Mulcair et Duceppe courtisent les progressistes

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Thomas Mulcair a rencontré plusieurs centaines de militants à Nanaimo, dimanche.

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La Presse Canadienne
OTTAWA

Chacun à leur façon, Thomas Mulcair et Gilles Duceppe ont courtisé le vote progressiste québécois lors de la 71e journée de la campagne électorale.

Le chef du Bloc québécois s'interroge sur le bien-fondé de permettre aux sociétés pétrolières de vendre de l'essence au détail selon une monnaie qui n'existe pas, soit des fractions de sou. Il veut aussi que le Comité des finances de la Chambre des communes déclenche une vaste enquête sur la question des paradis fiscaux et y convoque les institutions financières, qui y sont les principaux déposants.

Quant à son homologue néo-démocrate, il a invité les Québécois à se joindre aux progressistes du reste du Canada. Son argument: le NPD conçoit que le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence provinciaux fait partie «des problèmes réels qu'il faut résoudre» et propose un droit de retrait avec pleine compensation, sans condition, pour le Québec seulement.

«Au lieu de rouvrir la Constitution, au lieu de dire: »ben, si c'est ça, il faut qu'on s'en aille«, nous on a dit: »il y a un problème pratique, on va trouver une solution pratique«. Cela enlève un argument à ceux qui disent que l'unique solution est »de briser le pays«», a-t-il argué.

Par ailleurs, M. Mulcair a tenté de discréditer son adversaire libéral aux yeux des électeurs plus à gauche en se différenciant du chef libéral Justin Trudeau sur deux thèmes: l'environnement et le Partenariat transpacifique (PTP).

Dans un discours devant plusieurs centaines de militants à Nanaimo, il a fustigé le chef libéral qui ne fixerait aucune cible précise de réduction des gaz à effet de serre s'il prenait le pouvoir le 19 octobre. Si vous n'avez pas de cible, vous ne pouvez pas y arriver, a raillé M. Mulcair.

Le chef néo-démocrate a également rappelé que lui seul s'opposait au Partenariat transpacifique signé la semaine dernière par Stephen Harper. À ses yeux, le Canada n'a pas réussi à obtenir sa part du gâteau dans les négociations, parce que le premier ministre sortant tenait à conclure l'accord avant le tenue du scrutin. «Il est arrivé là alors qu'il restait deux semaines à la campagne. C'est comme essayer de bluffer au poker alors que tout le monde voit que vous tenez une paire de 2!», a-t-il illustré.

Les libéraux ont accusé M. Mulcair de vouloir condamner le PTP uniquement pour camoufler sa promesse de présenter un budget équilibré et d'éliminer un déficit à n'importe quel prix.

Essence et paradis fiscaux

Au cours de sa tournée du nord-ouest québécois, M. Duceppe a dit vouloir demander au Bureau de la concurrence de se pencher sur le droit accordé exclusivement aux sociétés pétrolières d'ajouter à leur prix une fraction de sou, alors que le sou lui-même a été retiré de la circulation.

«C'est un peu comme quand on nous dit 99,99$ pour ne pas dire 100$, mais 99,99$ ça existe alors que 99,99.5$, ça n'existe pas», a illustré le chef bloquiste.

La question du prix de l'essence au détail et spécifiquement cette pratique, qui n'est qu'une stratégie de mise en marché à laquelle personne d'autre ne se livre, devrait également être soumise au Bureau, selon lui. «On devrait s'en tenir à deux décimales après le point», a-t-il dit.

M. Duceppe estime aussi que le Comité des finances devrait déclencher une vaste enquête sur la question des paradis fiscaux et y convoquer les institutions financières, qui y sont les principaux déposants.

«On les invite de façon volontaire et, s'ils ne viennent pas, on les force à témoigner à ce moment-là avec un subpoena», a-t-il ajouté en faisant référence au refus qu'ont opposé les institutions financières de participer à une démarche similaire initiée par l'Assemblée nationale à Québec.

Le chef bloquiste voudrait voir le Canada mettre fin aux ententes fiscales avec les pays considérés comme des paradis fiscaux et signer la convention de l'OCDE qui porte sur le sujet.

Statistique Canada a déjà estimé à 200 milliards $ les sommes annuelles qui échappent au fisc canadien en étant réorientées vers des paradis fiscaux.

Le chef conservateur Stephen Harper a discrètement poursuivi sa campagne en visitant un champ de citrouilles à Markham et une foire automnale à Woodbridge, en Ontario.

M. Trudeau n'a pris part à aucune activité officielle. Le chef libéral s'est toutefois rendu à une succursale de l'Armée du salut pour aider la préparation du repas de l'Action de grâce.

Par ailleurs, Élections Canada a estimé qu'environ 780 000 personnes s'étaient déplacées samedi pour participer au deuxième jour du vote par anticipation, portant ainsi à 1 642 000 le nombre d'électeurs qui ont décidé de ne pas attendre au 19 octobre pour exercer leur droit de vote, une augmentation de 34 pour cent par rapport à 2011.

Tout le monde en parle: Trudeau et Duceppe ferment la marche

«On n'a pas besoin de coalitions», a par ailleurs tranché le chef libéral Justin Trudeau sur le plateau de l'émission Tout le monde en parle, enregistrée jeudi dernier et diffusée dimanche soir.

Alors que le pays semble se diriger vers un gouvernement minoritaire, M. Trudeau a plaidé que «les gens savent qu'on peut tasser Stephen Harper» - et que le Parti libéral du Canada (PLC) est bien placé pour le faire.

Également en entrevue dans une autre portion de l'émission aminée par Guy A. Lepage, son rival bloquiste Gilles Duceppe a rappelé que son parti était ouvert à appuyer une coalition.

Le chef du Bloc québécois a réitéré qu'il était «prêt à travailler» avec l'un ou l'autre des prétendants au titre de premier ministre, à l'exception de M. Harper. Manifestement, «on s'en va vers un gouvernement minoritaire», a-t-il prédit.

Mais attention: «pas de chèque en blanc» aux libéraux ou aux néo-démocrates, a insisté M. Duceppe. «Je pense que le Québec fait des gains (en situation de gouvernement minoritaire) avec le Bloc», a-t-il ensuite déclaré, citant la reconnaissance du déséquilibre fiscal.

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