Jour 66: déclarations sur les autochtones et querelle autour du PTP

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Le premier ministre et chef du Parti conservateur, Stephen Harper.

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Lina Dib
La Presse Canadienne
Ottawa

Après avoir réussi à éviter toute discussion sur les enjeux des autochtones en 65 jours de campagne électorale, le premier ministre sortant et un de ses candidats ont fait, au 66e jour, des déclarations qui leur attirent des critiques.

Mardi, Stephen Harper a, encore une fois, refusé d'ouvrir une enquête publique sur les 1200 femmes autochtones assassinées ou disparues depuis 1980. Après avoir répété qu'il y a eu suffisamment d'études sur le sujet, il a offert un nouvel argument.

«La plupart de ces meurtres, même s'ils sont tristes, ont été résolus», a dit M. Harper.

«M. Harper démontre une méconnaissance honteuse des faits», lui a lancé le chef néo-démocrate Thomas Mulcair.

Dans un rapport de 2014, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) conclut que près de 90 pour cent des meurtres ont, en effet, été résolus. Ces chiffres ne tiennent pas compte, cependant, des disparitions. Et puis, la déclaration de M. Harper rappelle que le chef conservateur traite ce phénomène comme tout autre crime et non pas comme un problème social.

Sa sortie a permis à son rival néo-démocrate de réitérer son engagement de mettre sur pied une enquête publique sur ces meurtres et disparitions dans les 100 premiers jours d'un gouvernement Mulcair.

La campagne conservatrice a dû également éponger les déclarations d'un candidat montréalais, Richard Sagala, dénoncé par la campagne libérale.

Le 1er octobre, dans un débat public, M. Sagala, candidat dans Notre-Dame-de-Grâce-Westmount, a été invité à dire ce qu'il pense de la tenue d'une enquête sur les femmes autochtones. Dans sa réponse, il s'en est pris au Nunavut qui, selon lui, «n'est pas une expérience si extraordinaire».

«Vous savez, nous avons essayé de leur déléguer une partie du pouvoir et voilà ce qui s'est produit», a-t-il dit à l'assemblée. Mardi, il refusait les entrevues et affichait sur sa page Facebook une «clarification». «Je soutiens pleinement la délégation des pouvoirs au Nunavut annoncée par le gouvernement conservateur», peut-on y lire.

Partenariat transpacifique

Le chef conservateur s'était arrêté à Whitby, en Ontario, mardi, non pas pour parler des femmes autochtones mais bien pour vanter le Partenariat transpacifique (PTP) et promettre un milliard $ pour l'industrie automobile.

Cet argent serait disponible dans le cadre de subventions pour l'innovation ou la construction de nouvelles usines.

Il ne s'agit donc pas de compensation comme pour les 4,3 milliards $ promis aux fermiers en échange des pertes des 15 prochaines années occasionnées par le PTP et l'accord de libre-échange avec l'Union européenne.

«Nous travaillerons avec le secteur automobile pour attirer ces investissements et les changements que je viens d'annoncer aujourd'hui sont des choses demandées par le secteur automobile lui-même», a assuré M. Harper.

À Montréal, le chef libéral Justin Trudeau répétait comme la veille qu'il veut voir les détails de l'entente avant de la juger. «Le Parti libéral est un parti en faveur du commerce international. (...) Nous nous engageons à nous assurer qu'on ait un débat au Parlement, qu'on ait l'occasion pour les Canadiens de partager leur vision là-dessus», répétait M. Trudeau.

Ceci n'empêchait pas M. Mulcair à Surrey, en Colombie-Britannique, de continuer à s'en prendre au PTP en mettant MM. Harper et Trudeau dans le même panier.

«Peut-être que Justin Trudeau fait confiance à M. Harper et que c'est pour ça qu'il appuie cette entente commerciale secrète», a-t-il dit à un rassemblement partisan. «Mais (...), je ne crois pas que Stephen Harper se soit tenu debout pour le Canada», a-t-il ajouté.

M. Mulcair a attaqué l'entente, prédisant qu'elle ferait augmenter le prix des médicaments, mettrait en péril les fermes laitières et ferait perdre des emplois dans le secteur automobile.

À Montréal, le chef du Bloc, Gilles Duceppe, qui se méfie lui aussi du PTP, trouvait tout de même que le chef du NPD parlait trop vite.

«Je pense qu'il faut voir les textes aussi et qu'il faut également voir la loi de mise en oeuvre. M. Mulcair veut déchirer quelque chose qui n'est pas encore écrit. Bonne chance!», a raillé le chef bloquiste.

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