Plainte contre Bergeron pour harcèlement psychologique

Richard Bergeron... (Photo Alain Décarie, collaboration spéciale)

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Richard Bergeron

Photo Alain Décarie, collaboration spéciale

Joël Simard-Ménard, le chef de cabinet de Richard Bergeron, n'est pas le seul à être accusé de harcèlement psychologique par une ancienne attachée de presse, Militza Jean. Richard Bergeron est aussi visé.

La Presse a obtenu la plainte détaillée de Militza Jean et la réponse de MM. Bergeron et Simard-Ménard à la suite d'une demande d'accès à l'information auprès de la Commission des relations de travail, le tribunal administratif qui va entendre la cause.

Mme Jean a déposé sa plainte en janvier 2012 devant la Commission des normes du travail pour « harcèlement psychologique, congédiement sans cause juste et suffisante et pratique interdite ». La Commission a enquêté et jugé que la plainte était « recevable ». Elle l'a donc acheminée à la Commission des relations de travail.

Militza Jean accuse Joël Simard-Ménard d'avoir eu une « attitude arrogante, hostile, irrespectueuse et humiliante », peut-on lire dans sa plainte. Il lui faisait des « remarques acerbes ou racistes ». « Il haussait le ton et criait très souvent. » Il interpellait Mme Jean en lui disant : « Viens-t'en icitte, Militza ». « Il sacrait régulièrement » après elle. Pendant les réunions, il lui faisait des commentaires « dénigrants » tels que : « Tais-toi, ç'a pas rapport, c'est pas ton tour. »

Mme Jean est d'origine haïtienne.

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, est accusé d'avoir fait des « blagues de mauvais goût à caractère raciste » et il n'intervenait pas lorsqu'il était « témoin des comportements hostiles et vexatoires » de la part de Joël Simard-Ménard, précise la plainte. Il pouvait même « en rajouter ». Parfois, « il riait de la situation et/ou dénigrait » Mme Jean.

Bergeron s'inscrit en faux

Richard Bergeron et Joël Simard-Ménard nient tout en bloc. Ils affirment que Mme Jean criait, qu'elle « parlait continuellement du fait qu'elle est de race noire et ainsi, dans les réunions, elle intervenait en demandant : "Est-ce que la Noire peut parler" ».

Le lien de confiance a été rompu quand M. Bergeron a su que Militza Jean avait enregistré « ses conversations avec lui à son insu ». C'est pour cette raison qu'il a résilié son contrat.

MM. Bergeron et Simard-Ménard précisent que « la plaignante était en conflit avec plusieurs autres employés du cabinet ».

Mme Jean a travaillé pour Projet Montréal de mai 2009 à décembre 2011. Deux mois après son congédiement, elle a été embauchée par Louise Harel, chef de Vision Montréal et adversaire de Richard Bergeron.

En juin 2012, six mois après le dépôt de la plainte, Joël Simard-Ménard a affirmé à  La Presse que lui seul était visé par la plainte. Pourtant, les documents obtenus par La Presse sont clairs : M. Bergeron est également poursuivi.

Pourquoi M. Simard-Ménard a-t-il affirmé le contraire? « Au moment des plaintes de Mme Jean, en janvier 2012, rien n'indiquait dans les documents que M. Bergeron était lui-même visé par ces plaintes, a-t-il répondu par courriel. Cela est demeuré ainsi jusqu'au 13 mars 2013, date où j'ai reçu les exposés sommaires des faits de la procureure de Mme Jean, soit bien après notre échange de courriels. »

Une seule journée d'audience a eu lieu le 18 avril. La cause a été reportée après les élections de novembre à la mairie de Montréal à la demande de l'avocat de Richard Bergeron. Les audiences se dérouleront en 2014. Aucune date n'a encore été fixée. Mme Jean présentera trois témoins, Projet Montréal, 13. La Commission a prévu huit jours d'audience.

Mme Jean réclame des dommages moraux de 25 000 $ et des dommages punitifs d'environ 5000 $ à 10 000 $.

Mme Jean, Joël Simard-Ménard et Richard Bergeron ont refusé de commenter.

La définition de la commission

Selon la Commission des normes du travail, le harcèlement psychologique au travail est une conduite vexatoire qui se manifeste par des comportements, des paroles ou des gestes répétés qui sont hostiles ou non désirés, qui portent atteinte à la dignité ou à l'intégrité psychologique ou physique du salarié et qui rendent le milieu de travail néfaste. Pour en savoir davantage, consultez le site de la Commission des normes du travail.




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