Richard Bergeron: «ils sont tellement pense-petit»

Richard Bergeron... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Richard Bergeron

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Avant d'être l'homme du tramway, Richard Bergeron se décrit comme celui de l'«ambition pour Montréal», le maire qui voudrait freiner le déclin de la métropole et lui «réapprendre à faire».

En entrevue éditoriale à La Presse, le chef de Projet Montréal s'enflamme quand on le décrit comme le politicien d'une seule idée, ce réseau de 15 km de tramway qu'il promet pour 2017 au coût de 1 milliard.

«Ce sont mes opposants qui ont répandu cette idée que, comme je défendais le tramway, j'étais contre les autres modes, dit le candidat à la mairie. Je n'ai jamais parlé contre l'autobus, le métro ou le SRB. Ça fait partie du coffre à outils de ceux qui pensent la ville. Je suis quand même un expert des questions de transports. Il se trouve que je suis urbaniste, je suis quand même dans mes terres.»

Mais il y tient, à ce fameux tramway qui permettrait de «monter d'un cran» le réseau des transports collectifs. Qu'il soit le seul à être convaincu de sa faisabilité ne le démonte pas. «J'ose dire que le meilleur expert de ces choses-là au Québec, c'est quand même moi. Ça fait 14 ans que je travaille là-dessus. J'en ai travaillé un coup.»

Trois raisons pourraient l'empêcher de concrétiser son projet: que Québec décrète qu'il ne relève pas de la Ville, qu'il bloque le règlement d'emprunt d'environ 750 millions et qu'une levée de boucliers citoyenne tue le projet.

«Zéro réaction» de la population

S'il est élu maire, il ira cogner à la porte de Québec et ne se contentera pas d'un non poli. «Si le gouvernement dit qu'il manque d'argent, je vais lui répondre: ''Ce n'est pas vrai. Tu me racontes des blagues.»" «Le projet Turcot est passé de 800 millions à 3,7 milliards. C'est la déraison absolue. Le gouvernement fédéral annonce un pont à 5 milliards. Un pont à 5 milliards, ça n'existe nulle part sur la planète.»

Cette inflation galopante des projets routiers, il l'attribue à des «calculs politiques à courte vue», pour plaire aux banlieusards. «Si tu annonces 1 milliard aux automobilistes, ils vont être contents. Si tu annonces 3, ils vont être encore plus contents. Si tu en annonces 3,7 milliards, alors là, ils vont être aux anges.»

Entendre les hauts cris de ceux qui dénoncent le coût du tramway le hérisse. Il s'insurge contre le fait que l'argent mis dans la réfection routière soit automatiquement perçu comme «du développement économique». «Tout le monde est tombé dans ce piège-là. On fait passer le prix de Turcot de 800 millions à 3,7 milliards, zéro réaction. Mais dès que je parle d'investir dans le transport collectif, tout le monde est à fleur de peau. Personne ne réagit devant des choses si déraisonnables, et tout le monde met en doute des choses fort raisonnables que j'avance.»

Ses rivaux, des «pense-petit»

Si Montréal a réussi à construire tout son réseau de métro en quatre ans à partir de 1962, il estime possible de se doter d'un tramway d'ici 2017. «Il faut réapprendre à faire, il faut arrêter d'étudier [...] On a déjà su faire, et bien faire. Quatre ans, c'est amplement suffisant. Alain Juppé n'a mis que quatre ans pour le faire à Bordeaux. Les études sont faites, c'est très avancé, la configuration, tout ça est fait.»

Il dénonce du même coup le manque d'ambition de ses trois principaux adversaires, qui se contentent selon lui de mesures timides pour contrer l'exode de 22 000 personnes par année vers la banlieue. «Ils nous disent que Montréal est petit, pauvre, sans avenir. On veut retenir les familles, on parle de bonifier les programmes. Ça ne suffit pas, il faut créer de nouveaux quartiers. Ils sont tellement pense-petit, ils ont tellement peur de l'avenir.»

Ce qu'il a dit...

SUR DENIS CODERRE

« C'est mon antithèse. Il n'y a pas deux personnes plus différentes que moi et Denis Coderre. Il n'y a pas un mot qui sorte de sa bouche qui ne soit pas l'exact contraire de ce que je dirais. Moi, je ne suis toujours pas un politicien de métier, alors que Denis Coderre n'a fait que ça toute sa vie. Il connaît des recettes et il les applique. »

SUR SON AVENIR POLITIQUE

S'il est battu à la mairie, va-t-il accepter de siéger encore quatre ans dans l'opposition ?

« Je ne réponds pas à cette question. Je vais gagner cette élection [...] On a toutes les raisons d'être enthousiastes, et d'avoir confiance qu'on va remporter la prochaine élection. »

SUR LE MÉTRO DE MONTRÉAL

« J'ai une affection et une admiration pour le métro, et tous ceux qui m'accompagnent ont droit à une description en long et en large de la station dans laquelle on se trouve. J'attire leur attention sur chaque détail, sur chaque faute, sur chaque chose qui m'est douloureuse. Vous ne pouvez pas imaginer le niveau d'affection et même de dévotion que j'ai envers le métro de Montréal. »

SUR LE DÉCLIN DE MONTRÉAL

« Il y a un lent déclin, qui graduellement amène Montréal à être un gros Milwaukee [...], une grosse ville un peu banale. Vous ne pouvez pas, année après année, extraire de la ville ses classes moyennes. C'est 22 000 personnes par année. Les besoins sont de plus en plus grands, à cause de cet appauvrissement, et les entrées d'argent de plus en plus limitées. Je propose de remplacer ce cercle vicieux par un cercle vertueux. »

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