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L'UPAC enquête sur deux dossiers liés à Applebaum

Michael Applebaum... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Michael Applebaum

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Fabrice de Pierrebourg
La Presse

Le maire intérimaire de Montréal, Michael Applebaum, est non seulement depuis peu sur le radar des enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) pour un dossier de dézonage, mais aussi depuis plusieurs mois pour des allégations d'irrégularités entourant un contrat de déneigement dans son arrondissement, a appris La Presse.

En janvier dernier, La Presse et Le Devoir ont annoncé que l'UPAC et la commission Charbonneau s'intéressaient à Michael Applebaum et au rôle qu'il aurait pu jouer dans des dézonages impliquant des proches de la mafia dans son arrondissement. Le maire a alors nié être dans la ligne de mire des policiers.

Or, selon nos informations, les policiers du Service des enquêtes sur la corruption (escouade Marteau) de la Sûreté du Québec enquêtent aussi depuis l'hiver 2010 sur le paiement par son arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, à la suite d'une résolution qu'il a appuyée, mais contre l'avis de deux cadres de son administration, d'une somme de 99 845 $ à la firme de déneigement CMS Entrepreneurs généraux inc.

Cette somme correspondait à une facture d'heures de location d'équipement avec chauffeurs sur le terrain de la chute à neige Saint-Pierre, sous l'échangeur Turcot, entre le 10 décembre 2008 et le 5 février 2009.

Or, la facture de CMS aurait été présentée sans être accompagnée des «billets d'outillage» réglementaires recensant le nombre d'heures réellement travaillées et obligatoirement approuvés par un contremaître de l'arrondissement.

Soupçonnant une fraude, les dénonciateurs auraient refusé de remplir ces billets a posteriori sur la foi de données fournies par l'entrepreneur, qui avait aussi obtenu la part du lion du déneigement des rues de l'arrondissement.

Malgré leurs réticences, la somme a tout de même été versée à cette entreprise après l'adoption, le 29 septembre 2009, d'une résolution du conseil d'arrondissement, à la suite d'une proposition du conseiller Marcel Tremblay, frère de Gérald Tremblay, appuyée par Michael Applebaum, comme l'indique le procès-verbal.

Plainte adressée à Gérald Tremblay

Dans les mois précédents, des employés de l'arrondissement avaient écrit personnellement à Gérald Tremblay, alors maire de Montréal, pour dénoncer l'administration Applebaum. Les auteurs de la lettre, que La Presse a obtenue, alléguaient que M. Applebaum et deux directeurs de l'arrondissement, dont celui des travaux publics, auraient fait pression sur les fonctionnaires pour qu'ils annulent les amendes de 80 000 $ imposées à CMS pour diverses infractions, «au motif», aurait-il été dit, que son dirigeant est «un bon contributeur du parti».

La lettre avait été reçue le 14 mai 2009, comme le démontre un cachet du «Cabinet du maire et du comité exécutif», puis transmise à la direction de l'arrondissement.

«Cette semaine, un superviseur de l'UPAC a assuré à M. Applebaum qu'il n'y avait aucun dossier ouvert sur lui, et nous avons des raisons de croire qu'il n'y en a jamais eu dans le passé», a martelé hier son attaché de presse, Jonathan Abecassis, en réaction à ces nouvelles informations obtenues par La Presse.

Il ajoute que jamais ce dossier, qu'il connaît bien et qui a pour origine selon lui «deux cadres frustrés», n'a été évoqué lorsque les policiers de l'UPAC ont rencontré le maire lors de la perquisition du 19 février à l'hôtel de ville. Et personne dans l'arrondissement, selon ses informations, n'aurait encore été interrogé par les policiers.

Pourtant cette enquête est toujours active, indiquent nos sources.

CMS n'a pas rappelé La Presse.

Vente de terrains

Par ailleurs, l'émission Enquête de Radio-Canada a affirmé cette semaine que le dossier de changement de zonage sur lequel l'UPAC enquêterait concernerait un vaste terrain divisé en deux lots acquis en 2003 par le promoteur Lee Lalli, à l'angle du boulevard Décarie et du chemin de la Côte-Saint-Luc. Un terrain convoité par Tony Magi, proche de la mafia, selon la police. C'est Vito Rizzuto qui aurait arbitré ce différend.

Finalement, Lalli a emporté la mise. Il a revendu le lot principal, payé 1,8 million, six jours plus tard pour 2 millions et le lot restant, stationnement acquis au coût de 50 000 $, en 2006 pour 1,5 million.

Lee Lalli, aussi organisateur d'une soirée de financement d'Union Montréal à la Cantina en 2003, aurait, selon ses dires, été informé par Michael Applebaum d'un projet de construction d'un hôtel de ville en PPP sur l'un des deux terrains.

«L'arrondissement avait envisagé la construction d'une mairie en 2001, explique M. Abecassis. Ce lieu était sur la liste des sites potentiels, mais il a été écarté, à cause de la limitation à deux étages, de la taille restreinte du stationnement et surtout pour l'investissement que cela représentait. Mais jamais le maire n'a informé M. Lalli.»

Le cabinet du maire regrette surtout que l'UPAC n'ait pas répondu favorablement à sa demande de sortir publiquement pour «blanchir la réputation de M. Applebaum» et nier le fait qu'il soit visé par une enquête.




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