Réfugiés syriens: la Ville contribuera à la formation des parrains

Hier, le comité sénatorial des droits de la... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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Hier, le comité sénatorial des droits de la personne a visité l'organisme CARI Saint-Laurent, où il a rencontré des réfugiés syriens. Sur notre photo, Arabatlian Iskender, 71 ans, s'entretient avec le président du comité Jim Munson (deuxième à droite) et la vice-présidente Salma Ataullahjan (troisième à droite) sur le fait qu'il est incapable, 11 mois après son arrivée au Canada, de trouver un emploi.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

La Ville de Montréal versera une aide financière afin de mieux former et soutenir les parrains des réfugiés syriens, ce qui, espère-t-on, aidera à éviter les ruptures de parrainage qui se sont produites à l'occasion au cours des derniers mois.

La formation sera d'abord offerte au bénéfice des parrains et des réfugiés de Montréal, mais aussi de la couronne nord et de la Rive-Sud.

«Il manquait au Québec l'équivalent du Programme de formation sur le parrainage privé des réfugiés qui existe ailleurs au Canada, a indiqué hier Sylvain Thibault, responsable du dossier syrien à la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), qui donnera la formation. Le financement offert par la Ville de Montréal est une très bonne nouvelle.»

M. Thibault témoignait devant le comité sénatorial des droits de la personne, dont quelques membres s'étaient déplacés à Montréal pour entendre des réfugiés et des organismes chargés de les accueillir. Le comité, qui était à Toronto la veille, doit présenter d'ici octobre un rapport sur les mesures prises pour faciliter l'intégration des réfugiés syriens.

Contrairement à ce qui se passe dans le reste du pays, l'immense majorité des réfugiés syriens arrivés au Québec depuis l'automne ont été parrainés par des groupes d'individus ou des organismes sans but lucratif, plutôt que pris en charge par l'État.

Tout se passe bien dans la majorité des cas, mais les choses tournent parfois mal, reconnaît Cathy Nguyen, d'Action Réfugiés Montréal. Il est arrivé que des réfugiés parrainés par d'autres organismes cognent à la porte de son organisation pour obtenir de l'aide.

«Malheureusement, on a assisté à des ruptures de parrainage au cours de la dernière année, a-t-elle dit au comité présidé par le sénateur libéral Jim Munson. Ça fait partie de notre réalité. Que les parrains cessent de soutenir les réfugiés ou ne les soutiennent que partiellement est une source d'inquiétude pour nous et pour les familles qui ont été parrainées.»

Selon Cathy Nguyen, «on estime que de 5 à 10% des parrainages peuvent se conclure par une rupture».

Banques alimentaires

Signe des difficultés financières auxquelles sont confrontés les réfugiés, Moisson Montréal a indiqué il y a quelques semaines que 2000 Syriens par mois ont recours à ses denrées. Une information qui a trouvé un écho hier dans le témoignage des représentants de la Commission scolaire de Laval, qui a accueilli 300 enfants et adolescents et 400 adultes syriens cette année, plus que n'importe quelle autre commission scolaire québécoise.

«Ce qu'on remarque particulièrement, c'est le manque de ressources des familles [parrainées], a témoigné Jean Godin, coordonnateur aux services éducatifs. Les réfugiés privés se font promettre toutes sortes de choses, mais ce qui arrive souvent, concrètement, c'est qu'ils n'ont rien ou presque rien. Sur le plan alimentaire notamment, on aide beaucoup plus les jeunes [parrainés par le privé] que ceux parrainés par le gouvernement, qui ont un minimum de revenus.»

En fait, les réfugiés parrainés ne forment pas un bloc monolithique, a souligné Janet Dench, du Conseil canadien des réfugiés. Elle s'est dite «préoccupée» par le manque de soutien aux parrains, «qui ne connaissent pas toujours leurs responsabilités».

«Il y a des réfugiés syriens parrainés par des groupes qui ont amassé beaucoup d'argent, mais d'autres sont parrainés par un cousin qui, une fois [sa famille] arrivée, lui dit: "débrouillez-vous, je n'ai pas vraiment d'argent"», dit Mme Dench.

Souvent, souligne-t-on, les réfugiés hésitent à se plaindre officiellement, craignant à tort qu'on ne révoque leur statut.

De leur côté, les réfugiés pris en charge par l'État, s'ils sont loin de rouler sur l'or, reçoivent de l'aide sociale et sont confiés aux bons soins d'organismes d'accueil des réfugiés accrédités qui les épaulent dans leurs démarches administratives (rendez-vous médicaux, cours de francisation, obtention du permis de conduire, etc.).

Le montant exact de l'aide qu'accordera Montréal n'a pas été chiffré, mais selon le coordonnateur de la TCRI, Stéphane Reichhold, il équivaudra au salaire d'un employé. «Le maire Coderre avait annoncé 1 million en novembre pour l'accueil des réfugiés syriens. Il restait 200 000 ou 300 000 $ dans l'enveloppe, et il y a eu un appel de projets. Celui-là en faisait partie.»




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