Intimidation: la concurrence en classe n'aiderait pas, selon deux chercheurs

La chercheure a notamment mené des sondages auprès... (Photo Jean-Marie Villeneuve, archives Le Soleil)

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La chercheure a notamment mené des sondages auprès de quelque 700 élèves de 1re et de 2e secondaires de la région de Montréal.

Photo Jean-Marie Villeneuve, archives Le Soleil

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

Lorsque l'on encourage la concurrence entre les élèves en classe, un climat favorisant l'intimidation peut s'installer de manière insidieuse, estiment deux chercheurs de l'Université McGill à Montréal.

C'est l'une des conclusions qui peut être tirée des travaux dirigés par Maria Di Stasio et Robert Savage, qui ont récemment publié un article sur le sujet dans la revue Journal of Adolescence.

Selon eux, les méthodes d'enseignement pourraient jouer un rôle important pour prévenir l'intimidation chez les jeunes.

C'est après avoir travaillé pendant 10 ans à titre de professeure suppléante dans des écoles secondaires de la région de Montréal que Maria Di Stasio s'est intéressée au phénomène de l'intimidation et en a fait l'objet de ses travaux de doctorat au département de psychopédagogie et de psychologie du counseling de l'Université McGill. Elle poursuit maintenant un postdoctorat à l'Université de l'Alberta et y enseigne, comme à McGill.

Dans le cadre de ses recherches, elle a toutefois remarqué - à sa grande surprise, dit-elle - que la fréquence de l'intimidation variait considérablement d'une classe à l'autre, même au sein d'une même école.

Ainsi, l'intimidation était très présente dans certaines classes, alors qu'elle ne l'était pas dans d'autres.

La chercheuse a notamment mené des sondages auprès de quelque 700 élèves de première et de deuxième secondaire d'écoles anglophones de la région de Laval. Les jeunes étaient âgés de 11 à 14 ans.

Elle en retient qu'il semble y avoir davantage de cas d'intimidation et de victimisation dans les classes où l'on encourage la concurrence: lorsque, par exemple, les enseignants divulguent les notes à haute voix afin que les élèves puissent se comparer à leurs pairs. Et aussi lorsqu'ils sont classés par ordre de réussite des travaux, ou encore lors des exercices de lecture. Aussi, lorsqu'il y a compétition entre les jeunes pour savoir qui finira son travail le plus rapidement ou qui répondra à la question de l'enseignant en premier.

Il y aurait moins d'intimidation dans les classes où les élèves font des travaux d'équipe ou travaillent en collaboration, a-t-elle relevé.

«Avec la victimisation, c'est plus la concurrence qui est un indicateur. Avec le harcèlement, c'est plus la comparaison sociale», a expliqué en entrevue Mme Di Stasio.

De plus, la relation enseignant-élève est parfois cruciale: plus les élèves se sentaient écoutés ou sentaient que leur enseignant avait leurs intérêts à coeur, moins ils se posaient en victimes et moins ils signalaient être la cible d'intimidation en classe, souligne Mme Di Stasio.

«C'était particulièrement vrai pour les garçons», a-t-elle souligné. «C'est vraiment important pour eux, cette relation avec l'enseignant.»

La chercheuse a choisi ce groupe d'âge, car l'intimidation y est plus fréquente, et que les élèves à cet âge vivent une grande période de transition.

Ses travaux montrent la voie vers certaines solutions. La collaboration est une clé, juge-t-elle.

«Quand on travaille ensemble, on a des défis communs. On ne travaille pas les uns contre les autres. Et on peut aider les autres», explique la chercheuse.

Ses recherches n'ont toutefois pas porté sur les variables individuelles de l'intimidation, a-t-elle indiqué, telles que les problèmes de santé mentale et la faible estime de soi.




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