Sondage CROP: les chefs réagissent

Le chef du NPD, Jack Layton, a réagi... (Photo: Jacques Boissinot, PC)

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Le chef du NPD, Jack Layton, a réagi au sondage CROP publié dans La Presse ce matin.

Photo: Jacques Boissinot, PC

Jack Layton accueille avec prudence les résultats très encourageants pour lui du sondage CROP publié ce matin dans La Presse, qui le placent en tête des intentions de vote pour la première fois de son histoire. « Cela montre que nous avons le vent dans les voiles, mais il nous reste beaucoup de travail à faire partout dans le pays», a-t-il réagi ce matin en point de presse à Toronto, après une interview à la nouvelle chaîne Sun TV.

Il n'a pas voulu commenter davantage le sondage CROP (qui ne contient pas de marge d'erreur), ni le sondage EKOS aux conclusions similaires.

La montée du NPD avait déjà été annoncée dans un autre sondage publié au début du mois. Le parti de gauche s'y classait deuxième dans les intentions de vote au Québec. Il s'agissait de son meilleur résultat en cinq décennies d'existence. Trois semaines plus tard, à la suite des débats, le NPD devance maintenant le Bloc.

Comment expliquer cette nouvelle popularité ? « Je ne parle pas des sondages, a-t-il répondu. Mais on continue de présenter une offre aux Québécois et aux Canadiens. (...) On va continuer de mettre l'emphase sur nos propositions abordables et pratiques qu'on peut mettre en place rapidement pour améliorer le sort de monsieur et madame tout-le-monde. »

M. Layton répète encore sur toutes les tribunes le même message très simple: Ottawa serait « brisée» et pour la réparer, il faut du changement en faveur « des familles ». Un changement que seul le NPD incarnerait.

Moins de sourire

Depuis quelques jours, des bloquistes se moquent de la bonhomie du chef du NPD. Ils laissent entendre que M. Layton ne serait qu'une coquille vide. Hier, Sébastien Ricard (Batlam dans Loco Locass) le comparait même à un « vendeur de chars usagés ».

Bien qu'il semblait décontracté et de bonne humeur ce matin, M. Layton ne souriait pas beaucoup. « Je ne suis pas seulement un bonhomme sourire », a-t-il justifié.

Quel impact pour la souveraineté ?

L'impressionnante popularité du NPD pourrait se traduire en gains de sièges très limités, selon certaines projections.

Le NPD craint-il de diviser le vote progressiste et ainsi contribuer à porter au pouvoir un gouvernement Harper majoritaire qui, de l'aveu même de Pauline Marois (http://bit.ly/fRQDMf), pourrait faire mousser la souveraineté ? « Moi, je travaille pour que Stephen Harper ne gouverne pas le pays après cette élection, a-t-il répondu. Je travaille fort pour le remplacer ». Il conclut en disant qu'un gouvernement du NPD aiderait à l'unité canadienne en créant les « conditions gagnantes » pour que le Québec trouve sa place dans la fédération.

Duceppe relativise les sondages

Dépassé dans les intentions de vote par le NPD dans un sondage paru ce matin, le Bloc québécois refuse de se laisser démoraliser. Selon Gilles Duceppe, les chiffres avancés par CROP pour La Presse manquent de sérieux.

«Comme vous le savez je ne commente pas les sondages surtout quand ils ne sont pas plus sérieux qu'il faut je me contenterais donc de citer les commentaires d'André Pratte qui dit que ces chiffres sont "franchement étonnants et invraisemblables"», a lancé le chef bloquiste en ouverture d'un point de presse à Québec.

Pour étayer cette affirmation, l'équipe de Gilles Duceppe a même distribué aux journalistes un billet publié par André Pratte. L'éditorialiste en chef de La Presse y explique plutôt qu'il est «certain qu'il se passe quelque chose au Québec ».

S'il tente de relativiser la portée des récents sondages soulignant une percée du NPD, Gilles Duceppe n'en est pas moins passé en mode défensif. Depuis le début de la semaine, ses attaques ciblent Jack Layton, plus que Stephen Harper. «Il y a eu du mouvement sur cette campagne et il y en a toujours», a-t-il dit ce matin lors d'une entrevue avec Radio-Canada.

Gilles Duceppe n'entend pas revenir sur la mention, dans le programme électoral du Bloc, à la possibilité de soutenir une coalition de partis. « On verra quel sera le résultat du 2 mai, on verra qui propose quoi et on jugera la valeur propre », dit-il.

Ignatieff demeure confiant

Le chef libéral juge que les Québécois n'ont pas encore décidé à qui ils donneraient leur vote, malgré le sondage CROP-La Presse qui place le NPD premier au Québec pour la première fois de son histoire.

« La situation électorale au Québec est volatile, a affirmé Michael Ignatieff, lors d'un point de presse à Outremont, jeudi. Mais quelques choses sont claires : le Québec veut se débarrasser du gouvernement Harper. Les Québécois pensent aussi que voter pour le Bloc est une perte de temps. Donc ils expérimentent. Ils se promènent...

M. Ignatieff affirme depuis le début de la campagne que le NPD ne peut former un gouvernement à Ottawa, malgré les affirmations du chef Jack Layton à l'effet contraire. Il s'est donc dit confiant de pouvoir convaincre les électeurs de la province francophone de sauter dans le train d'un pouvoir libéral, d'ici au 2 mai.

« Si vous voulez que ce pont Champlain soit construit, vous êtes mieux de votre pour un gouvernement, a-t-il dit, énumérant des éléments de sa plateforme électorale susceptible de plaire aux Québécois. Vous pouvez voter pour des partis de l'opposition tant que vous voulez, mais vous n'obtiendrez rien de tout cela. »

Il a donc martelé le choix qui, selon lui, s'offre aux électeurs canadiens : le Parti libéral ou le Parti conservateur.

Les résultats de ce sondage tombent au moment où Michael Ignatieff mène une offensive au Québec : il enregistre l'émission Tout le monde en parle, mercredi après-midi, qui sera diffusée dimanche. Il passe de plus la journée à Montréal, dans les circonscriptions d'Outremont et de Westmount-Ville-Marie, où il a rencontré des membres de l'industrie culturelle et des jeunes électeurs. Enfin, le magazine La Semaine a publié jeudi matin un portrait « exclusif » de M. Ignatieff et de son épouse, Suzanna Zsohar, titré : « L'amour s'est installé tout en douceur ».

Avec Joel-Denis Bellavance




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