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Pénurie de logements chez les juifs hassidiques

Les grands appartements ancestraux d'Outremont ne suffisent plus... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les grands appartements ancestraux d'Outremont ne suffisent plus pour les juifs hassidiques qui représentent actuellement de 20 à 25 % des résidants de cet arrondissement.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Marie-Michèle Sioui
La Presse

Petits logements et familles nombreuses ne font pas bon ménage: les juifs hassidiques du quartier Outremont font face à une pénurie de logements, a appris La Presse.

«La communauté grandit, les maisons coûtent cher, mais nous devons habiter près de la synagogue», résume Alex Werzberger, porte-parole de la Coalition des organisations hassidiques d'Outremont (COHO). «Les femmes de notre communauté ont 5, 6 enfants en moyenne. C'est difficile de trouver des logements abordables et assez grands.»

De grands logements demandés

Si les nouvelles constructions avec deux chambres à coucher conviennent à plusieurs Québécois - l'indice de fécondité de la province est de 1,68 enfant par femme -, elles sont carrément inadéquates pour les familles nombreuses de la communauté hassidique. Or, les grands appartements ancestraux d'Outremont ne suffisent plus pour ce groupe en expansion, qui représente actuellement de 20 à 25 % des résidants de cet arrondissement. La situation est d'autant plus difficile que les constructions ne s'accumulent pas. En 2012, 21 logements ont été mis en chantier dans l'arrondissement, une légère baisse par rapport à l'année précédente, quand ce nombre était de 23.

«Ce serait bien d'avoir plus d'options pour les jeunes familles, pour avoir des logements plus abordables», reconnaît Mindy Pollak, elle-même juive orthodoxe et candidate dans le district Claude-Ryan, à Outremont. «Il faut des logements sociaux pour les juifs et les non-juifs», dira plus tard sa mère, en citant une expérience concluante en ce sens dans son Londres natal.

Difficile de déménager

Et bien qu'Outremont se resserre sur la communauté hassidique comme un étau, l'option du déménagement est difficile à envisager, souligne Alex Werzberger. 

«Le samedi [shabbat, jour de repos de la semaine juive], nous devons marcher pour nous rendre à la synagogue», explique celui qui habite Outremont depuis 60 ans. «Nous ne pouvons pas prendre nos voitures», ajoute-t-il, en référence à l'interdiction par la loi juive de toute forme de melakha (travail) pendant cette journée de célébration et de prière.

La construction d'une nouvelle synagogue et le «transfert» d'une partie de la communauté dans un nouveau quartier seraient également laborieux, selon le porte-parole. «Construire une synagogue, ça coûte au moins 3 millions de dollars, dit-il. Et il n'y a pas que ça. Il y a nos écoles, nos commerces...» De toute façon, poursuit-il, les nouveaux logements, «comme dans Griffintown», ne correspondent pas aux besoins de sa communauté.

Des subventions?

En guise de solution, il propose la construction de maisons plus grandes, ou encore l'octroi de subventions, une question qu'il n'a jamais réellement abordée avec les élus municipaux. 

«Je ne pense pas qu'ils aient le pouvoir de faire quoi que ce soit. Il revient au fédéral ou au provincial d'agir», croit Alex Werzberger, qui souligne au passage que «tout le monde», Juifs hassidiques ou non, «a de la difficulté à se payer un logement».




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