Régime minceur réaliste en éducation?

Le Parti libéral promet d'abolir 500 postes en cinq ans au ministère de... (Photothèque Le Soleil)

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Louise Leduc
La Presse

Le Parti libéral promet d'abolir 500 postes en cinq ans au ministère de l'Éducation, en plus d'éliminer les 120 emplois aux directions régionales. Les autres partis proposent aussi des régimes minceur en éducation. Réalistes, ces coupes?

Le Parti québécois (PQ) envisage des fusions de commissions scolaires. La Coalition avenir Québec (CAQ) veut plutôt les abolir. Le Parti libéral (PLQ), quant à lui, veut s'attaquer au ministère même. Que penser de tout cela?

Tout d'abord, quelques chiffres. En recoupant des statistiques obtenues hier auprès du ministère de l'Éducation - qui ne disposait pas des données précises sur les employés à temps partiel - et celles contenues dans le plus récent rapport de gestion du même ministère, on en arrive à un total d'environ un millier de postes au ministère de l'Éducation et dans les directions régionales. Du nombre, 793 sont à temps plein.

Selon l'économiste Claude Montmarquette, du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), il est certain qu'il faudra se décider à un moment donné. À son avis, on ne peut pas avoir à la fois un gros ministère et des commissions scolaires. «À l'heure actuelle, comme c'est le cas en santé avec le Ministère et les agences, on a à la fois la ceinture et les bretelles. Résultat: il y a des fonctionnaires qui font des choses en double.»

La tendance dans plusieurs pays, selon lui, est à la décentralisation, notamment en Suède où le ministère de l'Éducation ne compte qu'une poignée de fonctionnaires.

Jean-Pierre Proulx, journaliste et professeur à la retraite spécialisé en éducation, fait aussi observer qu'en Grande-Bretagne, la responsabilité des écoles est confiée aux municipalités. En France, ajoute-t-il, les écoles primaires sont gérées par les communes; les écoles secondaires, par l'équivalent de nos directions régionales.

Il est donc possible de décentraliser ailleurs, mais chez nous? Daniel Maltais, professeur à l'École nationale d'administration publique, est loin d'être sûr que ce soit aussi simple que cela - comme en fait foi le fait que ce soit un thème récurrent, d'élection en élection, et que rien ne change de façon manifeste au fil du temps.

«Moins de bureaucratie, personne ne peut être contre. Mais encore faut-il préciser... Est-ce que ce que font ceux et celles qui sont visés par la mesure n'est plus utile? Si c'est le cas, il faut d'abord dire ce qui n'est plus utile. Si ce sont les trop nombreuses règles "bureaucratiques" émanant du Ministère, il faudrait indiquer quelles règles, quelles procédures, voire quels programmes disparaîtront, disparition qui expliquera qu'on n'ait plus besoin d'autant de gens pour les appliquer...»




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