PKP: d'ex-ministres libéraux s'estiment floués

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David Whissell

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(Québec) En leur temps, David Whissell et Pierre Arcand, ministres du gouvernement Charest, avaient été cloués au pilori par le Parti québécois (PQ) parce qu'ils détenaient des actions d'entreprises. Pauline Marois était bien moins exigeante, hier, pour son candidat-vedette Pierre Karl Péladeau, actionnaire majoritaire de l'empire médiatique Québecor.

«Mme Marois est une hypocrite!», tonnait hier David Whissell. Détenteur de 20% des actions d'une entreprise d'asphaltage, ABC Rive-Nord, l'ancien député libéral d'Argenteuil avait été forcé de démissionner du Conseil des ministres pour conserver ses actions dans cette entreprise familiale.

«La position du PQ est scandaleuse, selon moi. Mme Marois, c'est la même femme qui m'a attaqué parce que j'avais une entreprise, qui présente aujourd'hui un individu qui pourrait garder une entreprise des milliers de fois plus importante que la mienne.

«Pensez au nombre de transactions que peut avoir Québecor avec l'État. Combien de contrats de gré à gré cet empire peut-il avoir avec l'ensemble des ministères et des sociétés d'État?»

Il avait préféré quitter le Conseil des ministres, puis son poste de député. En 2009, Mme Marois avait soutenu qu'il n'était pas suffisant qu'il quitte le gouvernement: il devait aussi rendre son siège, parce que ses intérêts dans ABC Rive-Nord étaient connus.

«Je crois qu'il serait préférable qu'il continue dans la bonne voie. Il a démissionné [à titre de ministre], il devrait vendre ses parts, avait soutenu la chef péquiste. Tout le monde sait que M. Whissell a des parts dans cette entreprise-là. Et si on fait affaire avec cette entreprise, on sait que c'est M. Whissell qui va en être le bénéficiaire. Alors, la solution qui serait la meilleure serait qu'il n'occupe plus son poste de député», avait affirmé Mme Marois.

Pierre Arcand

Ministre des Relations internationales sous Jean Charest, Pierre Arcand s'est aussi trouvé dans la ligne de mire du PQ. Stéphane Bédard avait donné l'alerte concernant le ministre, qui détenait une position minoritaire dans Metromedia Plus, société spécialisée dans l'affichage. «On ne faisait pas affaire avec le gouvernement, on n'était pas dans la liste. M. Bédard soutenait qu'il est impossible pour un ministre ou sa conjointe de faire affaire avec le gouvernement par une compagnie privée», se rappelle M. Arcand. M. Bédard soutenait à l'époque que le ministre «devrait vendre ses actions dans une période de 60 jours, comme c'était la règle sous Lucien Bouchard, indique M. Arcand. Ils déchiraient leurs chemises là-dessus!»

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Pierre Arcand

Photo: André Pichette, archives La Presse

Dans les débats, le député péquiste soulignait aussi qu'une fiducie sans droit de regard ne fournissait pas les garanties d'indépendance suffisantes, rappelle M. Arcand.

Pauline Marois lui avait administré la même médecine qu'à David Whissell. «Même si c'est dans une fiducie sans droit de regard, le problème, c'est qu'on sait qu'il a 38% de cette firme-là», avait-elle lancé.

Pour Pierre Arcand, il ne fait pas de doute que Pierre Karl Péladeau devrait vendre ses actions de Québecor s'il est élu, à plus forte raison s'il fait partie du gouvernement. «Le commissaire à l'éthique se penchera sur la question, mais il est clair, selon moi, qu'il y a un problème», résume M. Arcand.

Peu après l'élection du Parti libéral, en 2003, l'opposition péquiste avait critiqué le fait que la compagne du ministre Sam Hamad à l'époque était propriétaire d'une entreprise de traiteur bien connue à Québec, Nourcy. L'entreprise s'était vu retirer le droit de vendre sa nourriture aux ministères et organismes, un client important par le passé.

Pour le commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale, Me Jacques Saint-Laurent, le cas de M. Péladeau diffère de celui de l'ex-ministre libéral du Travail, David Whissell. Jean Charest avait forcé ce dernier à choisir entre son poste de ministre et sa participation dans son entreprise familiale.

Le cas de M. Péladeau serait «différent» parce que Québecor est une société publique en Bourse - M. Péladeau détient 28% des actions et 74% des droits de vote.

Contrairement à l'entreprise d'asphaltage privée ABC Rive-Nord, Québecor pourrait donc continuer de faire affaire avec un gouvernement péquiste dans lequel Pierre Karl Péladeau serait ministre, estime le commissaire Saint-Laurent.

- Avec Paul Journet et Tommy Chouinard




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