La campagne de financement anti-oléoducs touche à sa fin

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Même si le montant de 350 000 $ peut sembler colossal, il ne faut surtout pas oublier que les moyens financiers de la multinationale TransCanada sont immenses, insiste Nadeau-Dubois en entrevue avec La Presse Canadienne.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

La campagne de sociofinancement mise sur pied pour contrer les projets d'oléoducs comme celui d'Énergie Est prendra fin «dans les prochains jours», a prévenu son instigateur Gabriel Nadeau-Dubois.

La barre des 350 000 $ en dons a été franchie jeudi en début de journée sur le site «Doublons la mise».

C'est donc dire qu'en l'espace de quelques jours à peine, le montant initial de 25 000 $ qu'avait promis l'ex-leader étudiant a été non pas doublé, mais bien multiplié par 14.

L'initiative de sociofinancement ne sera toutefois pas éternelle: Gabriel Nadeau-Dubois a signalé jeudi qu'elle prendrait fin d'ici quelques jours.

«C'est magnifique. Ça m'a surpris, je ne pensais jamais qu'on allait récolter autant», se réjouit-il.

«C'est un signal très clair envers TransCanada, mais aussi envers le gouvernement du Québec; que les gens veulent que le Québec mette son pied par terre et évalue lui-même le projet et exerce son droit de décider, son droit de souveraineté sur son territoire», estime M. Nadeau-Dubois.

Même si le montant de 350 000 $ peut sembler colossal, il ne faut surtout pas oublier que les moyens financiers de la multinationale TransCanada sont immenses, insiste-t-il en entrevue avec La Presse Canadienne.

L'étudiant à la maîtrise en sociologie recevait jeudi le fameux chèque de 25 000 $ accompagnant le prix littéraire du Gouverneur général qui lui a été décerné pour son essai «Tenir tête».

La veille, il avait livré un discours empreint d'émotion à Rideau Hall, dédiant son ouvrage aux étudiants qui ont milité au sein du mouvement étudiant au printemps 2012 au Québec.

«Ils ont subi beaucoup de mépris, ont subi aussi beaucoup de violence, de la violence policière, et puis ce soir, je pense surtout à ces gens-là», a-t-il réussi à articuler après avoir dû s'interrompre à quelques reprises, incapable de contenir son émotion.

«J'ai été plus émotif que prévu», lance-t-il en riant, jeudi, en attendant le début d'une autre cérémonie, celle-ci au Conseil des arts du Canada, à Ottawa.

Il estime que cela témoigne de la sincérité de sa démarche.

Car il a songé, au départ, à refuser ce prix, au nom de ses convictions.

«Je ne suis pas un «fan» de la monarchie, je pense que c'est une institution vétuste, c'est une institution antidémocratique du passé qui représente aussi les difficultés historiques de la survie du français en Amérique», suggère l'ancien porte-parole étudiant.

C'est en réalisant que le prix n'était pas accordé par le gouverneur général, mais plutôt par le Conseil des arts du Canada, qu'il a changé d'idée.

À l'âge de 24 ans, Gabriel Nadeau-Dubois est ainsi devenu le plus jeune lauréat de l'histoire des prix dans la catégorie Essai.

Une reconnaissance de taille pour celui qui ne se connaissait pas de talent particulier en écriture.

«Je me considérais plus comme un militant. Là, j'ai découvert que mon écriture était appréciée. C'est une belle découverte, et je risque, oui, de me servir de ce prix-là pour continuer à écrire», dit-il.

«Mais je vais commencer par terminer ma maîtrise avant de me remettre à la table à dessin!»

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