Sondage: «On n'est pas au neutre», se défend Jean Charest

Jean Charest... (Photo La Presse Canadienne)

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Jean Charest

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Jean Charest défend sa stratégie de campagne et se déchaîne contre ses adversaires, en particulier le « gauchiste » François Legault, au moment où un sondage CROP-La Presse place le Parti québécois en tête dans les intentions de vote.

> Notre sondage CROP-La Presse

Si le chef libéral a voulu frapper un grand coup le jour du déclenchement des élections il y a un peu plus d'une semaine, sa caravane tourne depuis plutôt au ralenti chaque jour: une conférence de presse en matinée, une visite d'entreprise en après-midi, un événement militant en soirée. Les sorties de M. Charest sont très encadrées. Il n'a fait qu'un bain de foule, et encore: il a croisé des élèves en vacances au Centre des sciences de Montréal.

Ce plan de match du PLQ tranche avec celui des élections de 2003, 2007 et 2008.

« On n'est pas au neutre », s'est défendu Jean Charest en conférence de presse à Val-d'Or, vendredi. Il a cependant reconnu que le rythme de sa campagne n'est pas celui des élections précédentes. « On est aussi à une période de l'année où il faut adapter la campagne au contexte de l'année. C'est ce que nous faisons. (...) La campagne s'adapte au contexte où nous sommes», a-t-il plaidé. Il a laissé entendre qu'il en est ainsi parce que bien des Québécois sont toujours en vacances ou encore peu attentifs pour le moment. « Il y a tout ça », a-t-il dit.

Jean Charest a cherché à répondre aux questions sur sa propre stratégie de campagne en attaquant ses adversaires. « Depuis le début de la campagne, on est à peu près les seuls à parler d'emplois et d'économie. M. Legault est au casino avec l'argent des contribuables. Celui qui devait faire le ménage et passer le balai est en train d'écrire des chèques à tout le monde pendant la campagne », a-t-il tonné.

« Les anciens adéquistes doivent être assez déçus d'apprendre que le gauchiste François Legault a décidé qu'il allait dépenser l'argent avant même qu'on arrive à l'équilibre budgétaire. (...) On a un problème de comptable qui ne sait pas compter.» Il chiffre les engagements de la CAQ à 4,6 milliards de dollars, comparativement à 400 millions pour les siens.

Contre Pauline Marois, il a agité le spectre référendaire. « Elle a dit qu'elle veut faire un référendum dans un premiermandat. Elle dit: si je peux, je vais en faire un. Les Québécois doivent en tenir compte. Est-ce qu'on veut l'instabilité ? Dieu du ciel, on as-tu besoin de ça au Québec? C'est la dernière chose qu'on a besoin », a-t-il lancé.

Selon un sondage CROP-La Presse, si des élections avaient eu lieu cette semaine, le Parti québécois aurait récolté 32% des suffrages, contre 29% pour le Parti libéral (PLQ) et 21% pour la Coalition avenir Québec. Dans l'électorat francophone, qui décide du sort de la majorité des circonscriptions, le PLQ est troisième, avec 22%.

Un autre sondage Léger Marketing, paru dans Le Devoir, situait l'appui à la CAQ à 27%, un score beaucoup plus élevé que celui de CROP.

Depuis trois jours, Pauline Marois a intensifié ses attaques contre le chef caquiste, François Legault. Elle l'accuse de « manquer de rigueur ».

La CAQ «promet toutes sortes de choses non réalisables avec de l'argent Monopoly», accuse-t-elle. Il a trouvé « un arbre où pousse l'argent », ironise-t-elle.

La chef du Parti québécois rappelle que son ancien collègue s'opposait à la baisse d'impôt du gouvernement Charest en 2007. Et que ce printemps, il proposait d'assainir les finances publiques avant de considérer des baisses d'impôt. Or, au début de la campagne, M. Legault a proposé de diminuer l'impôt de la classe moyenne de 1000$ d'ici cinq ans. « C'est broche à foin », dit Mme Marois.

L'hiver dernier, la CAQ s'opposait à l'abolition de la taxe santé. Elle a depuis repris cette proposition du PQ. « Mais on ne sait pas quand ni comment (la CAQ) parviendrait à l'abolir », dit-elle.

Legault flatté des critiques

Ciblé par les tirs croisés de ses adversaires, François Legault a esquissé un sourire lorsque sa caravane est arrivée à Nicolet, vendredi midi.

« C'est bon signe », a-t-il été affirmé lorsque questionné sur les critiques de Jean Charest et de Pauline Marois.

Le chef caquiste se dit prêt à répondre « une à une » à chaque attaque de ses rivaux. Il se présente comme le seul à être capable de faire le « grand ménage » qui permettra de financer ses promesses électorales, qu'il chiffre d'ailleurs à 2,8 milliards jusqu'ici.

La CAQ souhaite abolir les commissions scolaires et les agences de santé, et en coupant 4000 postes chez Hydro-Québec. Il accuse le PLQ et le PQ d'être trop proches des milieux patronaux et syndicaux pour atteindre un objectif aussi ambitieux.

« Ni M. Charest, ni Mme Marois sont capables de faire ça, a-t-il dit. Je les comprends d'être frustrés de ne pas pouvoir annoncer des baisses d'impôt et des services directs à la population. »

Plus tôt, à Saint-Célestin, dans le Centre-du-Québec, le chef caquiste avait réagi avec prudence au sondage CROP paru dans La Presse et à celui de Léger Marketing publié dans Le Devoir. Les deux enquêtes accordaient respectivement 21% et 27% d'intentions de vote à sa formation.

« Il y a eu deux sondages qui ont des résultats très différents, a observé M. Legault. Par contre, il semble y avoir un effet. Ce qui est important, c'est que les gens connaissent notre programme et votent en tout état de cause le 4 septembre. »

Bien qu'il ait été attaqué de front par Jean Charest en matinée, le chef caquiste a réservé ses critiques les plus acerbes pour Pauline Marois, dont le Parti québécois arrive en tête dans les deux sondages parus vendredi matin.

Il a prévenu que l'élection du PQ le 4 septembre provoquera « cinq années de turbulence ». À ses yeux, les Québécois ont d'autres chats à fouetter.

« Il faut sortir du déni, la population n'est pas là, a-t-il déclaré. Ce n'est pas la priorité des Québécois. Les Québécois, ce qu'ils souhaitent, c'est qu'on fasse le ménage pour se débarrasser de la corruption et de la bureaucratie, qu'on investisse dans nos écoles, qu'on relance l'économie du Québec. C'est ça, selon moi, qui rejoint le plus la réalité de la population. »

Plus tôt cette semaine, François Legault, un ancien ministre péquiste, a révélé qu'il voterait « non » à un référendum sur l'indépendance.

Satisfaction à Québec solidaire

Quant à Québec solidaire, les deux porte-parole se sont réjouis de voir leurs appuis estimés à 15% dans la métropole.

«Pour ce qui est de l'île de Montréal, on en est ravis. Ça confirme ce que nous observons sur le terrain dans plusieurs circonscriptions», s'est réjoui François David, porte-parole de la formation politique.

«Dans Hochelaga-Maisonneuve, Sainte-Marie-Saint-Jacques et Gouin, on peut même gagner. Peut-être que si les choses évoluent, on pourrait gagner aussi Rosemont et Outremont», a ajouté Amir Khadir.

Les deux porte-parole ont reconnu que les chances de faire élire un député de Québec solidaire ailleurs dans la province sont assez minces. «Tout arbre solide, ça pousse d'abord quelque part», s'est défendu M. Khadir.

- Avec Philippe Teisceira-Lessard




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