Dépenses somptuaires à Tourisme Montréal: Lapointe plaide «l'inadvertance»

L'ex pdg de Tourisme Montréal Charles Lapointe en 2008.... (Photo: Ivanoh Demers, archives La Presse)

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L'ex pdg de Tourisme Montréal Charles Lapointe en 2008.

Photo: Ivanoh Demers, archives La Presse

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(QUÉBEC) Charles Lapointe avait quelques explications à offrir lundi aux élus pour ses doubles réclamations à Tourisme Montréal: l'ignorance, l'inadvertance ou une erreur de sa secrétaire. Mais pas de mea culpa.

Le vérificateur général a dénoncé cet automne ses dépenses injustifiées, comme une allocation voiture alors qu'il avait déjà une limousine de fonction payée, ou des reçus pour déduction à l'impôt pour des dons de charité qu'il n'a pas payés. Mais M. Lapointe a assuré avoir dirigé Tourisme Montréal avec «passion, constance et, je pense, compétence». 

Il n'a pas voulu être assermenté pour son témoignage. Pourquoi? Il a haussé les épaules puis a tourné le dos aux journalistes, sans vouloir s'expliquer.

L'ex pdg de Tourisme Montréal était convoqué en commission parlementaire pour faire la lumière sur ses dépenses somptuaires.

M. Lapointe a plaidé l'erreur de bonne foi. «Par omission», on a gardé l'allocation pour transport dans son contrat, même si on lui a offert une voiture de fonction. Une allocation qui a été renouvelée pendant six ans. «Si j'avais lu mon contrat plus attentivement, j'aurais pu éviter cette erreur», a-t-il dit.

Et les dons de charité, payés par Tourisme Montréal, pour lesquels il a réclamé et obtenu des reçus pour l'impôt? «J'aurais dû être plus attentif», a-t-il répondu. L'erreur a été faite «par inadvertance». Il a rappelé qu'il a contacté Revenu Québec pour «volontairement» les rembourser - seulement une fois que le vérificateur général l'a mis sur la sellette. 

«Je n'ai jamais rempli mes comptes de dépenses moi-même, alors ça été des erreurs», a-t-il ajouté, en blâmant cette fois sa secrétaire.

M. Lapointe peinait à expliquer qui devait vérifier ses dépenses. Il envoyait ses demandes au service des finances. Ensuite, il «présume» que le président du conseil d'administration, Jacques Parisien, devait les approuver. «Est-ce que ça s'est fait en pratique? Je ne sais pas», a-t-il ajouté.

M. Parisien, qui n'était pas rémunéré pour son travail, a affirmé le contraire peu après en commission parlementaire. Le conseil vérifiait si la direction respectait ses cibles de dépenses et atteignait ses objectifs, mais n'examinait pas le contenu des dépenses. «On ne faisait pas de micro management», a-t-il lancé. Il a néanmoins démissionné à la suite du rapport du vérificateur général, notamment parce qu'il craignait de ne plus avoir la «confiance» de ses collègues.

 «Le détail de l'enveloppe, ça ne venait pas de nous, a poursuivi M. Parisien. Normalement, c'est (M. Lapointe) qui aurait dû gérer le détail de son enveloppe et se comporter adéquatement.» Il déplore que personne à l'interne n'ait «allumé de lumière rouge».

M. Lapointe se vante d'avoir redressé Tourisme Montréal, qu'il laisse avec un surplus de 1,5 millions de dollars. Aucun élu n'a remis en question la performance de l'organisme. Mais le ministre du Tourisme, Pascal Bérubé, a exigé un «plan de gouvernance» à Tourisme Montréal. Il déposera lui-même un plan d'action ce printemps. Et il songe à diminuer le salaire du pdg, pour le ramener au niveau d'organismes publics avec un mandat de démarchage, comme la Société du Palais des congrès. Sa prédécesseure et députée libérale, Nicole Ménard, «abonde dans le même sens.»

TOURISME MONTRÉAL EN CHIFFRES

> Budget de Tourisme Montréal : 31 millions

> Subvention Québec : 1,2 million

> Subvention Montréal : 1 million

> Subvention Ottawa : 2 millions

> Revenu de la taxe sur l'hébergement chargée par les hôtels montréalais, selon une entente avec Revenu Québec : 22 millions

Le reste du budget, environ 4 millions, vient du milieu touristique privé 

Malgré cet important financement public, M. Lapointe maintient que Tourisme Montréal est un organisme à but non lucratif qui relève du privé, et peut se gouverner comme il l'entend.  

> Indemnité versée à M. Lapointe à son départ à l'été 2013 : 654 000 dollars

Il devait profiter d'un bureau et d'une secrétaire pendant les trois années suivant son départ, en plus de contrats comme consultant. Le vérificateur général y a vu des «avantages discutables».

> Salaire à sa dernière année de travail : 398 000 dollars

> Allocation annuelle reçue pendant six ans pour une voiture, même s'il avait une limousine de fonction payée : 10 800 dollars. Il a aussi facturé en double pour 10 000 dollars d'autres dépenses. 

M. Lapointe a dû rembourser 70 000 dollars.

> Déductions fiscales obtenues pour dons de charité payés par Tourisme Montréal, et non par lui : 64 000 dollars

> Lire le rapport du vérificateur général




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