Les chefs des partis courtisent les familles

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Le chef libéral Justin Trudeau a soutenu que le thème de la confiance est au coeur de ce scandale.

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
OTTAWA

Les leaders des partis fédéraux ont fait campagne sur le thème de la famille, jeudi, mais l'attention médiatique a principalement porté sur l'avenir du chef de cabinet de Stephen Harper.

Car tout porte à croire que Ray Novak conservera son job.

Le bras droit du chef conservateur semble avoir encore toute sa confiance, en dépit des preuves déposées en cour suggérant qu'il était bel et bien au courant pour le chèque de 90 000 $.

Interrogé sur l'avenir de son chef de cabinet au 19e jour d'une campagne marquée par le procès du sénateur Mike Duffy, M. Harper a soutenu jeudi qu'il avait répondu à cette question «par ses actions».

«Lorsque les gens travaillent pour moi, ils ont ma confiance», a-t-il tranché, laissant ainsi entendre qu'il ne s'apprêtait pas à congédier M. Novak.

À ses yeux, seules deux personnes doivent être tenues responsables pour ce scandale: M. Duffy, qui n'a pas remboursé de sa propre poche le Sénat pour des dépenses inappropriées; et l'ex-chef de cabinet Nigel Wright, qui l'a fait à sa place.

«Je ne vais pas faire le tour et tenir tous les autres responsables pour leurs actions», a ajouté le chef conservateur.

Ray Novak s'est retrouvé dans l'eau chaude cette semaine après le dépôt en cour de la déposition de l'ancien conseiller légal du premier ministre, Benjamin Perrin. Selon ce que M. Perrin a confié à la police, M. Novak savait que c'était M. Wright qui avait remboursé les dépenses inappropriées de M. Duffy, parce qu'il a participé à une réunion où il en a été question.

Témoignant à la barre au procès du sénateur jeudi, M. Perrin a répété que M. Novak était bel et bien présent dans son souvenir, puisqu'il avait regardé dans sa direction pour scruter sa réaction.

Cette information est cruciale, puisque les conservateurs ont toujours maintenu que M. Novak ignorait tout de l'accord entre MM. Wright et Duffy.

La confiance réitérée par M. Harper envers ses proches laisse croire au chef bloquiste Gilles Duceppe que son adversaire n'est peut-être pas blanc comme neige.

«S'il est solidaire d'eux, et qu'eux savaient, peut-être (M. Harper) le savait-il?», a-t-il dit. Il a aussi émis l'hypothèse que ce n'était peut-être qu'une question de temps avant que M. Harper change son fusil d'épaule et largue M. Novak.

Le chef libéral Justin Trudeau a abondé dans le même sens, soutenant que le thème de la confiance est au coeur de ce scandale et que «les Canadiens n'ont plus de raison (d'avoir) confiance que M. Harper est en train de leur dire la vérité».

Courtiser les familles

Bien que la tenue du procès criminel de M. Duffy demeure une importante source de distraction dans cette campagne, les différents partis poursuivent le dévoilement de morceaux de leur plate-forme électorale. Jeudi, ils ont cherché à courtiser les familles.

À Newmarket, en Ontario, M. Harper a promis, s'il est reporté au pouvoir, de hausser le montant maximal des crédits d'impôt pour les frais d'adoption, les faisant passer de 15 000 $ à 20 000 $. Il rendrait par ailleurs ces crédits pleinement remboursables, afin que les familles moins nanties puissent en bénéficier.

Se posant - comme ses adversaires - en champion des valeurs familiales, il a affirmé qu'il n'y avait pas «de tâche plus noble que celle d'élever un enfant».

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a, lui, fait campagne à Vancouver en promouvant son plan d'un réseau national de garderies à 15 $ par jour. Il financerait en partie son initiative en annulant la mesure de fractionnement du revenu pour les conjoints avec enfants mise de l'avant par les conservateurs afin de «remettre cet agent au service de la classe moyenne».

M. Trudeau a critiqué le plan de M. Mulcair, prétextant qu'il n'aiderait en rien les familles du Québec, qui a déjà son propre réseau de services de garde subventionnés. Il s'est pour sa part engagé à rendre plus flexibles les conditions d'admissibilité aux prestations de compassion pour les proches qui prennent soin d'une personne gravement malade, une promesse chiffrée à 190 millions $.

Sondage

En marge de cette journée planaient les résultats d'un sondage CROP/La Presse plaçant le NPD bien devant ses rivaux dans les intentions de vote au Québec, à 47 pour cent. Le Parti libéral suit avec 20 pour cent, puis le Bloc québécois à 16 pour cent. Le Parti conservateur arrive au quatrième rang, avec 13 pour cent des intentions de vote.

Si l'avance néo-démocrate est frappante, M. Mulcair évite de crier victoire. «On ne peut malheureusement pas mettre un sondage dans une boîte à scrutin. Nous, on sait qu'on a deux mois de travail ardu devant nous, on ne prend absolument rien pour acquis», a-t-il noté.

Gilles Duceppe n'a pas voulu s'inquiéter non plus, rappelant que sa formation avait eu le vent dans les voiles au début de la dernière campagne, puis l'avait eu de face à la fin. Il espère que le vent tournera à nouveau en cours de campagne, cette fois en sa faveur.

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