Un organisme de charité jeté à la rue

Marc Racicot, bénévole pour les Maisons familiales par... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

Agrandir

Marc Racicot, bénévole pour les Maisons familiales par amour. Près de 500 familles dans le besoin viennent faire leur épicerie à cet organisme de charité, dont l'avenir est maintenant très incertain.

Photo Martin Chamberland, La Presse

L'organisme de charité Les Maisons familiales par amour sera bientôt à la rue, au grand désespoir des plus démunis de la région. L'organisme logeait depuis plus de 15 ans dans un ancien monastère qui abrite aussi la Société Alzheimer Rive-Sud. Or la direction de la Société a décidé de ne pas renouveler son bail.

«Tout le monde est sous le choc ici, explique, la gorge nouée, la directrice bénévole de l'organisme, Manon Metras. C'est un coup dur autant pour les gens que nous aidons que pour les bénévoles.»

Chaque semaine, 500 familles viennent faire leur épicerie et chercher des vêtements aux Maisons familiales par amour, situées sur la rue De Lorimier, à Longueuil. La directrice accueille ceux qui se retrouvent sans emploi, d'autres, frappés par la maladie et des nouveaux arrivants.

Sergio Sanchez Campos, originaire de Lima, au Pérou, est un client fidèle. Ce nouvel arrivant avait un bon emploi, mais il est tombé malade. Pour 5$, il peut s'acheter des fruits frais, de la viande et du pain. «J'ai peur d'être abandonné si ça ferme. Je ne peux plus faire vivre ma famille. On est huit en tout.»

L'organisme a su il y a six mois qu'on ne renouvellerait pas son bail. Le président des Maisons familiales, André Lussier, est convaincu que la nouvelle directrice de la Société Alzheimer, en poste depuis plus de trois ans, n'aime pas certains employés qui travaillent avec les bénévoles: «Ce sont des gens qui purgent une peine dans la communauté ou qui font des travaux compensatoires chez nous. Ces gens-là parlent fort et fument. La directrice de la Société Alzheimer n'aime pas ça, s'exclame-t-il. Ça fait 15 ans qu'on est là et tout se passait bien avant.»

Manque d'espace

La directrice de la Société, Geneviève Grégoire, avoue que la cohabitation est parfois difficile, mais c'est par manque d'espace qu'elle veut récupérer ses locaux. «Les besoins sont de plus en plus grands, explique-t-elle. On a besoin du sous-sol pour un projet d'art thérapie ou de salle multisensorielle. Nos patients occupent déjà les autres étages.» Le sous-sol, où se trouvent présentement les Maisons familiales, nécessitera cependant des rénovations majeures. Mme Grégoire aura besoin de financement et ne sait pas quand son projet sera concrétisé.

Les Maisons familiales par amour déboursent 1000$ par mois pour le loyer, électricité incluse. L'organisme profite d'une exemption des taxes foncière et d'affaires, puisqu'il loge chez un autre organisme de charité.

Comme les sous-sols d'églises se font de plus en plus rares, l'organisme devra opter pour un logement ordinaire, ce qui signifie en moyenne 2000$ par mois. À ce rythme, Les Maisons familiales par amour estiment qu'elles pourraient devoir mettre la clé sous la porte dans un an.




Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer