Manif contre la brutalité policière: 288 personnes interpellées

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La 18e édition de la manifestation contre la brutalité policière n'aura duré que quelques minutes. Peu après le départ, environ 288 manifestants ont été interpellés et cinq autres personnes ont été arrêtées pour avoir commis des actes criminels, alors que se déroulait samedi après-midi dans le quartier Villeray, à Montréal, cette marche connue pour être le théâtre d'affrontements parfois violents.

Les manifestants n'avaient marché que quelques mètres qu'ils étaient déjà encerclés par le groupe d'intervention du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Sur l'avenue de Châteaubriand, un peu au sud de la rue Jean-Talon, les policiers ont créé une souricière et ne les ont pas laissés poursuivre leur parcours. 

Un peu plus tôt, avant de quitter les abords du métro Jean Talon, le SPVM avait informé la foule que la manifestation était déclarée illégale. Aucun itinéraire n'avait été fourni.

Au final, les quelque 288 manifestants interpellés recevront un constat d'infraction pour ne pas avoir respecté le règlement municipal P6, qui rend obligatoire la divulgation d'un itinéraire aux forces de l'ordre et interdit le port du masque. L'amende imposée est d'environ 637 $. 

Cinq autres manifestants, soit quatre hommes et une femme âgés de 19 à 24 ans, auront des charges en matière criminelle.

Un manifestant, qui était présent dans la souricière, a été blessé à l'arcade sourcilière lors d'une manoeuvre effectuée par un policier. L'homme de 22 ans a rapidement été sorti du groupe et un service de premiers soins s'est occupé de lui.

Un policier a aussi été blessé à la main. 

Un quartier résidentiel plutôt que le centre-ville 

Pour la première fois cette année, la manifestation organisée par le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) ne se tenait pas au centre-ville de Montréal, mais plutôt à la frontière des quartiers résidentiels Villeray et Rosemont.

Les manifestants ont choisi ce lieu symbolique puisque c'est à cet endroit, il y a quelques mois, qu'un policier du SPVM a menacé un jeune sans-abri de l'attacher à un poteau s'il ne quittait pas le secteur sur-le-champ. Cette scène, qui avait été filmée par un citoyen, avait attiré plusieurs critiques. La métropole était alors traversée par une vague de froid extrême et l'itinérant n'était que très légèrement vêtu. 

«Cet incident (...) est représentatif de plusieurs problèmes contre lesquels le (Collectif opposé à la brutalité policière - COBP) milite chaque jour et pour lesquels nous manifestons chaque 15 mars depuis 18 ans», a indiqué le collectif dans un communiqué. 

Il est toutefois impossible pour La Presse de préciser davantage les revendications des organisateurs de cette manifestation, puisque le COBP «n'accorde aucune entrevue aux médias de masse», indique-t-on sur leur site internet.

Ce samedi, mis à part un camion de Radio-Canada qui a été couvert de graffitis et dont le pare-brise a été brisé, les commerces avoisinants ne semblaient pas avoir souffert de vandalisme, selon ce que La Presse a pu observer.

Revoyez ci-dessous notre couverture en direct de l'événement et rendez-vous dimanche matin dans La Presse+ pour un topo complet réalisé par Denis Wong et Sira Chayer. 

 



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