Stratégie électorale: parler ou ne pas parler?

Pauline Marois... (Photo Ryan Remiorz, La Presse Canadienne)

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Pauline Marois

Photo Ryan Remiorz, La Presse Canadienne

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La campagne de Pauline Marois a commencé mercredi, avec une conférence de presse sans période de questions. Cette décision inusitée a provoqué assez de remous pour que la première ministre s'amende hier dans un long point de presse. Oui, Mme Marois se rendra «accessible» aux journalistes. Jusqu'à quel point? Cela reste à voir. Trois spécialistes se prononcent sur la tactique de «l'exposition minimum».

Prudence

Éviter de s'exposer? Cela va de soi, observe Bernard Motulsky, titulaire de la chaire de relations publiques et communication marketing de l'UQAM. «Quand tu mènes dans les sondages, tu as intérêt à faire le moins de vagues possible. Pauline Marois ne peut pas gagner plus de points. L'enjeu pour son parti est de ne pas baisser dans les sondages. Or, chaque fois que tu dis quelque chose, tu es susceptible de donner des munitions à tes adversaires. Ça a marché pour Stephen Harper, pourquoi ça ne marcherait pas pour le PQ?»

Twitter

Cette stratégie est encore plus justifiée à l'heure des médias sociaux, ajoute Luc Dupont, professeur de communication à l'Université d'Ottawa. Plus les canaux se multiplient, plus les risques de dérapage augmentent de façon exponentielle, surtout dans un contexte comme celui-ci. «C'est une nouvelle réalité avec laquelle il faut composer. Aujourd'hui, à partir du moment où quelqu'un l'échappe, ça peut rester longtemps. Une petite nouvelle peut avoir plusieurs vies. Si vous l'avez manquée, vous pouvez aller la revoir autant que vous voulez sur YouTube.»

Danger

Pour Jean Gosselin, stratège en communication, il est clair que la méthode permet de prévenir les coups. Cependant, elle comporte aussi sa part de risques. «C'est un couteau à double tranchant, parce que l'actualité nous rattrape très vite. Ce n'est pas parce qu'on décide de ne pas en parler qu'on n'en parlera pas. S'il y a une controverse autour d'un sujet épineux, les médias et les autres partis vont vouloir l'aborder. Mieux vaut composer avec l'information qu'essayer de la contrôler. Être absent des conversations, c'est risquer de se retrouver avec des reportages tronqués.»

Suspect

Luc Dupont serait très surpris que le PQ maintienne cette stratégie sur la durée. Car elle entretient, selon lui, «l'idée que vous avez quelque chose à cacher». Or, dans une campagne électorale «où l'on tire des conclusions très vite», ce genre de méthode peut facilement se retourner contre soi. «Si le gouvernement refuse de commenter, ça peut être contreproductif parce que le public va se poser des questions, ajoute Jean Gosselin. Le fait de ne pas parler est une nouvelle et les médias deviennent un adversaire supplémentaire.»




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