Des communautés courtisées

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Vue sur le centre-ville de Montréal.

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Ils en parlent en créole ou en mandarin, en arabe ou en espagnol, mais ils parlent tous de la même chose : la campagne électorale.

Qu'est-ce qui préoccupe les différentes communautés culturelles ? Pour qui votent-elles ? La Presse est allée sonder quelques médias « ethniques ».

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Manjeet Singh Atthwal

Photo fournie par Manjeet Singh Atthwal

Manjeet Singh Atthwal

Rédacteur en chef et directeur de l'hebdomadaire Desi Times, destiné à la communauté sud-asiatique de la grande région de Montréal.

Suivez-vous la campagne ? Qu'est-ce qui vous intéresse ?

L'économie, la santé et une société où les chances seraient égales pour tout le monde.

Vous pouvez préciser ?

Présentement, la plupart des emplois disponibles sont refusés aux immigrants. À qualification égale et avec les mêmes capacités linguistiques, ce sont rarement eux qui décrochent les emplois, sauf bien sûr s'il s'agit d'un professionnel de haut niveau, comme un ingénieur ou un physicien. Il y a aussi un énorme manque d'occasions professionnelles pour les allophones dans la fonction publique, tant au niveau provincial que municipal. Il y a un sentiment d'exclusion, qui s'accentue avec le projet de loi 60. Le Parti libéral aurait pu améliorer cette situation. Mais, dans le passé, ils n'ont pas fait beaucoup mieux que le Parti québécois.

Vous faites partie de la communauté sikhe. Ce sont les commentaires que vous entendez autour de vous ?

Oui. Autour de moi, des gens veulent partir. Il y en a même qui ont commencé à vendre leur maison. Je connais une agente immobilière qui brasse pas mal d'affaires par les temps qui courent...

65 000
personnes
Population d'origine sud-asiatique au Québec

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Zeina Karam

Photo fournie par Zeina Karam

Zeina Karam

Animatrice de l'émission d'affaires publiques et de tribunes téléphoniques Overdose à Radio Moyen-Orient, 1450 AM.

Vous animez une émission de tribunes téléphoniques tous les matins. Quel est le son de cloche dans la communauté arabe ?

Je n'ai jamais vu des élections à ce niveau-là où les gens se sentent aussi interpellés. Que ce soit la Charte ou le référendum, il y a des gens qui n'ont jamais voté et qui veulent maintenant le faire pour exprimer leur opinion.

Quelle est cette opinion ?

Le référendum, les gens sont plutôt contre, je dirais à 70 %. Ils se disent : si on est parmi les provinces pauvres et qu'on se sépare, qu'est-ce qui va se passer ? La plupart veulent rester dans le Canada.

Pour la Charte de la laïcité, les gens sont beaucoup plus divisés. Il y a les chrétiens d'un côté, qui l'appuient, et les musulmans de l'autre.

Ça crée des tensions. Des fois, je me sens comme l'arbitre dans un match de hockey. Certaines personnes n'arrivent pas à contrôler leurs émotions, surtout si c'est quelque chose qui touche à la religion. Mais c'est un débat qui doit se faire, parce qu'à un moment donné, il faut nommer les choses. Pourquoi certains ne sentent-ils plus chez eux au Québec ? Est-ce que, avec nos « accommodements raisonnables », on a vraiment envahi les Québécois ? Il faut crever l'abcès une fois pour toutes. Mais de façon civilisée.

Vos auditeurs sont surtout Libanais ?

Pas seulement. Ils viennent aussi de l'Algérie, de la Tunisie, du Maroc, ils sont Syriens, Égyptiens, Arméniens, Kurdes. Il y a toute une panoplie...

170 000
personnes
La population arabophone du Québec compte environ 170 000 personnes.

Yin Ling... (Photo fournie par Yin Ling) - image 6.0

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Yin Ling

Photo fournie par Yin Ling

Yin Ling

Éditrice de l'hebdomadaire sino-montréalais Sept Days.

Vos lecteurs manifestent-ils un intérêt pour cette campagne ?

Oui. Les gens de la communauté chinoise sont très préoccupés par l'élection. Évidemment, ils sont plutôt de tendance libérale. Mais nous venons de publier deux longs articles, l'un sur Jean-Marc Fournier, l'autre sur Fatima Houda-Pepin.

Fatima Houda-Pepin, députée de La Pinière depuis 20 ans, se présente désormais comme indépendante. La circonscription englobe Brossard, où vit une bonne proportion de la communauté chinoise. Ses électeurs la suivront-ils ?

Fatima Houda-Pepin est une amie de longue date de notre communauté. Lorsqu'un membre de la communauté réclamait de l'aide, ou la présence d'un député, elle était là. Mais maintenant, elle n'est plus avec les libéraux. Les gens sont déchirés : doivent-ils voter pour elle, ou pour les libéraux ?

Mme Houda-Pepin a quitté les libéraux à cause d'un désaccord au sujet de la Charte de la laïcité. Est-ce que sa position influencera le choix des électeurs ?

Je ne pense pas que la Charte soit un enjeu pour les gens de la communauté. [...] Par contre, la communauté n'est pas favorable à la séparation du Québec. Nous sommes en faveur d'un Canada uni. 

Croyez-vous que le taux de participation dans votre communauté sera plus élevé pour ces élections ?

Les gens sont mobilisés pour aller voter. [...] Comme le PQ parle de séparation, ça incite les gens à aller voter. C'est une bonne chose pour la communauté, parce que les gens réalisent qu'ils ont le droit de voter.

5539
personnes
Immigration chinoise au Québec (2012) 5539 personnes, soit 10 % du total des immigrants.

Institut de la statistique du Québec




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