23 millions pour contrer les violences sexuelles au cégep et à l'université

La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, et... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, et le recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Québec passe de la parole aux actes et annonce l'octroi d'une somme de 23 millions de dollars sur cinq ans pour contrer les violences sexuelles dans les campus universitaires et les collèges.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, en a fait l'annonce, lundi à l'Université de Montréal, en compagnie de nombreux représentants des milieux universitaire et collégial.

«C'est une journée importante pour les femmes et les hommes victimes de violence à caractère sexuel. Pour la première fois au Québec (...), une stratégie spécifique pour prévoir et contrer les violences à caractère sexuel est déposée et touche l'ensemble du Québec», a affirmé la ministre David.

Elle a aussi annoncé le dépôt d'un projet de loi «dans les prochaines semaines», qui prévoira un encadrement plus spécifique et des contraintes, une forme de reddition de comptes de la part des établissements. Elle n'a pas voulu trop élaborer sur le contenu de ce futur projet de loi.

Déjà, plusieurs établissements se sont dotés de politiques, depuis les controverses qui ont sévi, notamment l'an dernier, à cause de certaines «initiations» d'étudiants pour la rentrée.

L'Université de Montréal a déjà pris des initiatives en la matière, a souligné son recteur, Guy Breton, aux côtés de la ministre. «La dernière campagne de sensibilisation que nous avons lancée, à l'initiative de notre association étudiante, la campagne 'Sans oui, c'est non', a été si bien reçue qu'elle a été adoptée l'année dernière par 16 autres universités et 29 cégeps», a-t-il relevé avec fierté.

Richard Filion, du Regroupement des collèges de Montréal, et qui dirige le Collège Dawson, a aussi rappelé l'importance d'une telle stratégie à ce niveau. «C'est un aspect important de la mission éducative des cégeps: celui de nous assurer qu'au coeur de notre projet éducatif, au-delà du développement des compétences se trouve l'éducation à quelque chose d'absolument fondamental, primordial dans l'existence, c'est le respect qui est dû à chaque personne humaine.»

La stratégie et le futur projet de loi les concerneront tous, qu'ils aient ou non déjà adopté une politique en la matière.

Accompagnement et suivi

La Stratégie d'intervention pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel en enseignement supérieur est articulée autour de six axes d'intervention: la prévention, le traitement des plaintes, l'accompagnement des victimes, la sécurité des lieux et des personnes, l'encadrement et la concertation.

Entre autres, elle vise à mettre sur pied dans chaque établissement un «guichet unique» pour recevoir les victimes de violences à caractère sexuel, les accompagner et les référer à des personnes ressources, le cas échéant.

La stratégie mentionne aussi que l'on devra offrir du soutien psychosocial aux victimes.

La question des «mesures d'accompagnement académique» est aussi abordée, dans un contexte où existe aussi la présomption d'innocence. La stratégie spécifie que l'établissement devra «limiter les répercussions du dévoilement ou d'une plainte par la victime sur ses activités académiques, par exemple en révisant les règlements administratifs relatifs à la possibilité d'abandonner un cours» sans recevoir un avis d'échec ou la possibilité de résilier un bail de résidence étudiante.

De même, l'établissement devra s'assurer qu'un accompagnement de la victime est fait pour la référer aux ressources appropriées «ou que la victime et la personne présumée avoir commis une agression à son endroit sont séparées rapidement après un dévoilement adéquat».

Les établissements seront aussi invités à renforcer la sécurité de leurs infrastructures, comme l'éclairage, l'installation de téléphones d'urgence ou l'ajout de surveillance.




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