Le Canada, «voyou environnemental» à Varsovie

Le président de l'Association québécoise de lutte contre... (PHOTO KACPER PEMPEL, REUTERS)

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Le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique avance que les compagnies de pétrole, de gaz et de charbon ont désormais tellement d'influence sur les gouvernements des États industrialisés que ces derniers «défendent leurs intérêts bien avant de défendre ceux de la population».

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La Presse Canadienne
FRAMPTON

La Conférence de Varsovie sur le Changement climatique laisse certains écologistes sur leur faim et ce, même si un compromis de dernière minute a été trouvé entre les pays participants.

Le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) fait clairement partie du camp des désappointés.

André Bélisle ne s'est pas personnellement rendu en Pologne mais son organisation y avait dépêché trois experts.

Au fur et à mesure qu'il entendait les échos provenant de cette petite délégation, M. Bélisle voyait ses espoirs s'envoler.

Au moment où il a été interviewé par La Presse Canadienne samedi, cet écologiste n'a pas mâché ses mots. «On doit considérer ça comme un échec», a-t-il déclaré.

Il a, ensuite, dénoncé le gouvernement fédéral le taxant d'être devenu «un voyou environnemental».

André Bélisle l'a accusé d'avoir agi «de façon totalement irresponsable» en ne ménageant aucun effort «pour faire dérailler les négociations» et en y allant d'«une obstruction systématique».

Aux yeux de M. Bélisle, il n'y a pas qu'Ottawa qui a choisi d'adopter une position discutable.

D'après lui, il devient de plus en plus clair que les représentants de plusieurs États développés se rendent désormais aux pourparlers sur le dossier des changements climatiques avec une idée bien précise derrière la tête.

Leur intention est, selon le président de l'AQLPA, d'y défendre «les compagnies de pétrole, de gaz et de charbon».

Il avance que ces entreprises ont désormais tellement d'influence sur les gouvernements des États industrialisés que ces derniers «défendent leurs intérêts bien avant de défendre ceux de la population».

André Bélisle s'attend à ce que, dans la foulée de la Conférence, les organisateurs annoncent «quelques avancées... On tentera de nous encourager, de nous endormir», dit-il d'un ton dépité.

L'événement avait débuté officiellement le 11 novembre et il devait se terminer vendredi. Or, les discussions se sont finalement poursuivies samedi.

De toute évidence, ce grand rendez-vous international n'a pas seulement engendré de la déception chez M. Bélisle.

Plusieurs médias ont rapporté qu'environ 800 observateurs de la société civile ont plié bagage, jeudi, pour dénoncer ce qu'ils percevaient comme un blocage dans les négociations.

Les représentants de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique n'ont pas participé à cette action concertée.

André Bélisle a justifié cette décision en disant que contrairement aux organismes environnementaux les plus célèbres, «les groupes moins connus internationalement - comme l'AQLPA - avaient comme mission de rester et de continuer de faire pression en souhaitant pouvoir enregistrer des gains».




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