Le sud du Québec pourrait connaître un climat semblable à celui de la Pennsylvanie

Le Québec pourrait connaître un climat semblable à... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le Québec pourrait connaître un climat semblable à celui de Pennsylvanie à la fin du présent siècle.

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Le tableau de bord du climat québécois pour le siècle actuel affiche chaud et humide. Et le réchauffement se fera sentir encore plus l'hiver et dans le Nord.

Le sud de la province connaîtra un climat semblable à celui de la Pennsylvanie à la fin du siècle. On peut dire adieu à l'hiver québécois, pour le meilleur et pour le pire. C'est ce qui ressort du rapport Vers l'adaptation: Synthèse des connaissances sur les changements climatiques au Québec, publié hier par le consortium de recherche Ouranos. La Presse a interviewé son directeur, Alain Bourque.

Peut-on observer au Québec les changements climatiques globaux?

R Le climat a déjà commencé à changer: on observe un réchauffement de 1 à 3 degrés Celsius sur la période 1950 à 2011. Plus on est en hiver et plus les changements climatiques sont importants. Et plus on va vers le nord et plus le réchauffement est important. Le réchauffement de 1 degré est observé au sud et celui de 3 degrés, dans les régions nordiques. Il y a plusieurs autres paramètres climatiques qui changent. Le cycle de l'eau est en train de changer. Les apports en eau l'hiver ont tendance à augmenter et les apports en eau l'été ont tendance à diminuer. Le réchauffement climatique est un fait incontestable et le Québec n'est pas épargné.

À quoi peut-on s'attendre pour l'avenir?

R On parle d'un réchauffement total de 2 à 4 degrés Celcius à l'horizon 2050, alors on a fait en gros la moitié du chemin. Et pour la fin du siècle, le réchauffement sera de 4 à 7 degrés. On prévoit encore une fois des différences entre les saisons et les régions: plus c'est froid actuellement et plus ça va changer à l'avenir.

Pour les précipitations, il y aura augmentation partout pour toutes les saisons, sauf pour l'extrême sud, où il y a de l'incertitude et où il pourrait même y avoir une baisse. Et l'augmentation des températures fait augmenter l'évaporation, alors le net pourrait être négatif, même si les précipitations demeurent stables. On a plus de certitude pour les précipitations extrêmes: on anticipe une augmentation de la fréquence de précipitations abondantes sous forme de pluie.

Est-ce qu'il y a une région actuelle où règne actuellement le climat futur du Québec?

R En gros, on aura au Québec le climat de la Pennsylvanie.

On parle de perdre l'hiver québécois, non? Quels impacts concrets cela aura-t-il?

R Perdre l'hiver au Québec, c'est changer toute la dynamique climatique qui influence l'environnement naturel. Il faut réaliser que tout notre environnement bâti, toute notre économie sont conçus en fonction du climat actuel. En Pennsylvanie, ils n'ont pas les mêmes infrastructures qu'ici. Ils ont des activités économiques, en agriculture, en foresterie, en tourisme, qui correspondent à leur climat. Ils n'ont pas les mêmes ravageurs dans les récoltes que nous. Il y aura aussi des impacts sur la santé. On observe déjà une augmentation de la morbidité et de la mortalité à la suite de la chaleur extrême et ça va se poursuivre. On prévoit aussi une intensification des allergies au pollen et de la pollution due aux incendies de forêt.

Que fait-on pour s'adapter?

R On fait déjà des choses, même si c'est encore timide. Par exemple, on stimule les actions pour contrer la chaleur extrême en milieu urbain. Il faut diversifier la végétation pour qu'elle soit moins vulnérable aux changements climatiques. Il y a aussi du travail à faire sur les infrastructures, en fonction de l'augmentation prévue des précipitations extrêmes. Là où il y a le moins d'action, c'est sur les écosystèmes et la biodiversité. C'est une question d'échelle: il faut travailler à la grandeur du territoire et ça prend plus de temps.

Vous avez basé la plupart de vos cartes et de vos tableaux sur le scénario le plus pessimiste, celui du laisser-aller (business as usual ou BAU). Pourquoi?

R On a basé nos figures sur la trajectoire actuelle des émissions de gaz à effet de serre et c'est celle du cours normal des affaires ou BAU. C'est donc le scénario le plus réaliste actuellement. Les émissions de GES s'en vont vers le haut et pas vers le bas et c'est pas mal garanti qui ça va continuer comme ça pour plusieurs années.

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