Coderre défendra l'entente conclue avec les cols bleus

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Denis Coderre

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Marie-Michèle Sioui
La Presse

Le maire de Montréal, Denis Coderre, défendra l'entente qu'a conclue la Ville avec ses cols bleus devant la commission parlementaire sur le projet de loi sur les régimes de retraite. Mais il risque de se buter à l'intransigeance du premier ministre Philippe Couillard, avertit le président du Syndicat des cols bleus regroupés, Michel Parent.

«On entrevoit encore la possibilité de grève, parce que les demandes de M. Coderre, ça ne veut pas dire qu'elles vont être acceptées. Et si elles ne le sont pas, notre entente deviendra caduque», a lancé M. Parent, hier.

C'est donc dire que la sortie du maire Coderre, qui s'est exprimé au sujet du projet de loi sur les régimes de retraite pour une rare fois, hier, n'a pas changé le plan de match des cols bleus.

Michel Parent l'a admis: l'idée d'une grève a germé dans son esprit la fin de semaine dernière, quand le premier ministre Philippe Couillard a déclaré qu'il n'était pas question pour lui de renoncer au partage à parts égales des déficits passés entre les travailleurs et les municipalités.

«Je croyais, dans ma grande naïveté, que la commission parlementaire allait servir à approfondir et éclaircir la loi», a poursuivi M. Parent, ironique. «Mais Couillard qui dit qu'il ne recule pas, ça envoie le message que la commission parlementaire est une formalité, que les dés sont pipés.»

En marge des matchs de la Coupe du monde U-20 de soccer féminin, Denis Coderre a assuré que l'entente que la Ville a avec les cols bleus «doit demeurer». Cet accord, conclu en novembre 2012, prévoit que le partage des coûts de retraite se fait dans une proportion de 55% pour la ville, contre 45% pour les cols bleus. «Je vais travailler en conséquence. Quand il y a une entente de signée, qu'ils ont fait l'effort auparavant, ça va être conservé», a assuré le maire.

En insistant sur «la capacité de payer des citoyens», M. Coderre s'est avancé sur les négociations qui auront lieu lorsque l'entente arrivera à échéance. «On peut commencer à négocier pour après 2017, pour que ce soit 50-50 pour tout le monde, y compris les cols bleus», a-t-il dit.

C'était un pas de trop vers l'avenir, selon Michel Parent. «C'est trop vite pour arriver à cette analyse», dit-il. «D'ici 2018, l'ensemble des déficits de retraite pourrait être annulé en raison des taux d'intérêt.»

«Pas de mur-à-mur»

Le maire est par ailleurs revenu sur les déclarations de ses homologues, qui ont dénoncé au début du mois un projet de loi qui préconise l'approche du «mur-à-mur», plutôt que de tenir compte des réalités de chacune des villes.

«Il y a deux maires qui disaient qu'il y a des situations, et on veut vérifier auprès du gouvernement pour les ajuster», a commencé le maire Coderre, en restant vague. «Mais on s'entend sur les principes de base. Pour moi, c'est correct. Ce [projet de loi] n'est pas juste pour Québec et Montréal, c'est pour l'ensemble des villes. C'est pour respecter la capacité de payer [des citoyens]», a-t-il ajouté, non sans minimiser les différends dont les médias ont fait état depuis quelques semaines.

«Mieux vaut être impopulaire qu'irresponsable»

«Les membres de l'UMQ [Union des municipalités du Québec] sont solidaires pour ces principes-là», a-t-il poursuivi, sans préciser les principes qu'il évoquait. «Je pense qu'il y a le jeu à gauche et à droite, il y en a qui font leurs moyens de pression... Moi, j'ai déjà dit: mieux vaut être impopulaire qu'irresponsable. Je prends mes responsabilités, je protège les intérêts de Montréal, je protège aussi le choix de société qu'on a fait d'avoir des régimes de retraite.»

Denis Coderre a ainsi assuré être «prêt à négocier» avec les syndicats. Une déclaration qui n'a pas tout à fait réconforté Michel Parent. Après tout, «ce sont les maires Coderre et Labeaume qui ont fait pression, avec d'autres, pour qu'on obtienne le projet de loi actuel», a-t-il rappelé.

- Avec la collaboration de Jasmin Lavoie

Intimidation: un dossier «loin d'être terminé»

L'entrepreneur en nettoyage montréalais qui a fait état, la semaine dernière, de cas d'intimidation et de vandalisme visant ses employés pourrait bien être mis en demeure par les cols bleus, qui le soupçonnent d'avoir fabriqué ses déclarations de toute pièce.

«Je doute de l'information donnée par l'entrepreneur», a déclaré hier le président du Syndicat des cols bleus regroupés, Michel Parent.

Il réagissait ainsi aux allégations de Sébastien Pitre dont l'entreprise, Solutions Graffiti, a été mandatée pour enlever les autocollants posés sur les véhicules municipaux. L'entrepreneur a rapporté qu'un de ses camions a été vandalisé et que certains de ses employés ont reçu des menaces les faisant craindre pour leur sécurité.

Il s'est dit convaincu que les cols bleus montréalais étaient à l'origine de ces attaques.

«Moi, mes membres m'assurent qu'ils n'ont rien fait», a martelé hier Michel Parent, qui ne voit pas comment il pourrait «pousser son enquête» plus loin.

«Les collants sont enlevés de soir ou de nuit, et les cols bleus travaillent de jour. Ils ne savent même pas qui est l'entrepreneur!», a-t-il plaidé.

«Ce dossier-là est loin d'être terminé, a-t-il ajouté. Il [l'entrepreneur Sébastien Pitre] a porté des accusations. Ça, c'est de la diffamation. On analyse la possibilité de poursuite et mise en demeure.»

Quand Sébastien Pitre et ses employés se sont confiés à La Presse, la semaine dernière, les cols bleus de Montréal avaient indiqué avoir l'intention d'enquêter pour trouver les coupables dans cette histoire.




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