Montréal veut que ses policiers ressortent leur calepin

La Presse révélait récemment que le nombre de contraventions... (Photo MATHIEU WADDELL, La Presse)

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La Presse révélait récemment que le nombre de contraventions avait subitement diminué de moitié en juillet.

Photo MATHIEU WADDELL, La Presse

Après les pompiers, au tour des policiers. La Ville de Montréal porte plainte à la Commission des relations de travail pour forcer ses agents à sortir davantage leur calepin de contraventions.

La Presse révélait récemment que le nombre de contraventions avait subitement diminué de moitié en juillet. Le SPVM avait confirmé avoir observé le même phénomène et disant y voir un lien avec les moyens de pression exercés contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite. Montréal affirmait pour sa part espérer voir une amélioration en août avant de sévir.

Il n'a pas été possible d'obtenir de nouvelles données, mais force est de constater que la situation ne s'est pas améliorée au goût de la Ville. La CRT dit avoir reçu aujourd'hui une plainte officielle de Montréal. La Fraternité des policiers et la métropole ont ainsi été convoquées à une séance de conciliation ce vendredi pour tenter de rapprocher les parties.

Pour justifier sa plainte, Montréal avance que «l'émission de constats d'infraction est un moyen de réprimer les comportements fautifs mettant en péril la santé ou la sécurité des citoyens, lesquels ont droit à ce que leur sécurité soit assurée par les policiers». Soulignons que diverses études ont établi que les grèves de contraventions étaient associées avec une hausse des accidents avec blessés.

La baisse de constats entraîne aussi un manque à gagner pour la Ville. Montréal pourrait avoir perdu 3 millions seulement en juillet.

La Fraternité des policiers de Montréal, qui avait démenti à La Presse avoir demandé à ses membres de mettre la pédale douce sur les contraventions, a préféré ne pas commenter la plainte de la Ville. Le syndicat dit vouloir garder ses arguments pour les commissaires de la CRT.

La Ville de Québec a établi en 2008 un précédent en faisant reconnaître les contraventions comme un service essentiel. La Fraternité des policiers avait même accepté de dédommager la Capitale nationale pour la perte de revenus pendant que les policiers avaient rangé leur calepin.

Rappelons que Montréal a récemment obtenu une décision favorable de la CRT après avoir constaté un ralentissement dans les temps de réponse de ses pompiers. La Commission a ordonné à leur Association de mettre fin à ce qu'elle a considéré comme un moyen de pression dangereux pour la sécurité publique.

Le dossier des pompiers s'était réglé rapidement : après avoir échoué à s'entendre en conciliation, les deux parties avaient immédiatement plaidé leur cause devant les commissaires. La CRT avait rendu sa décision trois jours à peine après le dépôt de la plainte de la Ville.

Casse-tête des voitures

La Ville profite aussi de sa plainte pour demander la fin d'un autre moyen de pression, passé plus inaperçu, mais qui donne bien des maux de tête aux gestionnaires. Les policiers effectueraient des «mouvements non autorisés de véhicules», c'est-à-dire qu'ils garent leurs voitures de patrouille dans les stationnements des mauvais postes de quartier.

«Pour l'employeur, pendant que les membres transfèrent les véhicules, ils ne remplissent pas la mission du Service de police de la Ville de Montréal», peut-on lire dans le communiqué de la Commission ayant reçu la plainte.




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