Chaleur dans les écoles: étudier à plus de 30 °C

Au troisième étage de l'école secondaire Chomedey-De Maisonneuve, à... (Photo Olivier Jean, La presse)

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Au troisième étage de l'école secondaire Chomedey-De Maisonneuve, à Montréal, la température atteignait 31,9 °C, avec une humidité relative de 47 %, pour un indice humidex de 37.

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À quel point faisait-il chaud, hier, dans les écoles de Montréal ? Pour le savoir, quelques enseignants ont accepté de mesurer la température et l'humidité qui régnaient dans leur salle de classe. Voici les résultats.

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Les élèves de l'école primaire Saint-Michel, à Rougemont, ont eu droit à une visite rafraîchissante.

Photo François Roy, La Presse

HUMIDITÉ ÉTOUFFANTE

Dans une classe insonorisée adjacente à son local de musique, l'enseignante Pascale Paradis, de l'école Le Plateau, a mesuré une température de 29,7 °C avec une humidité relative de 58, ce qui équivaut à une température ressentie de 36. Dans le corridor, l'enseignante a mesuré une température ressentie de 38. « On est plus en mode garderie qu'autre chose, dit l'enseignante. C'est sûr qu'il faut adapter l'enseignement. »

DES ÉTAGES QUI SURCHAUFFENT

À l'école secondaire Chomeday-de-Maisonneuve, on semblait hier se rapprocher d'une fournaise chaque fois qu'on montait les étages. Au troisième, dans une classe dont les fenêtres donnent sur le soleil, la température atteignait hier 31,9 °C, avec une humidité relative de 47 %, pour un indice humidex de 37.

CAPTIVER LES ÉLÈVES AVEC LA CHALEUR

Pas facile de capter l'attention des élèves accablés par la chaleur. Pour y parvenir, Michèle Henrichon, enseignante à l'école Baril, école du quartier Hochelaga-Maisonneuve qui vient tout juste d'être construite, a décidé de miser sur le sujet de l'heure. « On a pris la température toutes les heures, on a appris la moyenne, les fractions et les décimales. On se sert de quelque chose de désagréable pour captiver les élèves malgré tout. On rattache les mathématiques à la réalité », dit-elle.

PAS DE DANGER À L'ÉCOLE

Dans le but de rassurer les parents qui ont envoyé leur enfant à l'école ces derniers jours, le DDavid Kaiser, de la Direction de la santé publique de Montréal, rappelle que les enfants d'âge scolaire ne font pas partie des clientèles les plus vulnérables à la chaleur. « Les températures que vous me rapportez peuvent être inconfortables et peuvent affecter la capacité à se concentrer. Les enfants peuvent éprouver de légers symptômes, mais en leur donnant accès à l'eau en tout temps, en réduisant l'intensité de l'activité physique et en adaptant le déroulement de la journée, il n'y a pas de risques pour leur sécurité », précise le DKaiser, qui estime que fermer les écoles n'est pas une solution.

LA CSDM RASSURANTE

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) assure qu'elle suit la situation de près. « Ça fait plusieurs jours qu'on est en contact avec la Direction de la santé publique. Oui, il fait chaud, mais on n'est pas dans des zones de chaleur extrême. Il n'y a pas de danger pour les enfants d'âge scolaire, à moins qu'ils ne souffrent d'une maladie chronique ou qu'ils aient des problèmes de santé, dit la présidente Catherine Harel Bourdon. Dans les quartiers centraux de Montréal, il y a juste 35 % des ménages qui ont accès à la climatisation. Si on ferme les écoles, ce n'est pas nécessairement plus frais à la maison. »

« DEUX JOURNÉES PERDUES »

La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys assure quant à elle avoir fait ses devoirs. « On a envoyé une note à l'ensemble des écoles pour leur réitérer le protocole d'intervention et leur demander d'être attentives aux symptômes de malaise », dit Gina Guillemette, porte-parole de la commission scolaire. Le Syndicat de Champlain, qui regroupe des enseignants et employés de soutien des commissions scolaires des Patriotes, Marie-Victorin et Vallée-des-Tisserands, déplore que les barèmes proposés notamment par la Santé publique « n'offrent aucune prise d'action dans les milieux scolaires » lors de canicules. « Il est assez évident pour tout le monde qu'aucun apprentissage n'est vraiment possible dans de telles conditions. Ce sont deux journées perdues de toute façon. Alors, pourquoi garder les établissements ouverts ? La question se pose sérieusement », dit son président Éric Gingras.

LES POMPIERS À LA RESCOUSSE

Les élèves de l'école primaire Saint-Michel, à Rougemont, ont eu droit hier après-midi à une visite dont rêveraient bien des enfants, assortie d'un arrosage en règle. « C'est 3500 gallons d'eau qu'on va leur pitcher sur la tête », a dit le chef des pompiers de la municipalité, Patrick Brodeur. La visite des pompiers tombait à point. Elle servait non seulement à rafraîchir les enfants, mais aussi à les sensibiliser au travail des pompiers. À Montréal, des pompiers du quartier Rosemont ont aussi été aperçus en train de rafraîchir les élèves dans une cour d'école.

TIRER DES LEÇONS DE LA CANICULE

Kim Saint-Pierre n'a pas envoyé son fils de 6 ans à l'école depuis le début de la semaine. Elle déplore que la CSDM n'ait pas réagi plus tôt à la vague de chaleur annoncée. « On sait depuis la semaine dernière qu'il va y avoir une vague de chaleur, le marathon a été annulé. J'aurais aimé sentir que la direction cherchait à rassurer, qu'on nous avise de la stratégie. On dirait qu'à la CSDM, personne n'a pensé à la prévention. Est-ce qu'on attend qu'il y ait des évanouissements pour prendre ça au sérieux ? », demande-t-elle.

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

À Saint-Hyacinthe, Mylène Sandra Paul a aussi choisi de garder sa fille qui fréquente une école secondaire à la maison. Elle souhaite que les commissions scolaires tirent des leçons de cette canicule en septembre. « Avec les changements climatiques, on voit que ça s'installe. Je ne veux pas gérer le système scolaire, mais je crois qu'il faut ajuster le calendrier. On n'enseigne pas de la même manière à 22 °C qu'à 35 », dit-elle.

NORMES À SUIVRE

L'enseignante Michèle Henrichon estime qu'une réflexion s'impose. « On est dans un pays développé, je trouve déplorable que nos établissements ne soient pas aux normes. Il y a plusieurs écoles qui sont dans des conditions lamentables, il va falloir en tant que société qu'on se réveille et que le gouvernement investisse. Je ne parle pas de climatisation :  je parle de systèmes de ventilation adéquats et nettoyés, de fenêtres qui s'ouvrent, de stores, d'eau potable... »

- Avec la collaboration de Caroline Touzin, La Presse




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