Qui serait Capitaine Canada?

L'entrée en scène de Pierre Karl Péladeau chamboule la donne politique non... (Photo Reuters et La Presse Canadienne)

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(Ottawa) L'entrée en scène de Pierre Karl Péladeau chamboule la donne politique non seulement au Québec, mais ailleurs au pays. Résultat: les stratèges de tous les partis à Ottawa doivent maintenant consacrer leur énergie à la préparation des élections fédérales en octobre 2015 et la tenue d'un possible référendum... qui pourrait aussi avoir lieu en 2015. Qui sera le champion de l'unité nationale? Une analyse de notre chef de bureau à Ottawa.

La décision de l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau de porter les couleurs du Parti québécois dans la circonscription de Saint-Jérôme provoque une vive commotion dans le reste du Canada.

Alors qu'à Toronto, Calgary ou Halifax on suivait la campagne électorale au Québec de manière distraite, l'entrée en scène de ce magnat de la presse donne de la crédibilité au Parti québécois sur les questions économiques et ramène à l'avant-scène de l'actualité l'avenir de la province au sein de la fédération canadienne.

PKP est-il le nouveau Lucien Bouchard du mouvement souverainiste? Est-il l'homme qui va briser le Canada, comme le demande en une le magazine Maclean's dans sa dernière livraison?

Résultat: on s'interroge à Ottawa pour savoir qui parmi les Stephen Harper, Thomas Mulcair et Justin Trudeau serait le plus apte pour jouer le rôle de «Capitaine Canada» afin de défendre l'unité nationale dans un éventuel référendum sur la souveraineté.

Harper mise sur la décentralisation

Conscient de l'importance de ce scrutin pour l'unité nationale, le premier ministre Stephen Harper a téléphoné à ses homologues provinciaux il y a deux semaines. L'objectif de cet appel: éviter de donner des munitions au Parti québécois en s'engageant dans des débats sur les pouvoirs des provinces ou du gouvernement fédéral. M. Harper s'est tour à tour entretenu avec le chef du NPD Thomas Mulcair et le leader du Parti libéral Justin Trudeau afin d'avoir leur son de cloche.

Dans les rangs conservateurs, on tient pour acquis que Pauline Marois tentera de tenir un référendum rapidement, dans un horizon de 12 mois, si elle remporte une majorité des sièges à l'Assemblée nationale le 7 avril. On croit que le Parti québécois cherchera à tirer profit de l'impopularité de Stephen Harper au Québec et de la faible représentation des conservateurs dans la province pour faire mousser son option. Les résultats du référendum sur l'indépendance de l'Écosse le 18 septembre pourraient aussi influencer le calendrier référendaire au Québec. À six mois de la consultation, le camp du Non jouit d'une bonne avance en Écosse.

Les stratèges conservateurs interrogés par La Presse affirment que le gouvernement Harper détient un atout important dans un éventuel débat référendaire en ce qu'il pratique un fédéralisme décentralisateur depuis son arrivée au pouvoir. Aussi, ils soutiennent qu'il ne faut jamais sous-estimer Stephen Harper, un fin stratège qui a réussi à dérouter tous ses adversaires politiques depuis 2006.

L'expérience référendaire de Mulcair

Chez les néo-démocrates, on croit que le retour du débat sur l'unité nationale pourrait avantager leur chef Thomas Mulcair, en particulier à l'extérieur du Québec. Avant de faire le saut en politique fédérale, M. Mulcair a siégé pendant plusieurs années à l'Assemblée nationale. Il a participé aux deux batailles référendaires précédentes. Il a l'habitude de se frotter aux souverainistes et connaît ainsi leurs forces et leurs faiblesses. Cette expérience pourrait, selon eux, permettre au NPD d'obtenir un vote de confiance des électeurs en Ontario, une province où le dossier de l'unité nationale préoccupe davantage la population qu'ailleurs et où le parti doit absolument faire des gains pour espérer former le prochain gouvernement. «Le NPD est le seul parti qui a réussi à battre les séparatistes au Québec», souligne un stratège du NPD, en faisant allusion à la vague orange de 2011.

Mais M. Mulcair devra quand même ménager la chèvre et le chou dans un éventuel débat référendaire. Car certains députés du NPD au Québec ont jadis milité pour le mouvement souverainiste. Le Parti libéral se fait d'ailleurs un malin plaisir de le rappeler à l'occasion pour attaquer la crédibilité du NPD.

De Trudeau à Chrétien... à Trudeau

Au Parti libéral du Canada, les stratèges prennent soin de rappeler que leur parti a toujours été celui vers lequel les Canadiens se sont tournés lorsque l'unité du pays a été mise en cause. C'était le cas en 1980, quand Pierre Trudeau était premier ministre, et en 1995, quand Jean Chrétien était aux commandes. On croit que le Parti libéral, en tête dans les sondages nationaux depuis l'arrivée de Justin Trudeau, pourrait consolider son avance à 18 mois des prochaines élections fédérales. «Je ne veux pas être machiavélique, mais une victoire du Parti québécois pourrait aider notre cause à Ottawa», affirme un stratège.

Le hic, c'est que Justin Trudeau demeure un leader qui n'a pas encore subi son véritable baptême de feu en ce qu'il n'a pas dirigé ses troupes durant une campagne électorale. Certains s'interrogent aussi sur le jugement du jeune chef libéral en soulignant les bévues qu'il a commises au cours des derniers mois sur la Chine et l'Ukraine.

Un Bloc entre deux chaises

Et le Bloc québécois dans tout cela? Une victoire majoritaire du Parti québécois pourrait donner du tonus à cette formation politique réduite à quatre députés au dernier scrutin. D'un autre côté, le parti est engagé dans une course à la direction qui suscite encore peu d'intérêt et les forces souverainistes pourraient davantage souhaiter préparer le référendum qu'à reconstruire un parti souverainiste sur la scène fédérale.




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