Trêve électorale: la CLASSE rejette l'appel de Bureau-Blouin

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

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Léo Bureau-Blouin

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Paul Journet
La Presse

(Laval) La CLASSE rejette l'appel à la trêve du candidat du Parti québécois dans Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin. La FEUQ et la FECQ restent quant à elles «neutres». Les trois associations se disent toutefois intéressées par l'idée du sommet péquiste sur l'éducation supérieure, tout en partageant certaines inquiétudes.

Léo Bureau-Blouin dit ne pas vouloir s'ingérer dans la démocratie étudiante, mais il a néanmoins exprimé un souhait: que les étudiants «envisagent une trêve électorale».

> En vidéo: l'analyse de Josée Legault et Dennis Trudeau

La CLASSE croit qu'il aurait dû garder le silence. Son co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a été cinglant. «On a toujours un malaise quand des gens de l'extérieur du mouvement se permettent de s'ingérer dans le débat étudiant pour donner des consignes», a-t-il réagi.

M. Bureau-Blouin, ex-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), donnait une conférence de presse ce matin avec sa chef, Pauline Marois.

Alors que la rentrée approche, les étudiants décideront s'ils reconduisent la grève. Le premier vote se déroulera le 7 août au cégep Marie-Victorin. Lorsque la loi spéciale a suspendu les sessions, les membres de la CLASSE étaient encore en grève. Comme personne n'a voté pour y mettre fin, ces mandats restent en vigueur. La CLASSE continue donc de les défendre. Mais elle ne donnera pas de consigne lors des votes à venir dans chaque association membre.

Mme Marois et M. Bureau-Blouin ont laissé entendre que la reconduction de la grève durant la campagne électorale, alors qu'il n'y a pas de négociations, pourrait aider le Parti libéral, qui veut entre autres faire du vote un référendum sur le conflit étudiant.

M. Nadeau-Dubois n'en est pas si certain. «On pourrait renverser cet argument, explique-t-il. Les citoyens pourraient aussi croire que les libéraux stimulent le désordre et que leur élection n'arrangera donc rien. C'est difficile à dire, il y a environ 40% d'indécis parmi les électeurs et la campagne commence. Rien n'est joué.»

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Léo Bureau-Blouin et Pauline Marois.

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Trêve: la FEUQ et la FECQ restent neutre

La FEUQ se dit «neutre» face à une trêve électorale. «Nous voulons laisser nos membres se prononcer en assemblée générale», a indiqué sa présidente, Martine Desjardins. Même position pour Éliane Laberge, président de la FECQ. Elle dit tout de même espérer que les étudiants «prennent en considération tous les éléments du contexte actuel» avant de voter, incluant le fait que les libéraux essaieraient de se faire du «capital politique» avec le conflit.

Mme Desjardins rappelle par ailleurs que les universitaires reprendront les cours après les cégépiens. Le retour en classe des universités sera à la fin août. Elle se dit toutefois «prudente», car elle craint de «donner des munitions aux libéraux». S'il y a des manifestations avec des arrestations ou de la violence, ça risque de les aider», estime-t-elle.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, dit depuis le début de la semaine que les étudiants doivent rentrer en classe dans l'ordre. Mais il n'accorde aucune crédibilité à l'appel à la trêve lancé par le Parti québécois.

«À moins que j'aie mal vu, j'ai vu Mme Marois dans la rue, en train d'encourager les manifestations, a-t-il raillé. Aujourd'hui, c'est le même parti qui vient dire 'arrêtez les manifestations'.»

Droits de scolarité: le PQ propose un sommet

Le PQ a rappelé sa position en matière de droits de scolarité: dans les 100 jours suivant son accession au pouvoir, le PQ annulerait la loi spéciale ainsi que la hausse des droits de scolarité. Il y aurait ensuite un sommet sur le financement des universités, qui se pencherait sur les droits de scolarité, la gestion des universités, l'aide financière, le remboursement de la dette des étudiants et le logement étudiant.

Ce sommet serait composé à parts égales de représentants des étudiants, du gouvernement et de la «société civile», notamment de représentants des syndicats et du patronat.

La hausse maximale envisagée serait l'indexation au coût de la vie. M. Bureau-Blouin assure qu'il continuera de défendre sa propre position, soit le gel des droits de scolarité. «Les convictions que j'avais, je les ai encore», a-t-il dit. Il promet de les porter, mais aussi d'être «à l'écoute», et «non dogmatique».

Sommet: la FEUQ d'accord, la CLASSE inquiète

La CLASSE est satisfaite que le PQ veuille abolir la hausse des droits de scolarité et la loi spéciale. Et elle ne s'oppose pas au sommet. «Si cela permet de discuter en profondeur (des études supérieures), c'est une très bonne idée», pense M. Nadeau-Dubois. Mais il s'inquiète de la possibilité que les droits de scolarité soient indexés. Et il s'inquiète de la composition des participants. Il voudrait que la «communauté universitaire» (étudiant, professeurs et chargés de cours, personnel de soutien) compose la moitié des membres. Il faudrait donc que ces groupes soient largement représentés dans la «société civile» dont parle Mme Marois.

La FEUQ et la FECQ accueillent aussi favorablement le principe d'un sommet. Tout en se disant vigilante, sa présidente Mme Desjardins est satisfaite qu'on ne prévoit pas seulement y parler des droits de scolarité, mais aussi de la gestion des universités, comme leurs dépenses publicitaires et les campus satellites. «Il faudra qu'on parle de faire collaborer les universités au lieu de les mettre en compétition», annonce-t-elle. Elle prévient que le sommet devra ratisser large et durer assez longtemps. «Un sommet qui dure seulement un jour, on ne pourrait pas être d'accord avec ça», lance-t-elle.

La FEUQ est toutefois préoccupée que le PQ songe à l'indexation. «Ça nous intrigue, dit Mme Desjardins. (Ce plafond) n'a pas été voté à leur dernier congrès et n'est pas basé sur une évaluation.» «L'indexation, ce n'est évidemment pas ce qu'on propose», ajoute Mme Laberge.

En soirée à Montréal, Jean Charest a affirmé que Pauline Marois «goûte à sa propre médecine», celle de «l'intransigeance», puisque «même ceux qu'elle a appuyés refusent ses solutions».

«Qu'est ce qui se cache derrière sa politique ? a-t-il demandé. Si elle dit qu'elle annule notre politique, l'argent viendra de quel endroit ? Qui va payer la facture ? La classe moyenne? Oui, Pauline Marois croit beaucoup à la classe moyenne, elle pense que c'est une machine bancaire qui doit payer et payer.»

Où va l'argent? demande Marois

Mme Marois a rappelé que Québec investit annuellement 29 242$ par étudiant. C'est plus que l'Ontario (26 383$) et que la moyenne canadienne (28 735$). «Où va cet argent ?», se demande-t-elle. Elle calcule que les universités ont dépensé 1 million de dollars en «parachutes dorés» depuis deux ans et 56 millions pour leurs campus satellites, par lesquels elles se concurrencent.

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) estime que c'est justement parce qu'elle peut difficilement réduire davantage ses dépenses que son financement doit être augmenté.

Le 5 mai dernier, les leaders étudiants et le gouvernement avaient conclu une entente de principe. On y prévoyait que si les universités dégageaient des économies de gestion, elles seraient utilisées pour réduire les frais afférents. Mais avant que les associations ne soumettent l'entente au vote, M. Charest s'était montré sceptique quant à la possibilité de réaliser de telles économies. «J'ai lu l'entente de principe, les économies ne sont pas automatiques... On espère que le comité pourra identifier des économies, mais ce n'est pas automatique», avait-il déclaré.

-- Avec Martin Croteau et Tommy Chouinard

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