Trottoir de la rue De Brébeuf: une plainte sera déposée chez l'ombudsman

Laurent Morissette a constaté hier qu'il lui serait... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

Agrandir

Laurent Morissette a constaté hier qu'il lui serait impossible de rouler sur le trottoir de la rue De Brébeuf avec son quadriporteur.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Un groupe de défense des droits des personnes à mobilité réduite compte porter plainte auprès de l'ombudsman de Montréal contre le nouveau trottoir de la rue De Brébeuf. Non seulement son étroitesse le rend périlleux, mais l'administration Coderre crée un dangereux précédent, estime le Regroupement des activistes pour l'inclusion au Québec (RAPLIQ).

«On ne peut pas qualifier ça de trottoir. Ça ressemble plus à une chaîne de trottoir», peste Linda Gauthier, présidente du RAPLIQ. Ce groupe se bat depuis des années pour l'accessibilité universelle à Montréal. À chaque réunion du conseil municipal, au moins un membre se présente pour interpeller les élus sur un problème que connaissent les personnes à mobilité réduite.

Hier, Laurent Morissette est allé constater de visu les travaux de remplacement du trottoir bordant le parc Laurier, rue De Brébeuf. À peine arrivé, il a constaté qu'il lui serait impossible d'y rouler avec son quadriporteur: ses roues sont plus larges que la dalle de béton nouvellement coulée. Le trottoir fait en effet 70 cm de profondeur alors que sa chaise en fait 72 de largeur.

Laurent Morissette a préféré ne pas s'y aventurer, de peur de tomber dans la rue. Déjà qu'il lui arrive parfois de basculer en bas des trottoirs de largeur normale. «Il suffit que je calcule mal mes distances et il peut m'arriver de tomber. Alors si je m'engage là-dessus, c'est sûr à 100% que je tombe. Je ne m'y risquerai même pas», a-t-il confié à La Presse.

Le RAPLIQ compte maintenant s'adresser à l'ombudsman de Montréal, Me Johanne Savard, pour faire corriger la situation. Le groupe a envisagé de s'adresser à la Commission des droits de la personne, mais y a finalement renoncé. Ses dirigeants estiment qu'un recours a trop peu de chances d'être reçu favorablement.

À l'inverse, le bureau de l'Ombudsman a pour mandat d'apporter des correctifs quand des Montréalais se sentent lésés. Il reçoit d'ailleurs chaque année des plaintes en accessibilité universelle. Trois enquêtes approfondies ont eu lieu en 2013, mais aucune l'an dernier.

L'ombudsman était intervenu dans le développement du Quartier des spectacles en faisant réaliser une étude de sept mois pour notamment améliorer la configuration des intersections.

«Ça crée un précédent hyper dangereux. Si Denis Coderre l'a fait une fois, il peut le faire une deuxième, puis une troisième fois», dit Linda Gauthier.

Politique d'accessibilité universelle

Le groupe est d'autant plus déçu que Montréal a adopté en 2011 une Politique municipale d'accessibilité universelle afin de garantir «à toute personne, quelles que soient ses capacités, l'utilisation identique ou similaire, autonome et simultanée des services offerts à l'ensemble de la population». «C'était de la poudre aux yeux», déplore maintenant Linda Gauthier.

Le maire Coderre a reconnu vendredi que les personnes en fauteuil roulant devront emprunter la piste cyclable ou changer de côté de rue. «Mais pour ça, il faut que la piste soit libre. Et il y a beaucoup de gens sur les pistes cyclables», dit Laurent Morissette.

Le jeune homme qui se déplace en quadriporteur se dit particulièrement blessé par la sortie du maire, qui a qualifié de «milice radicale» ceux qui émettaient des critiques sur son trottoir. «C'est moi, la milice radicale?»




À découvrir sur LaPresse.ca

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer