Le métro n'a «pas de problèmes de fiabilité», dit la STM

Publicité

Même s'il reconnaît que la semaine a été «particulièrement difficile», avec six pannes totalisant près de quatre heures d'arrêt de service, le directeur général de la Société de transport de Montréal (STM), Carl Desrosiers, se fait rassurant: le réseau n'a pas de problèmes de fiabilité à long terme.

Métro de Montréal: une refonte majeure du réseau

Bardé de statistiques comparant Montréal au reste du monde, M. Desrosiers a établi un constat clair hier en point de presse aux bureaux de la STM: «Comparés aux Européens et aux Américains, nous sommes deux fois meilleurs. Les Asiatiques sont deux fois meilleurs que nous, mais on n'a pas les mêmes moyens.»

Depuis 2003, les arrêts de service de plus de cinq minutes ne montrent pas de tendance particulière à la hausse. 2012, qui a vu l'implantation du nouveau système de commande centralisée au coût de 174 millions, a par contre été difficile pour les usagers. Ce nouveau système a provoqué à lui seul sept pannes majeures en 14 mois, touchant souvent le réseau en entier. Les problèmes informatiques sont en voie d'être résolus, a assuré le directeur général.

«On n'est pas satisfaits. Nous sommes désolés auprès de notre clientèle. Ce qui nous préoccupe, c'est la stabilité de notre système. Il est nouveau, on va le stabiliser, et on a l'aide des meilleurs au monde pour y arriver.»

Mettre une nouvelle salle de contrôle en service, «c'est très difficile pour tous les métros du monde», a précisé M. Desrosiers. «Il ne s'agit pas que d'un seul ordinateur, mais de 15 000 composantes.» Il rappelle que l'ancien système, «le plus vieux au monde», tombait encore plus souvent en panne. «Mais elles étaient rarement généralisées», précise-t-il.

Téléphones trop précieux

Les problèmes informatiques et les pannes de train ne causent cependant que 7% des arrêts de service, a-t-il noté. Un incident sur deux est en fait causé par les usagers eux-mêmes, notamment par des méfaits ou parce que des personnes malades demandent de l'aide.

Le directeur général a relevé au passage un nouveau «fléau» : les usagers qui perdent leur téléphone cellulaire et qui veulent à tout prix le récupérer. «Ils y tiennent tellement qu'ils vont aller sur la voie.» La STM mise notamment sur l'«accompagnement» de la clientèle sur les quais pour réduire ces incidents, mais les coûts peuvent devenir prohibitifs. «Idéalement, on aimerait avoir trois personnes sur les quais tout le temps, mais on ne pourrait pas garder le prix de la CAM à son niveau actuel.» Installer des «portes palières» vitrées sur les quais qui ne s'ouvrent qu'à l'arrivée du métro, comme l'ont fait en partie Paris et Toronto, coûterait «entre 400 et 600 millions de dollars», estime M. Desrosiers.

Un «vieux métro» à entretenir

L'autre défi constant de la STM, c'est sa flotte vieillissante, avec ses voitures qui ont un âge moyen de 40 ans. Seule la capitale de l'Argentine, Buenos Aires, dépasse Montréal à ce triste chapitre. Le dernier MR-63, un vestige de la flotte originale qu'on retrouve sur la ligne jaune, ne sera mis au rencart qu'à l'âge de 50 ans en 2018. Selon les données fournies aux médias, un arrêt de service sur quatre est causé par des pannes attribuables aux véhicules eux-mêmes.

«On a un vieux métro, il faut s'en occuper», dit le directeur général qui estime que Québec devra donner un coup de pouce supplémentaire dans les prochaines années pour ne pas que le réseau se retrouve en déficit d'entretien.

Les nouvelles rames de métro qui vont commencer à être utilisées en 2014 ne régleront pas tous les problèmes, prévient le directeur général. «Ce ne sera pas la catastrophe, mais il va y avoir une période de rodage. Il ne faut pas être naïf: il va y avoir des ajustements et des pannes.»

Afin de communiquer plus facilement avec les usagers du métro, la STM mettra sur pied un fil Twitter pour chacune des lignes de métro. On espère en outre transmettre des informations plus précises et éviter d'envoyer des avis d'arrêt «pour une durée indéterminée».

Nouveaux comptes Twitter

@stm_Verte

@stm_Orange

@stm_Jaune

@stm_Bleue

La STM en rafale

> 895 000 déplacements par jour, pour 78 millions de km parcourus (2012)

> Valeur globale du métro de Montréal: 20 milliards

> 7 pannes majeures depuis la mise en service du système de commande centralisée, en mars 2012

> Coût du nouveau système: 174 millions

> La commande centralisée, c'est : une centaine de serveurs, 2000 radios, 2000 caméras, 95 ordinateurs et 800 automates, 40 logiciels. Au total : 15 000 composantes

> Du 21 au 28 mai dernier, six pannes totalisant 247 minutes. Trois causées par des pannes de train, une pour une intervention des services d'urgence, une parce qu'une personne était tombée sur une voie, une pour une problème de «télétransmission»

> Nombre d'arrêts de service (plus de cinq minutes) par million de km de déplacements

> Asie: 7 - Amérique : 22 - Europe : 38 - Montréal (2012): 13

En tableaux: 

Arrêts de service par million de km »»

Types d'arrêts de service, pour une année type »»




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer