Terrain de golf Meadowbrook: 44 millions réclamés à la Ville

C'est un organisme, les Amis de Meadowbrook, qui... (Photo David Boily, La Presse)

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C'est un organisme, les Amis de Meadowbrook, qui a tiré la sonnette d'alarme cette semaine en dénonçant ce qu'il qualifie d'«escroquerie». Le comité de citoyens veut plutôt faire du terrain un parc.

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Acheté pour 3 millions de dollars en 2006, le terrain de golf Meadowbrook pourrait valoir un joli bénéfice au promoteur Groupe Pacific, qui réclame 44 millions à la Ville de Montréal.

Le promoteur, qui tente depuis des années de construire 1600 logements sur ce terrain de 3 millions de pieds carrés au nord de l'autoroute 20, dans l'arrondissement de Lachine, estime que la Ville «a agi de mauvaise foi» en refusant de lui délivrer les permis nécessaires. En échange des 44 millions qu'il réclame, par l'entremise de sa filiale Meadowbrook Groupe Pacific, il propose de redonner les terrains à la Ville, peut-on lire dans la requête déposée le 11 septembre dernier.

C'est un organisme, les Amis de Meadowbrook, qui a tiré la sonnette d'alarme cette semaine en dénonçant ce qu'il qualifie d'«escroquerie». Le comité de citoyens veut plutôt en faire un parc.

Projet enlisé depuis 2010

Le terrain acheté 3 millions était évalué à 10,6 millions en 2006. Groupe Pacific assure que rien n'indiquait à ce moment-là qu'on bloquerait ses projets de construction. Dès 1998, la municipalité de Ville-Saint-Pierre, qui sera annexée à Lachine, signe un protocole d'entente avec l'ancien propriétaire, le Canadien Pacifique, pour la construction de 1200 habitations. De 2007 à 2011, le promoteur et les fonctionnaires multiplient les rencontres de travail. En août 2007, un cadre souligne par courriel le «grand potentiel» du terrain. À partir de 2010, le projet s'embourbe. Alan DeSousa, responsable du développement durable, déclare aux représentants du promoteur que les coûts des infrastructures municipales «sont trop importants», selon la poursuite.

«Les décisions des élus et fonctionnaires [...] se révèlent n'avoir été que des tactiques, des prétextes et des subterfuges», dénonce le promoteur. Il n'a pas été possible de parler à un porte-parole de l'entreprise.

La Ville confirme qu'un recours a été intenté contre elle. «La réclamation est contestée et le dossier sera traité en conséquence», a précisé par courriel Gonzalo Nunez, porte-parole.

Appui des élus

En tentant de forcer la Ville à payer 44 millions pour un terrain acheté 14 fois moins cher, Groupe Pacific «veut saigner le contribuable, gagner à la loto après avoir acheté un terrain qu'on savait ne pas pouvoir développer», accuse en entrevue Campbell Stuart, ex-maire de Montréal-Ouest. Il est le porte-parole des Amis de Meadowbrook, qui militent depuis 1989 pour empêcher tout développement résidentiel sur ce terrain. Le conseil municipal s'est montré favorable à ce projet et a commandé une étude en mai dernier. Toute construction sur ce terrain se trouverait entourée de trois voies de chemin de fer, fait valoir le comité de citoyens, et à moins de 300 mètres de la gare de triage du Canadien Pacifique, ce qui contrevient à la plupart des recommandations en la matière. Le CP lui-même a déclaré en 2012 qu'il ne veut pas de développement résidentiel à Meadowbrook.

Le coût des infrastructures municipales pour desservir 1200 résidences dans ce quartier enclavé serait «entre 60 et 150 millions», estime Campbell Stuart. De nombreux élus montréalais, notamment Gérald Tremblay, Richard Bergeron, Alan DeSousa, Claude Dauphin et Josée Duplessis, ont donné leur appui au comité de citoyens.




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