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Un projet pour améliorer la qualité de l'eau potable s'enlise

En attendant la mise en fonction d'un nouveau... (PHOTO MARTIN LEBLANC, ARCHIVES LA PRESSE)

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En attendant la mise en fonction d'un nouveau système de désinfection à l'ozone, Montréal assure que la qualité de son eau potable est «excellente».

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Les ratés s'accumulent dans un projet pour améliorer la qualité de l'eau potable de Montréal. Non seulement le système n'est toujours pas fonctionnel après cinq ans et 18 millions en travaux, mais voilà que la métropole est poursuivie pour près de 6 millions par le consortium responsable du chantier.

La Ville de Montréal a entrepris en 2008 un vaste projet pour moderniser ses deux principales usines d'eau potable, Atwater et Charles-J.-Des Baillets, qui approvisionnent la majorité des Montréalais. Pour répondre aux nouvelles normes québécoises de traitement, la métropole a entrepris d'ajouter un système de désinfection à l'ozone.

Pour ce faire, un contrat de 22,5 millions a été confié en 2011 à un consortium formé par les entreprises Degrémont et Allen (CDA). Les travaux à l'usine Atwater devaient être terminés en juin 2012 et ceux à Des Baillets, en mai 2013.

Voilà, cinq ans plus tard, le système n'est toujours pas fonctionnel à l'usine Atwater, tandis que celui de Des Baillets vient tout juste d'entrer en fonction.

D'importants problèmes de conception ont retardé la réalisation des travaux, détaille un document de la Ville de Montréal obtenu par La Presse. La métropole refuse notamment de démarrer le système installé à l'usine Atwater parce qu'il risque d'entraîner un «sérieux problème de structure», peut-on lire.

En effet, les bassins d'eau, qui étaient ouverts auparavant, sont désormais couverts, le traitement à l'ozone devant avoir lieu dans un endroit fermé hermétiquement. Or, ceux-ci n'ont pas été conçus pour fonctionner ainsi. La métropole estime que «lors des démarrages, il peut se produire des surpressions importantes pouvant endommager la structure».

Il existe également un risque important «en cas d'arrêt brusque des pompes, par exemple lors d'une panne d'électricité. Un problème de vide peut survenir».

Pas de solution

À ce jour, aucune solution n'a encore été trouvée pour corriger ce problème majeur. Montréal a bien demandé à l'entrepreneur responsable des travaux de régler la situation, mais CDA a répondu que la conception des plans n'était pas de sa responsabilité. La métropole devra donc se tourner vers les firmes de génie ayant conçu le projet.

Montréal envisage ainsi un recours en garantie contre les ingénieurs à l'origine de la préparation des devis, soit SNC-Lavalin et Dessau-Soprin. Les deux entreprises avaient fait équipe en 2004 pour décrocher un contrat de 23,5 millions. Leur mandat avait été majoré en 2008 pour atteindre 34 millions.

La situation est moins grave à l'usine Des Baillets, où de récents travaux correctifs ont permis d'entreprendre les tests sur le système d'ozonation. Dans un courriel envoyé à La Presse, la Ville de Montréal assure que le système est maintenant fonctionnel, mais a refusé d'en dire plus, le dossier faisant l'objet d'un litige.

Le torchon brûle en effet entre la métropole et CDA. Le consortium vient d'intenter une poursuite de 5,7 millions contre la Ville de Montréal. Les entreprises réclament notamment 3 millions pour la prolongation des travaux, qui devaient être finis en mai 2013, et 2,1 millions pour le solde impayé au contrat.

La Ville de Montréal dit en effet avoir versé jusqu'à présent 18,1 millions sur les 22,5 millions prévus au contrat.

Devant la complexité de ce dossier, Montréal vient de retenir les services d'une avocate externe. La Ville évalue que ses frais s'élèveront à 83 000 $.

Malgré ces ratés, Montréal assure que la qualité de son eau potable est «excellente». En attendant l'ozonation, d'autres procédés ont été mis en place à l'usine Atwater, dont l'ajout de coagulant pour améliorer la filtration et la désinfection par rayonnement UV afin de combattre les parasites.




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