Le DEC en sciences humaines n'a pas la cote

Au total, 175 270 élèves sont inscrits au cégep pour... (Archives La Presse, Hugo-Sébastien Aubert)

Agrandir

Au total, 175 270 élèves sont inscrits au cégep pour la session d'automne, selon la Fédération des cégeps.

Archives La Presse, Hugo-Sébastien Aubert

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le nombre de jeunes qui font leur entrée dans les cégeps cette semaine est relativement stable malgré un déclin dans la majorité des régions de la province. Les collèges de Montréal ne sont pas épargnés par cette baisse. Et un constat se dégage : les sciences humaines sont de moins en moins populaires, à un point tel que des programmes sont suspendus faute d'inscriptions.

Dans l'ensemble, 175 270 élèves sont inscrits pour la session d'automne, révèlent les données préliminaires de la Fédération des cégeps recueillies auprès des 48 établissements du Québec. C'est 1507 de moins que l'an dernier (0,8 %) et près de 2 % de moins qu'il y a deux ans.

« Il nous faut plus de flexibilité, soutient le président-directeur général de la Fédération, Bernard Tremblay, en regardant le portrait d'ensemble. Nous sommes pris dans des carcans de deux ou trois ans avec le DEC (diplôme d'études collégiales). La formation générale est importante, mais il nous faut la marge de manoeuvre pour adapter la durée des programmes et les ajuster selon les régions », a-t-il ajouté lors d'un entretien avec La Presse.

DES PROGRAMMES SUSPENDUS

Dans les 35 cégeps du Service régional d'admission du Montréal métropolitain (SRAM), les dernières compilations montrent une baisse des inscriptions de 3,6 % aux programmes de sciences humaines. Près d'une dizaine de programmes sont suspendus cet automne faute d'élèves en nombre suffisant dans les domaines des communications, du tourisme et de l'hôtellerie.

Au collège de Rosemont, on explique qu'on a suspendu le programme « Histoire et civilisation » et le « profil Enjeux et défis internationaux ». Il sera rouvert aux inscriptions en 2018. Au collège de Bois-de-Boulogne, dans Ahuntsic-Cartierville, le programme Arts, lettres et communications est suspendu. « Des efforts importants et des ressources internes et externes travaillent ardemment à la relance de ce programme », assure Anne-Marie Godbout, porte-parole du cégep.

À la direction des affaires étudiantes et des communications du collège de Rosemont, Marie-Ève Robitaille explique que les élèves sont « invités » à choisir le profil « À la carte » de sciences humaines, avec ou sans mathématiques. « En choisissant cette option, l'élève choisit des cours en fonction de ses intérêts et de son projet d'études », a-t-elle expliqué.

« MULTIPLICATION DES PROFILS »

Enseignant au cégep Marie-Victorin et président du Réseau des sciences humaines des collèges du Québec, Sébastien Despelteau rappelle q'une baisse démographique dans les régions explique le déclin. Selon lui, la prolifération des programmes et des profils est aussi en cause.

« Il y a une multiplication des profils en ce moment, et des sortes de spécialités sont créées à l'intérieur de certains programmes. Par exemple, dans le programme Monde et société, il y a le profil Psychologie pour le monde et Éducation pour la société. On implante des programmes juste au cas où, pour ouvrir un maximum de portes. C'est dommage. »

À travers tous ces programmes, la demande est de plus en plus forte pour les sciences de la santé et les services sociaux, note la Fédération des cégeps du Québec. À l'heure actuelle, 46 des 48 cégeps du réseau offrent la technique en soins infirmiers. Un programme appelé à se transformer avec la possibilité de rendre obligatoire le baccalauréat pour pratiquer la profession d'infirmière.

M. Tremblay, président de la Fédération, ajoute que la demande est forte de la part des pharmaciens pour former des technologues. « Il ne faut pas faire une équation gros cégeps, petits cégeps, régions, villes. Il faut rééquilibrer le système, ensuite, selon les volumes », estime-t-il.

EN BAISSE

Abitibi-Témiscamingue (- 5 %)

Bas-Saint-Laurent (- 1,5 %)

Chaudière-Appalaches (- 2,4 %)

Estrie (- 0,4 %)

Lanaudière (- 0,2 %) 

Laurentides (- 2,7 %) 

Montérégie (- 1,5 %) 

Montréal (- 1,1 %) 

Québec (- 0,9 %) 

Saguenay-Lac-Saint-Jean (- 1,3 %).

EN HAUSSE

Centre-du-Québec (3 %) 

Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (1,3 %) 

Laval (1,5 %) 

Mauricie (2,1 %) 

Outaouais (3,2 %)

STABLE

Côte-Nord (-1 étudiant)

LES CÉGEPS ONT 50 ANS

À l'échelle du Canada, le Québec occupe depuis peu la première place en matière d'obtention du diplôme postsecondaire chez les 18-24 ans, 47 % de la population détenant un tel diplôme, contre 29,9 % en Ontario.

25 %

Proportion de femmes dans la clientèle des cégeps en 1967

57 %

Proportion de femmes dans la clientèle des cégeps en 2017




publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer