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L'équipe libérale de Guelph craint de manquer d'argent

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«Nous sommes très sous-financés à l'heure actuelle avec l'augmentation des limites des dépenses. Il sera impossible de financer cette campagne», estime Frank Valeriote, député sortant de Guelph, qui ne se représente pas aux prochaines élections. Sur la photo, M. Valeriote célèbre sa victoire en 2008.

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(Ottawa) Une équipe libérale locale s'inquiète de sa capacité de financer sa campagne et souhaiterait obtenir le coup de pouce d'employés rémunérés par la Chambre des communes pour traverser l'actuel marathon électoral. Mais sa demande a été rejetée par les hautes instances du parti, qui reprochent au NPD d'abuser des fonds publics en se livrant à cette même pratique.

«Nous sommes très sous-financés à l'heure actuelle avec l'augmentation des limites des dépenses. Il sera impossible de financer cette campagne.» C'est le signal d'alarme lancé par Frank Valeriote, député sortant de Guelph, dans un échange de courriels interne obtenu par La Presse. M. Valeriote ne se représente pas lors de ces élections, mais il prête main-forte au candidat libéral de cette circonscription ontarienne, Lloyd Longfield.

Au cours de cette conversation qui a eu lieu jeudi et vendredi derniers, le député sortant a demandé aux hautes instances du parti si son équipe pourrait avoir recours aux services de bénévoles qui seraient en congé payé de la Chambre des communes.

«C'est laborieux dans Guelph. C'est plus difficile qu'on le pensait», a écrit M. Valeriote au leader du Parti libéral à la Chambre des communes, Dominic LeBlanc et à la whip de la formation, Judy Foote.

«Ça aiderait si on pouvait permettre aux adjoints de prendre du temps de vacances», a-t-il ajouté.

Mais cette demande a été refusée par Dominic LeBlanc, membre de la garde rapprochée du chef Justin Trudeau et député de la circonscription de Beauséjour au Nouveau-Brunswick.

«De prendre des vacances ou de recevoir une compensation pour un congé afin de travailler sur des élections n'est pas la chose à faire, a-t-il écrit. Nous avons pris publiquement position pour dire que ces congés ne devraient pas être rémunérés.»

Adjoints parlementaires

Le Parti libéral et le Parti conservateur ont tenté en juin d'interdire aux adjoints politiques payés par la Chambre des communes de profiter de leurs congés payés pour travailler bénévolement sur la campagne électorale. Le NPD s'est opposé à cette tentative, selon le procès-verbal de la réunion du 18 juin du Bureau de régie interne de la Chambre.

En entrevue à La Presse, un porte-parole néo-démocrate n'a pas précisé combien d'adjoints parlementaires de la formation sont dans cette situation durant cette campagne. «L'ensemble des employés du NPD qui travaillent sur la campagne actuellement le font sur leurs propres heures et toutes les règles en vigueur sont respectées», a cependant précisé Karl Bélanger.

La Chambre n'exclut pas une telle pratique. Sa position est que «tout employé qui souhaite travailler dans le cadre des élections fédérales doit le faire en dehors des heures normales de travail (par exemple, en soirée ou pendant le week-end) ou pendant un congé, qu'il soit payé ou sans solde».

Élections Canada a une position semblable: «Si les employés travaillent pour la campagne en dehors de leurs heures normales de travail, ou pendant qu'ils sont en congé, leur participation constitue un travail bénévole».

Mais Dominic LeBlanc, qui est aussi le représentant libéral au Bureau de régie interne, n'en démord pas et affirme que le NPD pourrait éventuellement devoir rendre des comptes aux contribuables et à Élections Canada.

«Vous avez des centaines d'adjoints du NPD payés par les contribuables qui sont peut-être à temps plein dans une campagne électorale pour 9 ou 10 semaines. Et je trouve que c'est un abus vulgaire, que nous ne faisons pas», a-t-il tranché.

Exception

Quant aux difficultés financières qui pourraient être engendrées par une aussi longue campagne électorale, le Parti libéral et le NPD affirment que l'exemple de Guelph n'est pas répandu dans leurs associations locales à travers le Canada.

Au PLC, on rappelle que la circonscription de Guelph a été l'épicentre du scandale des appels automatisés lors de la dernière campagne, qui s'est soldé par une peine de prison pour l'employé conservateur Michael Sona. On s'attend donc à ce que la lutte y soit particulièrement hargneuse au cours des prochaines semaines.

Des stratèges ont aussi souligné que les troupes de Justin Trudeau avaient connu une année record pour leur financement politique et qu'il était par ailleurs normal que des associations locales tentent parfois de faire pression sur le parti central pour obtenir des ressources supplémentaires.

Le plafond des dépenses électorales a plus que doublé pour les candidats dans Guelph depuis les élections de 2011, passant de 95 000 à 240 000$ en raison de la durée de la campagne. Les partis ne dépensent pas toujours à la hauteur de la limite permise: lors de la dernière campagne, Frank Valeriote a investi 94 000$, son adversaire conservateur Marty Burke, 87 000$, tandis que le NPD n'a dépensé que 13 000$.

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