Sans densification, point de salut

La densification est déjà une tendance lourde, bien... (Photo: Bernard Brault, Archives La Presse)

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La densification est déjà une tendance lourde, bien installée dans la région de Montréal comme ailleurs, affirment les experts.

Photo: Bernard Brault, Archives La Presse

Avec la densité d'occupation actuelle, la grande région montréalaise ne pourra pas absorber l'augmentation de la population prévue d'ici 20 ans. La solution du Plan métropolitain d'aménagement et de développement: la densification urbaine. À terme, les bungalows sont appelés à disparaître au profit des condos, notamment pour faciliter la desserte des transports en commun et protéger les milieux naturels et agricoles. C'est une tendance lourde déjà en très forte progression, soutiennent les experts.

La densification. C'est la clé de voûte du Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD), un projet qui suscite la controverse dans certaines banlieues.

D'ici 20 ans, il y aura 530 000 personnes de plus dans la région. Si tous les nouveaux quartiers sont construits selon la densité des dernières années, «la capacité d'accueil de la région serait d'environ 210 000 nouveaux ménages», affirme-t-on dans le PMAD. La région pourrait donc atteindre sa pleine capacité en 2023.

Mais la densification est déjà une tendance lourde, bien installée dans la région de Montréal comme ailleurs, affirment les experts.

«Les études démontrent que, de toute façon, en Amérique du Nord, la construction se fait de plus en plus le long des axes de transports en commun, dit Daniel Gill, professeur d'urbanisme à l'Université de Montréal. Avec les baby-boomers qui vieillissent, la demande pour les bungalows va diminuer. Déjà, on construit de plus en plus de condos. La demande pour la densification va se faire naturellement.»

«Les promoteurs ont compris qu'il était plus rentable de faire des tours d'habitation que de grandes maisons, dit Gilles Sénécal, de l'INRS. On le voit à Longueuil, à Laval et maintenant à Repentigny. C'est une tendance très, très lourde.»

Sans densification, aucun des objectifs du Plan métropolitain d'aménagement et de développement ne peut se réaliser: améliorer la desserte des transports en commun, protéger les milieux naturels et conserver la zone agricole.

Le PMAD aura une influence sur les modes de vie, en banlieue comme en ville, en logement, en transport, pour l'emploi et les loisirs. Ce plan est proposé par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), un organisme qui regroupe 82 villes de la région. Le maire de Montréal préside d'office le conseil de la CMM ainsi que son comité exécutif.

Premier exercice du genre, le PMAD découle d'une loi entrée en vigueur l'an dernier. Le projet de PMAD doit être adopté avant le 31 décembre et sera révisé dans cinq ans.

Mais il ne suffit pas de créer des lignes de métro ou de train de banlieue pour que naissent spontanément des quartiers denses. «Il y a plein de stations du métro où il n'y a pas eu de développement», dit M. Gill.

Par exemple, sur la ligne orange du métro, les stations Namur et De La Savane ont été ouvertes en 1984, mais il a fallu attendre cet automne, 27 ans plus tard, pour qu'un projet de densification voie le jour.

Le mois dernier, la Ville de Montréal a annoncé le projet Le Triangle. Actuellement, cette zone à l'ouest du boulevard Décarie et au nord de la rue Jean-Talon est décrite d'une façon peu flatteuse, par la Ville, comme le «fruit d'une urbanisation spontanée où les lots de terre ont été attribués en fonction des demandes et des besoins commerciaux», où dominent les «voies de circulation surdimensionnées» et «de larges stationnements asphaltés» et où la «voiture demeure le moyen de transport le plus utilisé».

Le quartier doit bientôt devenir «un quartier résidentiel moderne, desservi par les transports en commun et où se côtoieront de nombreux résidants, commerçants et travailleurs dans un environnement verdoyant».

Le PMAD propose que 40% des nouveaux logements dans la région soient desservis par les transports collectifs, dans des quartiers denses. Est-ce trop ambitieux? «Pas du tout, répond M. Gill. Le marché immobilier demande déjà ça. Les promoteurs le recherchent. Le travail de la CMM a été très bien fait de ce point de vue.»




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