Marois veut freiner la «financiarisation» de l'agriculture

Après avoir limité l'année dernière la propriété étrangère et la spéculation... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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(Longueuil) Après avoir limité l'année dernière la propriété étrangère et la spéculation des terres agricoles, Pauline Marois veut faire un pas de plus.

Elle veut limiter les activités de sociétés comme Pangea, développée par l'entrepreneur Charles Sirois. Selon ce modèle, une société achète des terres que ne peuvent plus se payer des agriculteurs. On leur loue ensuite, en leur demandant parfois d'utiliser certains produits.

Selon l'Union des producteurs agricoles (UPA), on réduit ainsi les agriculteurs au rôle d'opérateur. Il faudrait maintenir leur statut d'entrepreneur, soutient le président de l'UPA, Marcel Groleau.

Il en a discuté hier avec la chef du Parti québécois (PQ). Lors de leur conférence de presse commune, elle a dit partager les préoccupations du monopole syndical d'agriculteurs. «Il n'y a pas de solution facile», reconnaît Mme Marois. «Nous avons mis sur la table certaines hypothèses qui pourraient nous amener à plafonner les volumes d'hectares qui pourraient être possédés par des fonds, qui ne sont pas des agriculteurs ou des producteurs (...) Notre volonté, c'est de nous assurer que les terres soient la propriété de producteurs, et qu'ils puissent assurer une relève», a-t-elle affirmé.

Québec doit toutefois respecter les accords commerciaux. Mme Marois croit pouvoir trouver des solutions de compromis. Par exemple, pour limiter la spéculation, la loi adoptée par le gouvernement péquiste a limité à 1000 hectares la superficie de terres agricoles pouvant être achetée par un propriétaire étranger. 

Pour éviter que les terres agricoles soient abandonnées ou vendues à l'étranger, le chef libéral Philippe Couillard propose un incitatif fiscal. Il éliminerait l'impôt sur le gain en capital pour les terres agricoles d'un million de dollars vendues à un membre de la famille.

Limiter l'étalement urbain

L'UPA a aussi demandé à Mme Marois de changer la Loi sur la protection du territoire pour mieux protéger les terres agricoles près des zones urbaines.

Des municipalités ont récemment adopté des règlements pour interdire la production agricole, comme Sainte-Séraphine avec la canneberge. «On veut protéger l'encadrement des activités agricoles lorsqu'elles sont faites de façon légitime», a dit M. Groleau.

L'UPA ajoute que construire de nouvelles résidences sur les terres agricoles accélère l'étalement urbain. La communauté urbaine de Montréal a reconnu qu'il fallait renverser cette tendance, qui entraîne notamment des coûts en construction de routes.

Dans les dernières années, les municipalités se font trop souvent une concurrence pour attirer les nouveaux développements immobiliers, déplore l'UPA. Son président plaide pour une vision d'ensemble du développement. 

«Je suis essentiellement d'accord avec ce que vient de dire M. Groleau», a réagi Mme Marois, sans préciser les modifications à la loi qu'elle propose.




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