Pont Champlain: la Rive-Sud veut un nouveau pont

Des rapports d'ingénierie recommandent de construire au plus... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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Des rapports d'ingénierie recommandent de construire au plus tôt un nouveau pont, ce qui pourrait prendre de 10 à 15 ans, parce que le pont actuel présente des risques réels d'effondrement.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Bruno Bisson
La Presse

Les élus de la banlieue sud de Montréal et les milieux d'affaires se mobilisent pour réclamer un nouveau pont en remplacement du pont Champlain.

Douze maires de la Rive-Sud et de la Montérégie, appuyés par la chambre de commerce et d'industrie de la Rive-Sud et par la Fédération des chambres de commerce du Québec, ont adressé mardi une lettre ouverte au ministre fédéral des Transports, Chuck Strahl. Ils affirment qu'ils n'ont «pas été rassurés» par l'annonce, vendredi, de crédits supplémentaires de 158 millions de dollars accordés par Ottawa pour assurer la sécurité et la viabilité du pont Champlain.

Selon eux, l'annonce d'un échéancier précis pour la construction d'un nouveau pont est «le seul geste qui puisse démontrer aux citoyens la volonté du gouvernement fédéral d'assurer les conditions essentielles au maintien de toutes les activités économiques liées aux transports entre les deux rives du Saint-Laurent».

Mardi, la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, a affirmé à La Presse que cette lettre «n'est que le début d'une mobilisation plus grande», qui se veut non partisane, afin de faire pression sur les autorités fédérales. En accord avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui est aussi président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), une résolution sera présentée demain au conseil de direction de cet organisme, qui regroupe les 82 municipalités de la région métropolitaine, pour appuyer cette mobilisation.

Tiède réaction du ministre

Dans ce contexte, la mairesse de Longueuil s'est dite «un peu inquiète» de la réaction plutôt tiède du ministre des Transports du Québec, Sam Hamad, qui a déclaré à l'Assemblée nationale que «toutes les solutions sont sur la table» et que son gouvernement attendra le résultat des études en cours pour s'assurer de prendre «avec le gouvernement fédéral la meilleure décision pour l'intérêt des citoyens».

«Je ne comprends pas qu'il ne porte pas ce dossier-là en reconnaissant qu'il faut que ça bouge, a dit Mme St-Hilaire. Il y a unanimité sur la Rive-Sud, ce qui est très rare. Et il me semble qu'il aurait été à propos, de la part du ministre et du gouvernement du Québec, de dire que le pont Champlain est une priorité. C'est une question de sécurité, une question d'économie, et c'est important aussi pour les transports collectifs. Cela touche tout le monde, et je ne désespère pas de convaincre le ministre de se joindre à notre coalition.»

La Rive-Sud est en effervescence depuis que La Presse a rendu publiques, vendredi, les conclusions de deux rapports d'ingénierie sur l'état et l'avenir du pont Champlain, qui est utilisé chaque année par près de 60 millions de véhicules, et où transitent annuellement des marchandises totalisant 20 milliards de dollars.

Ces rapports recommandent de construire au plus tôt un nouveau pont, ce qui pourrait prendre de 10 à 15 ans, parce que le pont actuel présente des risques réels d'effondrement. Les rapports cités par La Presse sont maintenant publics et peuvent être consultés sur le site de la société des Ponts Jacques-Cartier et Champlain (www.pjcci.ca).

À Québec, mardi, le ministre des Transports, Sam Hamad, n'a pas exigé de garantie d'Ottawa pour la construction d'un nouveau pont, du moins pour l'instant. Le gouvernement fédéral, a-t-il dit aux journalistes, «nous a assurés qu'il n'y a aucun compromis sur la sécurité du pont». Il a rappelé qu'un programme de réhabilitation a été mis en place pour «allonger sa durée de vie en attendant une décision».

Pour leur part, les députés péquistes Bernard Drainville, de Marie-Victorin, sur la Rive-Sud, et Nicolas Girard, critique en matière de transports, ont demandé au gouvernement Charest de faire pression sur Ottawa.

«Ottawa refuse de s'engager à le construire, aux risques et périls des automobilistes québécois. Par contre, le même gouvernement fédéral est prêt à dépenser 500 millions pour construire la partie américaine d'un nouveau pont Windsor-Detroit. Eux, ce sont de vrais Canadiens. Eux vont avoir droit à l'argent d'Ottawa, puis ils vont avoir un nouveau pont», a tonné M. Drainville.

Le ministre Hamad a rétorqué qu'il comprenait que le député avait déjà décidé: «Lui, ça lui prend un nouveau pont. Il se base sur quoi pour prendre la décision?»

- Avec la collaboration de Tommy Chouinard




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