Le NPD solidaire envers son chef dans la défaite

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Le chef du NPD, Thomas Mulcair, lors de la soirée électorale de lundi.

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Élections fédérales
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Le 19 octobre 2015, un gouvernement libéral majoritaire dirigé par Justin Trudeau a été élu. »

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA

La présidente et la directrice nationale du Nouveau Parti démocratique le répètent: Thomas Mulcair est là pour rester.

«M. Mulcair demeurera chef du NPD et il a l'appui de tous ses collègues et tous les membres du parti», a tranché Anne McGrath, directrice nationale du parti, lors d'un court point de presse à Ottawa, mercredi après-midi.

En effet, les troupes néo-démocrates sont loin de préparer un putsch. Au Québec comme ailleurs, les candidats gagnants comme les perdants ne jettent pas la première pierre à leur chef pour les résultats de lundi.

Les analystes sont moins tendres avec le chef du NPD mais soulignent que ce parti a l'habitude de donner une deuxième - et parfois une troisième et même une quatrième - chance à son leader.

À l'heure des bilans, la présidente du NPD, Rebecca Blaikie, s'accroche au fait que c'est seulement en 2011 que le parti a fait mieux que cette fois.

«Je ne peux pas le décider pour lui. Tout ce que je sais, c'est qu'on est tous fiers de lui et on espère qu'il reste là. C'est un bon chef. Il a mené une excellente campagne puis il vient de nous donner notre deuxième meilleur résultat dans l'histoire de notre parti», a dit Mme Blaikie en entrevue téléphonique, mercredi.

«Au Québec, on a quand même des députés dans chacune des régions. C'est un caucus très, très fort, les 16 qui ont été élus au Québec. (...) C'est exactement le genre de personnes avec qui on va pouvoir reconstruire et gagner plus de sièges la prochaine fois», s'est-elle enthousiasmée.

Un de ces élus est Robert Aubin, arrivé à Trois-Rivières dans la vague de 2011 et qui a conservé son siège grâce à 969 votes de plus que le candidat libéral.

Quand on lui demande à qui il attribue la responsabilité du mauvais résultat de lundi, il répond qu'il veut d'abord que son parti fasse le bilan de la campagne électorale. «On verra à qui on doit faire porter chacun des chapeaux. Mais pour l'instant, je ne pense pas qu'il faille absolument mettre sur les épaules du chef le résultat de la campagne électorale et le résultat de la soirée électorale», a-t-il dit, joint à Trois-Rivières par téléphone.

M. Aubin estime que c'est à M. Mulcair de décider de son avenir. «Il a déjà annoncé qu'il souhaitait rester. Et pour l'instant, je ne vois pas de problème avec cette décision-là», a-t-il confié, se disant «très à l'aise» avec la possibilité de le garder comme chef pour les prochains quatre ans et pour l'élection de 2019.

«Ça ne dépend pas d'un seul homme»

Maria Mourani, défaite dans Ahuntsic-Cartierville, est tout aussi tendre.

«Il ne faut pas s'en mettre trop sur les épaules. M. Mulcair doit rester, faire des post-mortem, voir qu'est-ce qui a fonctionné, qu'est-ce qui a moins fonctionné, et s'ajuster pour la prochaine campagne», a-t-elle conseillé.

«Ça ne dépend pas d'un seul homme. Ce n'est la faute de personne. C'est un phénomène politique. La dernière fois, c'était une vague NPD, puis là c'est une vague libérale», a-t-elle analysé. Jointe au téléphone à Montréal, celle qui avait survécu à la vague orange en tant que bloquiste en 2011 ne blâme cette fois que le «vent» anti-conservateur, «une vague de 'anybody but Harper'».

«Le NPD a pardonné les défaites à ses chefs assez souvent», rappelle Claude Denis, professeur de sciences politiques à l'Université d'Ottawa.

Ed Broadbent, élu chef en 1975, a survécu aux élections de 1979, 1980, 1984 et 1988. Son meilleur score: 43 députés.

«Si on se fie sur l'expérience historique, on pourrait penser qu'effectivement M. Mulcair, s'il veut rester, pourrait probablement rester. Mais que la barre serait haute pour la prochaine fois», prévient M. Denis.

Le professeur souligne que cette fois-ci, le NPD était à quelques pas du pouvoir, partant de la position d'opposition officielle.

«Le NPD, pour la première fois de son histoire au niveau fédéral, était en mesure cette fois-ci de sérieusement penser à former le gouvernement. Et il était favori. (...) C'est clair que la campagne s'est mal passée. (...) M. Mulcair et son équipe sont responsables de ça. Il ne faudrait pas qu'ils fassent la même erreur deux fois», prévient le professeur.

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