Le Canada refuse de se mouiller pour interdire le commerce d'espèces menacées

L'ours polaire fait partie des nombreuses espèces animales... (Photo archives La Presse Canadienne)

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L'ours polaire fait partie des nombreuses espèces animales menacées.

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Bob Weber
La Presse Canadienne

Le gouvernement canadien est l'un des plus timides sur la scène internationale lorsque vient le temps de restreindre le commerce des animaux et végétaux menacés d'extinction.

Des documents récemment publiés révèlent que le Canada a enregistré son abstention sur presque toutes les résolutions présentées l'an dernier aux délégués des 180 pays membres de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction.

Lors de leur assemblée générale de mars 2013, à Bangkok, les pays membres ont décidé d'étendre la protection de la convention internationale à 76 plantes et animaux. Le Canada a enregistré son abstention lors de tous ces votes, sauf un, ce qui lui permet en théorie de poursuivre le commerce de ces espèces menacées.

Selon le Fonds international pour la protection des animaux, cette position du Canada est «sans précédent» et «inexplicable». Sheryl Fink ne peut nommer un seul pays qui affiche un tel bilan.

Certaines abstentions canadiennes ont même touché des espèces qui ne font pas du tout l'objet de commerce au pays - comme le lamantin, la mante atlantique ou le bois d'ébène. De leur côté, depuis la création de la Convention, il y a 39 ans, l'Islande, par exemple, a enregistré 22 abstentions, le Japon 18 et le Royaume-Uni huit; les États-Unis ne se sont jamais abstenus.

Le porte-parole d'Environnement Canada, Danny Kingsberry, a indiqué dans un courriel que ces réserves exprimées sont temporaires, et que les restrictions au commerce seront appliquées dès que la réglementation canadienne sera amendée. Mais en vertu du texte de la Convention internationale, une abstention du pays membre constitue «un geste unilatéral» qui lui permet de se soustraire au traité pour ces espèces en particulier.

Selon Mme Fink, le Canada a très bien pu par le passé amender sa réglementation bien avant les 90 jours de délai accordé par la Convention - et certainement avant 20 mois.

Le Canada mène par ailleurs un combat contre l'organisme international au chapitre des ours polaires, mais ses appuis commencent à s'amenuiser. En 2010, lorsque la Convention a songé à interdire le commerce de tout ou parties des ours polaires, l'Union européenne (UE) s'était rangée derrière le Canada. Mais en 2013, certains importants pays européens - dont le Royaume-Uni et l'Allemagne - se sont dits opposés à la chasse aux ours polaires. L'UE était quant à elle restée les bras croisés.

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