Des parents veulent sauver le potager d'une école

Des parents d'une école du quartier Villeray, à Montréal, se mobilisent pour... (Photo fournie par le Comité cour verte de l'école Saint-Barthélémy)

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Photo fournie par le Comité cour verte de l'école Saint-Barthélémy

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Des parents d'une école du quartier Villeray, à Montréal, se mobilisent pour éviter que le potager qu'ils entretiennent bénévolement depuis 10 ans soit rasé dans la foulée de travaux effectués dans la cour d'école.

Le Comité cour verte de l'école Saint-Barthélemy (pavillon Sagard), une « gang de parents avec des bottes de caoutchouc », entretient à coup de collectes de fonds un jardin où poussent des fleurs, mais aussi des tomates, de la laitue et d'autres légumes récoltés par les enfants le temps venu.

Or, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a entrepris des travaux qui mettent en péril le potager. Le 3 avril dernier, on a annoncé aux parents que l'espace serait détruit. En lieu et place, on proposait de recouvrir le sol de gravier et de faire de la culture en bac.

« Ce n'est pas très intéressant pour une école, dit Claude Martel, enseignant de première année impliqué dans le projet depuis les débuts. Les enfants de 5 ans ne peuvent pas jardiner, c'est trop haut. Pour arroser pendant l'été, ça demande beaucoup de temps. Ce sont des parents bénévoles qui s'en occupent. »

Depuis, la communication entre les parties est ardue.

TRAVAUX DE FONDATION

Ce sont des travaux de fondation qui amènent à refaire le terrain autour de l'école, explique la CSDM. « On a un budget pour la décontamination des sols. Si on creuse à un certain nombre de mètres, on fait la décontamination des sols en même temps », a précisé sa présidente, Catherine Harel Bourdon.

Membre du Comité cour verte, Lydia Côté affirme que malgré des demandes répétées, les résultats complets des plus récentes études de sol n'ont pas été fournis aux parents. « Ils disent que de nouvelles analyses de sol montrent que la terre n'est pas suffisamment bonne pour qu'on puisse cultiver », dit-elle.

Elle rappelle qu'en mai 2015, une étude des sols avait été réalisée pour s'assurer qu'un renversement d'huile n'avait pas atteint le potager. 

DES NORMES « RESTRICTIVES »

La présidente de la CSDM souligne qu'elle doit se plier aux exigences gouvernementales. « Les normes qu'on a ne sont pas les mêmes normes que si je fais pousser des choses dans ma cour. Pour les enfants, les normes à respecter par le ministère de l'Environnement, de l'Agriculture, de l'Éducation ne sont pas les mêmes. Il faut être diligent », explique Catherine Harel Bourdon.

Colleen Thorpe, directrice des programmes éducatifs chez Équiterre, estime que le projet de l'école Saint-Barthélemy, lancé il y a une dizaine d'années, était « très visionnaire ». Selon elle, ce que vivent les parents de l'école Saint-Barthélemy démontre que les normes en place - y compris celles de la CSDM - peuvent être restrictives pour ce genre de projet.

Pour l'enseignant Claude Martel, cela va au-delà de la préservation d'un potager. « C'est un endroit où les enfants vont se détendre, où ils vont lire à l'abri sans recevoir un ballon sur la tête. Ils jouent aux cartes, c'est un lieu de rencontre, d'échanges. »

Vendredi en fin de journée, fort d'une pétition ayant recueilli plus de 1200 noms, le Comité cour verte a pu s'entretenir avec la présidente de la CSDM, sans toutefois obtenir l'assurance que le potager serait préservé dans son état actuel.

«« C'est un endroit où les enfants vont se détendre, où ils vont lire à l'abri sans recevoir un ballon sur la tête. Ils jouent aux cartes, c'est un lieu de rencontre, d'échanges. »

- Claude Martel, enseignant à l'école Saint-Barthélemy»





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