Les libéraux bien en selle

Pauline Marois pensait avoir rétréci l'écart avec les libéraux de Jean Charest,... (Photo La Presse Canadienne)

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Pauline Marois pensait avoir rétréci l'écart avec les libéraux de Jean Charest, mais ce n'est pas le cas s'il faut en croire le dernier sondage CROP-La Presse. Au contraire, l'avance des libéraux sur le PQ atteint désormais 16 points, la plus forte pour le parti de Jean Charest depuis un an.

Si des élections avaient eu lieu cette semaine, le PLQ aurait obtenu 45% des suffrages, contre 29% au PQ et 15% à l'ADQ. Québec solidaire décroche 5% et le Parti vert 6% quand on répartit proportionnellement les 15% d'indécis. L'enquête, réalisée pour La Presse auprès de 1001 personnes du 28 novembre au 3 décembre, est précise à 3 points de pourcentage près 19 fois sur 20.

Une fort mauvaise nouvelle pour Pauline Marois: le PQ récolte 8 points de moins que la souveraineté du Québec, un constat qui apportera de l'eau au moulin de l'aile orthodoxe du parti, déçue qu'elle ait mis la souveraineté sous le boisseau.

Les données du sondage

- Tableaux statistiques

- Rapport de sondage

- Évolution politique

 

La chef péquiste, avec 29%, ferait tout juste un point de plus qu'André Boisclair en 2007. En 2003, Bernard Landry avait récolté 33% des suffrages. En revanche, le PQ devrait être en mesure de reconquérir le statut d'opposition officielle qui avait échappé à André Boisclair.

Le verdict est aussi très dur à l'endroit du leadership de Mme Marois, qui enregistre sa pire performance personnelle depuis son retour en politique. Si Jean Charest reste le choix de 43% des répondants comme «meilleur premier ministre», Pauline Marois a la confiance de 24% des électeurs. C'est pour elle un recul de 3 % sur la précédente enquête, mais surtout, c'est son plus faible résultat depuis qu'elle a remplacé André Boisclair en juin 2007. Mario Dumont arrive troisième avec 13% des répondants.

Les pires cauchemars de Mario Dumont semblent en voie de se réaliser. Avec 15 %, l'ADQ est susceptible d'obtenir moins de cinq députés, et est clairement en deçà du 20 % des voix nécessaires pour obtenir le statut de parti reconnu à l'Assemblée nationale.

Deux constats s'imposent pour Claude Gauthier, le vice-président de CROP. Jean Charest a fait mouche quand il a ciblé l'économie et la stabilité comme axes de sa campagne électorale. Après 31 jours de campagne, rien n'a réellement bougé dans les positions respectives des partis, observe-t-il. Même si Pauline Marois et Mario Dumont ont fait une meilleure performance que Jean Charest au débat télévisé, on n'en retrouve aucune trace dans les sondages. Au surplus la zizanie survenue à Ottawa, la partie de souque à la corde entre Stephen Harper et un gouvernement de coalition a exacerbé le désir des électeurs d'avoir le gouvernement stable que promet Jean Charest, observe Gauthier. Les résultats démontrent qu'avec la crise aux Communes, la campagne québécoise est tout simplement passée sous le radar.

Le seul impact de la campagne s'observe selon lui avec la baisse de la satisfaction à l'endroit du gouvernement, passée de 51 à 48 % depuis deux semaines. En un mois, la satisfaction à l'endroit du gouvernement a baissé de 11 points, résultat des attaques quotidiennes du PQ et de l'ADQ, évalue Claude Gauthier.

Cette chute n'a pas eu d'impact sur l'intention de vote. À 45% le PLQ est au même niveau qu'à la veille du débat des chefs. Le PQ a baissé de 3 points, passant de 32 à 29%. L'ADQ a grimpé d'autant, à 15%.

Proche de 2003

La répartition en sièges de ces résultats est toujours difficile. Mais les scores obtenus ressemblent à ceux des élections de 2003, observe le spécialiste. Les libéraux avaient décroché la majorité avec 76 sièges, contre 45 au Parti québécois et une maigre récolte de quatre élus pour l'ADQ.

Chez les francophones, l'ADQ remonte de 3 points depuis deux semaines, passant de 14 à 17%. Le PQ cède 3 points, à 36%, ce qui le laisse à égalité avec le PLQ à 35%.

Les résultats par région sont moins précis, établis sur de plus petits échantillons. Néanmoins, CROP observe que dans la région de Montréal les libéraux sont en avance, avec 49% des intentions de vote contre 27% au PQ et 10% à l'ADQ. Mais si on observe le vote dans le 450, on constate que la lutte est plus serrée entre libéraux et péquistes, à 39% contre 34%. L'ADQ, qui avait fait élire plusieurs députés dans le 450, ne récolte plus que 15% des intentions de vote. Dans la région de Québec, les libéraux dominent, avec 37%, une baisse toutefois de 5 points sur leur précédent score. L'ADQ a fait un bond passant de 21 à 29%, tandis que le PQ piétine en troisième place à 23%.

Ailleurs au Québec, les libéraux sont en avance avec 43% des intentions de vote, 10 points de plus que le PQ qui, à 33%, a baissé de 3 points. L'ADQ récolte 17%.

Désormais 70% des gens estiment que leur choix est définitif, une proportion plus grande qu'en 2007 - le sondage précédant le vote avait alors observé que 63 % des gens disaient avoir fait leur lit.

Mauvaise nouvelle pour Mario Dumont: seulement 53% des électeurs adéquistes de 2007 ont l'intention de maintenir leur choix. Les électeurs libéraux maintiennent massivement leur vote à 90%. L'appui au PQ est plus volatil, 73% des appuis de 2007 seront encore là lundi.

Finalement, 73 % des électeurs se disent «certains d'aller voter» - un niveau proche de la participation aux dernières élections provinciales. Désormais 45% des gens se disent «très ou assez» intéressés par la campagne électorale, un niveau comparable aux 50% de 2003, mais bien moins que les 58% de la campagne de 2007, «avec la montée de l'ADQ, les gens sentaient qu'il se passait quelque chose, ce n'est pas le cas cette fois-ci», résume Claude Gauthier.




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