L'AMF a Bibiane Bovet à l'oeil

L'entreprise dont Bibiane Bovet se réclame, DGT Mutual,... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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L'entreprise dont Bibiane Bovet se réclame, DGT Mutual, n'a pas d'existance légale au QUébec. La lettre envoyée à des inverstisseurs potentiels est signée Claudine Bovet, l'un de ses nombreux pseudonymes.

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Un jour après avoir admis avoir été escorte jusqu'en juin 2012, la candidate Bibiane Bovet est de nouveau sur la sellette: les agents de l'Autorité des marchés financiers (AMF) scrutent actuellement une lettre dans laquelle elle sollicite des investissements de plusieurs dizaines de milliers de dollars, a appris La Presse.

Les fonds - 150 000 euros - serviraient à créer une nouvelle devise monétaire, l'un des grands projets de Mme Bovet. L'entreprise dont elle se réclame, DGT Mutual, n'a pas d'existence légale au Québec. La lettre est signée Claudine Bovet, l'un de ses nombreux pseudonymes.

«L'Autorité a pris connaissance de la lettre aux investisseurs que l'on trouve sur www.dgtmutual.com et, sans présumer de quoi que ce soit, il y a des éléments dans cette lettre qui justifient d'examiner le dossier. C'est ce que nous allons faire», a indiqué Sylvain Théberge, porte-parole de l'AMF.

«Ça a été porté aux équipes qui regardent le financement des sociétés. À la lumière de son analyse, elle jugera ce qu'il y a à faire», a-t-il ajouté.

Après la conférence de presse d'hier, Mme Joly n'a pas répondu aux questions de La Presse sur cet élément précis. Son porte-parole, Frédéric Lepage, a indiqué que la formation politique n'était «pas inquiète» de voir l'AMF faire des vérifications supplémentaires parce que ces projets d'entreprises ne touchent pas sa candidature municipale.

Nouvelle devise

Le projet qui y est présenté sort de l'ordinaire. Bibiane Bovet propose de créer une nouvelle monnaie «entièrement sous [le] contrôle [de l'entreprise]» afin de faciliter les échanges commerciaux. «À juste titre, nous percevrons 10% sur chaque transaction», indique la lettre.

Cet élément a surpris Pierre Chaigneau, un professeur de finances des HEC interrogé par La Presse. «Les frais perçus par l'entreprise en projet semblent très élevés», a-t-il évalué.

Au-delà de cet élément, il doute aussi de la validité de l'ensemble du projet. «L'utilisation de la «devise complémentaire» n'est pas justifiée, a-t-il indiqué. Est-ce pour faire des transactions qui échappent à l'impôt? Rien ne permet bien sûr de l'affirmer sur la base de cette lettre, mais l'utilisation d'une «devise complémentaire» suscite ce type de questions.»

«Machine à pouvoir»

Selon Bibiane Bovet, son projet est simplement mal compris par les économistes et les gens d'affaires. «C'est une machine à pouvoir, ce truc», a-t-elle assuré en entrevue avec La Presse.

Mme Bovet a ajouté que lors d'une récente rencontre d'affaires avec un leader autochtone, elle lui a garanti qu'avec son entreprise, «à l'intérieur de 100 ans, vous recouvrez votre pays, votre territoire, parce que vous allez être des héros. Vous allez pouvoir financer n'importe quelle entreprise à 0% d'intérêt, vous allez pouvoir éliminer les impôts, offrir la solution à tous les gouvernements.»

Des discussions seraient en cours «avec la Banque européenne, la Banque postale dans le sud de la France, la Caisse de Nice», a-t-elle dit.

Sur différents sites internet et en personne, Bibiane Bovet se présente comme une «ingénieure financière», une «gestionnaire de fonds d'investissement» ou une «psychoanalyste culturelle». Elle affirme avoir accompli la majorité des cours d'un baccalauréat en mathématique à l'Université Concordia.

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