Un coroner réclame plus de pistolets électriques pour les policiers

Le Dr Jean Brochu recommande que davantage de policiers soient... (Photo Sun-Jordan Verlage, PC)

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Le Dr Jean Brochu recommande que davantage de policiers soient formés pour utiliser le Taser et qu'un nombre accru de ces armes soient accessibles en territoire montréalais.

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La police de Montréal doit se doter de plus de pistolets à impulsion électrique, ou Tasers, et cesser d'intervenir auprès d'individus en détresse souffrant de troubles mentaux, comme Alain Magloire, avec des armes à feu, croit un coroner.

Le Dr Jean Brochu a dans le passé enquêté sur des drames qui l'ont mené à se pencher sur le recours au pistolet Taser. Notamment la mort du sans-abri Mario Hamel, abattu par des policiers le 7 juin 2011, et de Patrick Limoges, un passant sans histoire qui a reçu un éclat de balle qui a ricoché lors de l'intervention.

Un an plus tard, son rapport sur ces morts recommandait que davantage de policiers soient formés pour utiliser le Taser et qu'un nombre accru de ces armes soient accessibles en territoire montréalais. Il émettait aussi le souhait que plus de ressources soient mises sur pied pour intervenir auprès des sans-abri souffrant de troubles mentaux.

Qu'en est-il deux ans plus tard alors qu'un autre sans-abri en pleine crise, Alain Magloire, est tombé sous les balles dans des circonstances similaires?

«Nos recommandations n'ont pas force de loi. Elles peuvent être ou ne pas être suivies. Mais à force de taper sur le clou, des fois, ça fait avancer les choses», explique le Dr Brochu.

Lors de l'intervention qui a coûté la vie à Alain Magloire, les premiers policiers sur les lieux ont réclamé le renfort de collègues équipés de Tasers. Mais ils ne sont pas arrivés à temps. L'arme aurait dû être prête à servir plus rapidement, croit le coroner.

Répartir selon les besoins

«Il devrait y avoir plus de Tasers et il faudrait qu'ils soient répartis dans la ville en fonction des endroits où ils sont les plus susceptibles d'être utiles. Je comprends que les policiers dégainent leur arme lorsqu'ils interviennent, par exemple, auprès d'un voleur de banque armé. Mais des citoyens qui souffrent de problème mental, des gens qui ont souvent peur des uniformes, il faut éviter de se mettre à 12 autour d'eux avec des armes pointées. Il faut leur parler calmement, les rassurer», explique le coroner.

«C'est tout le problème de l'itinérance à Montréal», ajoute-t-il.

Il croit que des policiers devraient pouvoir maîtriser des personnes armées d'un instrument tranchant ou d'un marteau sans avoir à faire feu sur elles. Il ne tient pas les agents responsables, mais montre du doigt leur équipement et les directives auxquelles ils obéissent.

Le coroner Brochu est aussi chargé de l'enquête sur la mort de Farshad Mohammadi, un sans-abri souffrant de troubles mentaux abattu par des policiers en janvier 2012 à la station de métro Bonaventure. Il était armé d'un Exacto.

La police de Montréal dispose de 37 Tasers et de 150 agents formés pour les utiliser. Le coroner Brochu voudrait qu'il y en ait plus.

La Fraternité des policiers et policières de Montréal a refusé de s'exprimer sur la question.

Du côté de Laval, la police dispose de quatre pistolets à impulsion électrique, qui sont entre les mains du groupe d'intervention dont un membre est toujours de garde. Mais on prévoit former six policiers de plus pour les utiliser, qui seront sur la route en tout temps, une décision prise par le nouveau directeur du service Pierre Brochet, ancien directeur adjoint à la police de Montréal.

Sur la Rive-Sud, la police de l'agglomération Longueuil déclare que deux policiers dans chacun des deux districts de patrouille sont prêts à répondre en tout temps à un appel nécessitant le Taser. Une vingtaine d'agents disposent de la formation requise pour les utiliser.

À la Sûreté du Québec, ce sont les agents du groupe d'intervention qui en sont équipés.

Enquêtes indépendantes

Par ailleurs, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse ainsi que la Ligue des Noirs du Québec réclament que la loi 12 soit mise en application sans plus tarder. Cette loi adoptée en mai dernier prévoit la création d'un bureau des enquêtes indépendantes sur les cas de décès lors d'interventions policières. Ce bureau sonnera le glas des enquêtes confiées à un autre corps policier lors d'événements comme celui de lundi dernier. Le ministère de la Sécurité publique indiquait récemment que ce bureau est toujours en chantier et que sa date de mise en fonction reste inconnue.




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