De vieux «extras» reviennent hanter Montréal

En août 2009, la Ville de Montréal a... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, archives LA PRESSE)

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En août 2009, la Ville de Montréal a accordé à Infrabec, alors propriété de Lino Zambito, un contrat de 5 millions pour construire une station de pompage au dépôt à neige Saint-Michel.

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De vieux « extras » impayés sur le tout dernier chantier montréalais de l'ex-entrepreneur Lino Zambito reviennent hanter la Ville de Montréal. Poursuivie pour 1 million pour des travaux entrepris en 2009, la métropole a récemment décidé de répliquer en réclamant à son tour 135 000 $ en remboursements.

UN CHANTIER QUI S'ÉTERNISE

En août 2009, la Ville de Montréal accorde à Infrabec, alors propriété de Lino Zambito, un contrat de 5 millions pour construire une station de pompage au dépôt à neige Saint-Michel. Les travaux devaient être terminés en mars 2010, mais ils ne l'étaient toujours pas en décembre 2010, quand l'entrepreneur a quitté le chantier. La compagnie d'assurance Travelers Canada, qui agissait en caution d'Infrabec, a avisé Montréal en mars 2011 que l'entreprise ne pourrait poursuivre le contrat, puisque celle-ci avait fait faillite. C'est finalement l'assureur qui a fait finir le chantier. Les travaux ont été terminés en juillet 2012, soit avec plus de deux ans de retard.

POURSUITE TARDIVE

En janvier 2014, Travelers a intenté une poursuite de 1 million contre la Ville de Montréal pour obtenir des dédommagements dans le cadre de ce chantier. L'assureur estime qu'Infrabec n'a pas réussi à terminer les travaux en mars 2010 comme prévu parce que la métropole avait imposé en cours de route de nombreux changements imprévus au contrat. Joint par La Presse, Lino Zambito confirme que son ancienne entreprise, avant de faire faillite, comptait réclamer un peu plus de 1 million en « extras ». « Il y a eu plusieurs changements, manquements aux plans. D'après nous, c'était payable », se rappelle l'homme qui a ébranlé la Ville de Montréal avec ses révélations sur la collusion à la commission Charbonneau. Celui-ci tient par ailleurs à souligner qu'il a décroché ce contrat sans trucage d'appel d'offres. « Ce n'était pas un contrat organisé. C'était en libre compétition. »

CONTRE-EXPERTISE

Refusant de payer le million réclamé par l'assureur, la Ville de Montréal s'est d'abord défendue en rétorquant que le recours avait été présenté hors délais. En mai 2016, Travelers a toutefois présenté un rapport d'expert pour détailler sa réclamation, poussant du même coup la métropole à mener une contre-expertise. Un ingénieur a ainsi été embauché pour évaluer les dépenses faites dans le cadre de ce chantier. Son rapport déposé en octobre « conclut non seulement à l'absence de fondement de la réclamation, mais il ressort de son analyse que c'est plutôt l'entrepreneur qui devrait plusieurs montants à la Ville », indiquent les avocats de Montréal.

COÛTS RÉCLAMÉS

L'ingénieur expert embauché par la métropole estime qu'Infrabec a utilisé une mauvaise technique de travail, ce qui a indûment prolongé le chantier. Forte de ce constat, la Ville de Montréal a donc décidé la semaine dernière d'amender sa défense face à Travelers pour lui réclamer les coûts supplémentaires pour surveiller les travaux. La Ville veut aussi se faire rembourser deux tonnes d'acier que l'ingénieur estime avoir été payées en trop. La réclamation se chiffre ainsi à 135 721 $. La décision de répliquer à la poursuite de Travelers a été prise par l'administration Coderre lors d'une rencontre à huis clos.




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