obtenant pas les deux tiers des voix, le maire a dû revenir à la charge en décembre 2016. Avec le même résultat, si bien que la réforme devra faire l'objet d'un troisième vote d'ici décembre 2018.

Outre les compétences entre la ville-centre et les arrondissements, les nominations - et destitutions - de plusieurs organisations sont décidées aux deux tiers des votes, notamment pour l'inspecteur général. 

« Avec une majorité aux deux tiers, il pourra faire ce qu'il veut », estime Danielle Pilette, politicologue, au sujet de Denis Coderre.

Signe de ses ambitions, Denis Coderre n'a pas caché ces dernières semaines ses objectifs pour les élections. « Pour moi, tout est prenable », a-t-il glissé au moment de présenter son équipe dans Le Sud-Ouest, un bastion de Projet Montréal.

Remporter les deux tiers des sièges du conseil municipal sera difficile, prévient toutefois Danielle Pilette. « C'est difficile à réaliser. Il y a une tradition d'opposition à Montréal, particulièrement dans les quartiers centraux. Tout va se jouer dans certains arrondissements et j'imagine qu'Équipe Coderre s'investit beaucoup dans ces secteurs. » Elle pense notamment à Ahuntsic-Cartierville, dont les élus ont souvent changé de camp, ou encore Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, chaudement disputé en 2013.

L'avantage du maire sortant

La réélection de Denis Coderre fait peu de doute pour les spécialistes consultés par La Presse. « Si on fait juste regarder les statistiques, il a de très fortes chances d'être réélu », note Laurence Bherer, professeure de science politique à l'Université de Montréal. Lors des deux dernières élections, le taux de réélection des maires sortants des grandes villes était de 80 %. « Les autres 20 %, ils sont souvent battus parce qu'il y a une crise, un scandale ou s'il y a usure du pouvoir », poursuit la politicologue.

« Il faut toujours s'inquiéter en politique, mais c'est vrai que Denis Coderre part avec un avantage significatif parce qu'il est maire sortant. Cet effet joue à tous les paliers, mais particulièrement au municipal », ajoute Caroline Patsias, professeure au département de science politique de l'UQAM.

La politicologue estime que le vent de « dégagisme » qui souffle aux États-Unis, en France ou au Royaume-Uni ne s'est pas encore fait sentir au Québec. Encore moins au niveau municipal, dit Mme Patsias. « On ne sent pas encore cette soif de nouvelles têtes. »




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer