Six nouveaux décès par surdose à Montréal

Le bilan de l'épidémie qui frappe la métropole... (Photo: Robert Skinner, Archives La Presse)

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Le bilan de l'épidémie qui frappe la métropole depuis début mai est maintenant de 28 intoxications sévères et 15 décès, a annoncé ce matin le directeur de la DSP, Richard Massé.

Photo: Robert Skinner, Archives La Presse

La vague de surdoses qui frappe les consommateurs de drogues de rue, réguliers et occasionnels, ne s'essouffle pas. Depuis l'appel à la vigilance de la Direction de la santé publique la semaine dernière, on a déploré 14 nouveaux cas d'intoxication sévère et six nouveaux décès.

Le bilan de l'épidémie qui frappe la métropole depuis début mai est maintenant de 28 intoxications sévères et 15 décès, a annoncé ce matin le directeur de la DSP, Richard Massé. Les surdoses sont survenues chez des consommateurs d'héroïne, de cocaïne ou de comprimés contrefaits, par injection, par voie nasale ou par inhalation. Les victimes sont âgées entre 20 et 65 ans.

«Nous sommes préoccupés, résume le Dr Massé. Le nombre de décès est au moins trois fois plus élevé que ce qu'on est habitués d'observer. Je demande à tous les consommateurs de drogue, qu'ils soient réguliers ou occasionnels, d'être extrêmement prudents. Les drogues qu'ils consomment risquent d'avoir été modifiées par des produits de coupe très puissants.»

Héroïne trop pure

Un de ces produits de coupe qu'on a formellement identifié est le Fentanyl, un opioïde 40 fois plus puissant que l'héroïne et 50 à 100 fois plus puissant que la morphine. On soupçonne maintenant la présence d'autres produits de coupe, indique le directeur de la DSP. La concentration inhabituellement forte des drogues de rue pourrait également être en cause. «On a trouvé de l'héroïne pure à 40%, alors que le taux est habituellement de 8 à 12%.»

Quant aux médicaments opiacés contrefaits, ces comprimés aux surnoms variés comme «peanuts» ou «pilules de rue», il estime qu'ils représentent une véritable «roulette russe». «C'est n'importe quoi, vous ne connaissez ni la recette ni la concentration.»

Toutes les drogues de rue disponibles en ce moment sont «très dangereuses», estime-t-il. Il se dit d'autant plus inquiet que la période des grands événements estivaux, à commencer par le Grand Prix de Formule Un en fin de semaine, est souvent une occasion pour de nombreux visiteurs d'acheter de la drogue.

Les intoxications et les surdoses touchent à peu près toutes les tranches d'âge dans pratiquement tous les secteurs de la métropole. Faits rares, les consommateurs occasionnels sont également frappés. En conférence de presse, on a notamment donné l'exemple d'une victime qui avait pris de la cocaïne au travail et qui s'est  retrouvée dans le coma pendant 12h. «Elle est chanceuse de ne pas être décédée», précise le Dr Massé.

La DSP recommande aux consommateurs de drogue d'être vigilants, de ne pas toucher à un produit qui n'a pas l'apparence habituelle, de réduire leur dose, de s'injecter plus lentement et de contacter le 911 dès l'apparition de tout symptôme inhabituel.

Phénomène nord-américain

Évidemment, le premier conseil serait de ne pas toucher aux drogues. «Je peux me faire angélique, mais on veut être pragmatique, dit le directeur de la DSP. Si vous choisissez de consommer, il faut être vigilant. La première prudence serait de ne pas utiliser de drogue, mais il nous faut plutôt penser en terme de réduction des méfaits.»

On a par ailleurs noté des cas de surdose ailleurs qu'à Montréal, notamment deux dans l'Outaouais, un à Laval et un dans les Laurentides. Difficile cependant d'expliquer l'origine de ce phénomène, qui touchent plusieurs villes nord-américaines. Pourquoi par exemple utiliser un produit de coupe aussi puissant que le Fentanyl ? «L'objectif est de donner un effet augmenté à la drogue, indique le Dr Massé. Ils peuvent le diluer avec du bicarbonate, de l'Ajax, mais en rajoutant des opiacés très puissants, on donne un effet «booster». Le Fentanyl est même plus puissant que la drogue de base.»




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