Les ex-résidants du Manoir Edith apprennent à réorganiser leur vie

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Dans leur résidence confortable, voire coquette, ils formaient une grande famille tricotée serré, qui se soutenait dans les meilleures comme les pires journées. Mais tout est parti en fumée, et c'est chacun de leur côté qu'ils doivent réorganiser leur vie.

C'était le 28 février dernier, en après-midi. Des résidants du Manoir Edith, rue Mackay, au centre-ville de Montréal, ont senti de la fumée. Les pompiers ont été appelés. Rapidement, les flammes nées au sous-sol se sont propagées à tout l'immeuble, qui a été complètement rasé.

Heureusement, c'était l'après-midi.

Dans le froid glacial, tous ont pu sortir, sans manteau, parfois en sandales, comme Chiken Yuen.

« Si ça avait été la nuit, ça aurait été dégueulasse », résume Gérard Paradis, un des sinistrés.

Ils possédaient peu de matériel, mais ce qu'ils ont perdu dans le feu est néanmoins inestimable.

Le Manoir Edith, ouvert en 2005, abritait 42 résidants, dont la plupart souffrent de schizophrénie ou de bipolarité. Géré par l'Association logement amitié, il fonctionne grâce à des dons privés, à l'Agence de la santé et des services sociaux et la Société d'habitation du Québec.

« Certains ont quitté le réseau de l'itinérance et notre travail est de les maintenir hors de ce réseau », explique Dorotha Auger, directrice du Manoir Edith.

Au Manoir Edith, ils avaient leur petit studio et leur salle de bains privée, une cuisine commune et une jolie terrasse. Les ressources du genre sont rares.

Une longue reconstruction

Tous les reloger a été un vrai cauchemar.

Ils ont passé le premier mois à l'hôtel. Depuis une semaine, ils vivent chacun de leur côté, dans de petits studios qu'on a dénichés un peu partout en ville.

Depuis, les intervenants de l'organisme font quotidiennement la tournée, pour rencontrer chez eux les résidants et pour s'assurer que tout se passe bien.

La situation pourrait durer un certain temps. Il faudra de 15 à 18 mois pour reconstruire, croit Dorotha Auger.

« Il faut absolument reconstruire et ramener ces gens-là dans leur quartier », ajoute la directrice. 

« Nos assurances ne paieront pas tout, malheureusement. Il faudra aller en campagne de financement. Il faudra trouver entre 2 et 2,5 millions », estime-t-elle.

L'achat du bâtiment et sa rénovation en 2005 avaient coûté 4,4 millions. Elle espère obtenir de l'aide de Québec et de Montréal, mais elle doit auparavant soumettre un projet de reconstruction.

En attendant, un centre de jour temporaire a été aménagé dans un sous-sol d'église, où les résidants peuvent se rencontrer.




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